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Chronique du temps qui passe. Le temps de l’engagement

L'Entrée des croisés à Constantinople, huile d'Eugène Delacroix (1840) © Wikipedia
L'Entrée des croisés à Constantinople, huile d'Eugène Delacroix (1840) © Wikipedia
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Il fut un temps où les chrétiens s’engageaient dans l’Histoire sans avoir même à le décider.

Il fut un temps où les chrétiens s’engageaient dans l’Histoire sans avoir même à le décider ; ils y étaient et ils apportaient sur un plateau de sable et de sang les fruits de la révélation de leur Dieu sur terre comme une offrande. Seuls les esprits simples et profonds comprenaient et accueillaient quand les esprits cruels condamnaient et cherchaient à les annihiler et à les détruire.

Alors à ceux qui débattent de « l’identité des catholiques » ou des « catholiques identitaires » ils oublient que l’identité d’un être qui a reçu le baptême et la parole révélée le jour du Pentecôte, au Cénacle de Jérusalem, où toutes les nations et tous les peuples, leurs langues, leurs couleurs et leurs aspirations sont devenus unifiés sous l’action si évidente et si mystérieuse du Saint-Esprit.

Alors que nous reste-t-il du pauvre homme ancien et de ses fragiles et mortelles ethnies et comment pouvaient-elles résister devant le vent impétueux qui a soufflé et les langues de feu mystérieusement entendues ? Jusqu’aujourd’hui l’histoire en tremble et cherche à ignorer ce jour où l’histoire s’est arrêtée pour toujours alors que nous sommes rentrés dans une forme d’éternité !

L’histoire a tremblé pendant le sac de Rome et saint Augustin en recueillit les accents les plus douloureux et les plus saisissants pour décrire notre triste pèlerinage terrestre dans les méandres de la Cité des hommes, avant d’atteindre celle de Dieu ! Ce jour-là les chrétiens ne se sont pas interrogés sur leur identité, ils savaient quel sang précieux a été versé sur la Croix pour leur Salut !

L’histoire a tremblé sous Charlemagne et le pape de Rome Léon III qui a sacré son empereur à Rome, n’a pas pu venir couronner son fils à Aix-la-Chapelle. Après l’Europe de la chrétienté, c’est l’Europe de la division et des massacres qui se sont installés. Ce jour-là les chrétiens ne se sont pas interrogés sur leur identité, ils savaient que c’est Dieu qui nomme les rois !

L’histoire a tremblé sous le règne de saint Louis et neuf croisades n’ont pas suffi à consolider le royaume déjà bicentenaire de Jérusalem ! Ce jour-là les chrétiens ne se sont pas interrogés sur leur identité, ils savaient que le seigneur de la guerre a déjà livré les plus grandes des batailles, pour la plus grande des victoires !

L’histoire a tremblé sous Louis XIV et sa monarchie de Droit Divin ébranlée par la Fronde et par une Europe divisée entre les frères chrétiens catholiques et protestants. Ce jour-là les chrétiens ne se sont pas interrogés sur leur identité, ils savaient que le Dieu père reste indivisible même quand ses fils vivent la division sanglante.

L’histoire a tremblé quand la France sous la Révolution Française a assisté impuissante et muette devant le martyre de Louis XVI et de Marie Antoinette. Ce jour-là les chrétiens et les martyrs des Carmes ne se sont pas interrogés sur leur identité, ils savaient que Dieu ne peut pas se résigner lui-même en se reniant son droit sur sa création !

Pour sauver notre identité chrétienne incarnée, il ne faut pas se hâter de citer Péguy et dire après lui que « le spirituel est aussi charnel ». Il l’est, certes, mais c’est le spirituel par sa transcendance qui sauve le charnel de sa boueuse immanence comme l’a été le corps du soldat martyr du poète ,lui-même, un matin du 5 septembre 1914.

Pour sauver notre identité chrétienne incarnée, il ne faut pas non plus se hâter de citer saint Thomas, qui a tout sacrifié de l’héritage du monde, titre princier et châteaux, pour une pauvre bure de moine.

Au moment où les chrétiens d’Orient sont obligés d’écrire en lettres de sang le nom de leur religion sur leur carte d’identité pour pouvoir exister et prier dans leurs églises menacées de destruction, les chrétiens d’Occident préfèrent la sécurité du concept et la pertinence du métaphore au risque et à l’imprévisibilité du martyre !

C’est par notre foi chrétienne que nous avons transformé les fragilités et toutes les finitudes de notre humanité, non pour la glorifier ici-bas définitivement, mais pour la préparer sur les chemins de la souffrance à la gloire espérée et à l’éternité promise et attendue. Mais que voulez-vous, il y a un temps pour tout, un temps pour la mort et un temps pour la vie, il y a un temps pour tout comme dit la vieille Sagesse !

 


Découvrez la dernière chronique du temps qui passe : le temps des chrétiens


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