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« À la suite de saint Louis, j’ai passé la nuit à l’endroit où le Christ est mort et ressuscité »

© Public Domain
Église du Saint-Sépulcre, Jérusalem, Palestine, 327, style romano-gothique.
© Public Domain
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Aliénor a approché le lieu le plus saint et mystérieux au monde : le Saint-Sépulcre de Jérusalem.

« Ô nuit, viens apporter à la Terre. Le calme enchantement de ton mystère. » Un mystère calme et enchanteur, parfait pour s’imprégner au mieux de la spiritualité du lieu le plus saint et mystérieux au monde : le Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Le Golgotha et le tombeau du Christ, on s’efforce de les imaginer dans une petite carrière rocheuse et légèrement verte, ornée de 3 grandes croix, d’une grotte entrouverte avec une grande pierre ronde sur le côté, un peu surélevée par rapport à Jérusalem, d’où on voit la ville, le Temple, de petites maisons basses, les romains puissants conquérants qui murmurent avec les sévères pharisiens, et les apôtres, tels des agneaux au milieu des loups, qui se séquestrent dans le Cénacle Kalachnikov (ou pas) au bras.

Depuis le IVe siècle, siècle béni, il est officiel que les hommes de bonne volonté devront, à travers les générations, se contenter de cet imaginaire. En effet, l’empereur Constantin, élu de Dieu pour une mission hors du commun, a à cette époque entamé la construction de la basilique du Saint-Sépulcre, dédicacée en 355. Depuis lors, incendies et travaux d’agrandissements résultent aujourd’hui à une immense église, belle et sainte entre toutes, aux proportions à la fois robustes et gracieuses, aux cloches à la voix grave. L’église protège en son sein le Calvaire, le tombeau du Christ et la carrière où Sainte Hélène (la mère de Constantin) a retrouvé la Croix.

Passer la nuit au Saint Sépulcre… tel un Croisé

Un lieu exceptionnel, souvent bondé de monde. Des dizaines de groupes de 50 personnes venant d’Europe de l’est ou d’Asie, visitent avec émerveillement l’endroit… mais n’encouragent pas au recueillement. Du bruit, du monde, dans cette ville où il fait souvent très chaud. La solution miracle ? Attendre le coucher du soleil car, au Saint Sépulcre, on peut y passer la nuit !

Bien évidemment, les nuits au Saint-Sépulcre sont en comité très restreint. Il faut s’inscrire auprès de son église, qui a droit à seulement 15 fidèles par nuit (chez les franciscains si on est catholique…, chez les arméniens, les grecs, les russes, les coptes, les éthiopiens, les assyriens…). On s’en doute, c’est chez les latins que les places partent le plus vite. Alors à 19h00 en hiver et 21h00 en été, le groupe de chanceux attend avec les religieux à l’entrée du Saint-Sépulcre, un policier chrétien fait le comptage (14 catholiques, 2 arméniens, 7 grecs… c’est généralement à peu près ça…), puis arrive le rituel de la clôture de la porte la plus sainte au monde. Les deux grandes portes sont fermées sous nos yeux et ceux des pèlerins qui restent à l’extérieur.

© Aliénor Garmerdinger
© Aliénor Garmerdinger
© Aliénor Garmerdinger

Être seul avec Jésus et ceux qui n’ont pas peur de Lui montrer leur amour

À ce moment, on se sent la personne la plus chanceuse au monde. On est une trentaine au plus et on a le Saint Sépulcre seulement pour soi. Une joie immense, qui se vérifie dès que l’on croise quelqu’un qui nous sourit… d’une sorte de sourire exalté, que l’on partage entièrement. Une  euphorie intérieure immense. On peut aller s’asseoir dans le tombeau du Christ, lieu pour lequel il faut généralement faire 20 minutes de file d’attente pour y entrer 30 secondes (un peu comme un Disneyland pour l’âme), et se faire chasser par le frère grec qui fait la circulation, parce qu’il y a du monde qui attend. On a le Calvaire pour soi et on est entouré uniquement de personnes pieuses, qui prient à genoux pendant des heures, ou qui s’assoient sous la statue de Notre Dame des sept Douleurs, au visage orné de larmes, qui se trouve juste à côté de l’endroit où la Croix était plantée. Il y a des pèlerins religieux, assis ou allongés face contre terre devant l’endroit de la Crucifixion. Il y a des laïcs habitués, souvent âgés, qui passent toutes leurs nuits au Saint-Sépulcre. Mais aussi les religieux du lieu, des prêtres, des frères, au visage à la fois grave, paisible et lumineux.

Frère Jacques, sonnez les Matines

À 23h00, c’est Matines pour tous les religieux : les franciscains et les grecs se rassemblent dans leur chapelle respective pour psalmodier, pendant qu’un frère arménien et un frère copte, équipés de leur encensoir, parcourent chaque pièce de la basilique pour l’encenser. Si on le croise, il s’arrête face à nous, nous salue d’un léger abaissement de tête qu’il faut lui rendre, et nous encense. Ambiance mystique, hors du temps. On imagine parfaitement les Croisés à notre place il y a 1000 ans.

À 4h00, alors qu’à l’étage commence la divine liturgie arménienne qui durera 2h00, les portes rouvrent, et ceux qui veulent aller dormir au chaud peuvent rejoindre leurs hôtels… ne revenant pas de l’expérience qu’ils ont vécue.

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