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Est-on capable de distinguer le Bien du Mal sans l’aide de Dieu ?

© Pixabay
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Quand Dieu et "Loi naturelle" se confrontent.

Existe-t-il une morale en dehors des conventions sociales inventées par l’Homme ? Dans sa démonstration magistrale de l’existence d’une Loi naturelle, l’écrivain C.S. Lewis interpelle le lecteur : « Vous est-il arrivé d’entendre des gens se quereller ? »[1]

Après cette simple question, tout le monde répond « bien sûr » par l’affirmative et se retrouve pris dans le raisonnement de l’auteur : »Nous pouvons apprendre une leçon importante en écoutant ce que les gens disent quand ils s’insurgent : “Tu aimerais qu’on te fasse la même chose ? C’est ma chaise, j’y étais avant toi ! Allez, tu l’as promis !” ».[2]

Dans la citation ci-dessus, on remarque immédiatement que le plaignant (et nous le faisons tous) fait toujours appel à quelque chose qui est extérieur à la dispute. Il ne fait pas que dire « ton comportement me déplaît ». Non, c’est comme si l’attitude de la personne que l’on a en face de soi contrevenait à une conduite implicite que le vis-à-vis n’est pas censé ignorer. Et celui qui est accusé se justifie à son tour par rapport à cette règle implicite : « Il prétend que dans ce cas particulier la personne n’avait pas à garder son siège ou qu’un événement fortuit l’a empêché de tenir sa promesse… Manifestement, les deux parties ont à l’esprit une sorte de loi ou règle de franc-jeu ou de bonne conduite sur laquelle ils se basent. »[3]

Agir selon des règles implicites

Lewis en vient à la conclusion que le monde entier agit tout le temps comme si des règles du jeu universelles existaient de manière implicite. À moins de souffrir d’un dérèglement pathologique grave, personne ne va jamais vouloir faire le mal sciemment. Tout le monde va toujours essayer de mettre la « règle de franc-jeu » de son côté. En général personne ne saute à la gorge de son voisin ou de son collègue de manière instinctive, comme un animal dont l’instinct dicte le comportement. La plupart des gens vont plutôt essayer de montrer qu’ils ont droit à ce qu’ils demandent car l’autre a tort. Et bien sûr comme la plupart des gens (sinon tous) sont à des degrés divers de mauvaise foi ou se trompent sur la règle, le mal arrive.

Cette règle implicite fut toujours appelée « Loi naturelle » et Lewis de mettre immédiatement en garde contre une fausse idée qu’on pourrait se faire de celle-ci. Car bien sûr la plupart des gens lorsqu’ils entendent parler de « Loi naturelle » pensent immédiatement aux lois de la physique ou de la biologie. La différence entre les deux relève du libre arbitre : « Quand les penseurs d’autrefois appelaient Loi naturelle la loi du Bien et du Mal, ils pensaient en fait à la Loi de la nature humaine. L’idée était la suivante : de même que tous les corps sont gouvernés par la loi de la gravitation et les organes par la loi de la biologie, la créature appelé Homme a aussi sa loi. Cette dernière est pourtant très différente : alors qu’un corps ne peut choisir s’il doit obéir ou non à la loi de la gravitation, un homme peut choisir d’obéir ou non à la Loi de la nature humaine. »[4]

D’où vient cette Loi naturelle ?

La question à se poser est bien sûr que s’il y a Loi naturelle, il faut que quelqu’un l’ait écrite. Cet auteur est sans conteste, pour le chrétien, Dieu. Saint Paul ne disait pas autre chose « Quand des païens, sans avoir la loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, eux qui n’ont pas de loi. Ils montrent que l’œuvre voulue par la loi est inscrite dans leur cœur : leur conscience en témoigne également ainsi que leurs jugements intérieurs qui tour à tour les accusent et les défendent. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus Christ le comportement caché des hommes. » (Romains 2, 14 -16).

Chacun, quelque soit sa foi ou qu’il soit croyant ou non est capable de faire le Bien puisque Dieu a placé en chacun la capacité à discerner le Bien du Mal. La conscience est l’organe permettant de saisir cette Loi universelle et éternelle qui ne dépend ni du temps, ni du lieu. L’Église Catholique, inspirée par l’Esprit, se fait l’écho au travers de ses prises de position morale de cette Loi naturelle universelle.

Le fidèle catholique fait exactement la même chose. Ce n’est pas qu’il suit aveuglement et sans réflexion la direction donnée par l’Église mais c’est qu’il s’en nourrit, qu’il l’utilise pour stimuler sa conscience et opérer le discernement entre le Bien et le Mal. Ce faisant, s’aidant par la prière, le croyant est ouvert au souffle de l’Esprit qui attise la Loi naturelle qui sommeille en son cœur. Il peut alors porter un jugement moral personnel sur le monde.


 [1]C.S.Lewis, Les fondements du christianisme, Ed. Aimé Viala, 2013, p. 19.

[2]ibidem p. 19.

[3]ibidem p. 19.

[4]ibidem p. 20.

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