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Peut-on recevoir plusieurs fois le sacrement des malades ?

13 Août 2013 : Messe de l'onction des malades présidée par Mgr Jean-Luc BRUNIN, év. du Havre, lors du 140e Pèlerinage national. Basilique St Pie X. Lourdes (64) France. © P.RAZZO/CIRIC
13 Août 2013 : Messe de l'onction des malades présidée par Mgr Jean-Luc BRUNIN, év. du Havre, lors du 140e Pèlerinage national. Basilique St Pie X. Lourdes (64) France. © P.RAZZO/CIRIC
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Souvent synonyme de mort, le sacrement des malades fait peur. À tort ? Sans doute.

Dès le IIIe siècle, la Tradition apostolique donne la formule de bénédiction de l’huile. En 416, le pape Innocent Ier parle de l’onction qui était faite pour de nombreux types de maladies… Mais c’est en 1173 que le sacrement des malades fait officiellement son apparition sous le nom d’extrême onction ou sacrement d’agonie. Il prend sa source principale dans l’Épître de saint Jacques (5, 14-16) : « Quelqu’un parmi vous est-il malade qu’il appelle les anciens de l’Église et que ceux-ci prient sur lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le malade ; le Seigneur le relèvera et s’il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin d’être guéris ». Jusqu’au XXe siècle, le sacrement des malades est donc l’aveu d’une mort imminente, régulièrement illustré dans la littérature du XVIIIe, XIXe et XXe siècle. Il fait tellement peur même, que beaucoup n’osent pas le réclamer.

La réforme de Vatican II : un tournant

C’est sous le concile de Vatican II, en 1972, que l’extrême onction prend son nom de sacrement des malades. Ceci afin de lui retirer son aspect extrême, c’est-à-dire tragique. Cette réforme étend donc ce sacrement à tous les malades, personnes âgées, ou autres personnes faibles, et non plus seulement au mourant. Loin de la mort, il devient un sacrement de vie.

Un sacrement illimité ?

En quelque sorte oui, tout comme le sacrement de l’eucharistie et de la confession. En pratique, il est donné lors des épreuves de santé. Ce peut-être au début ou à la fin d’une maladie grave, ou sous une grande souffrance morale (cancer, grippe ou dépression, par exemple). Il peut aussi être redonné au moment d’une aggravation significative de la maladie.

Seule l’eucharistie donnée en viatique, ultime communion donnée au malade, reste synonyme de mort prochaine.

Quel déroulement pour ce sacrement ?

Le sacrement des malades, comme tout sacrement, est une célébration liturgique et communautaire. Il peut se dérouler à l’hôpital, chez soi, lors d’une célébration communautaire ou d’un pèlerinage. Seuls les prêtres peuvent l’administrer. L’Église demande que le malade soit conscient (et donc vivant bien évidemment) car il doit pouvoir être libre. Toutefois, en cas de doute et de mort prochaine, le prêtre peut en décider autrement.

Pour le déroulement de la célébration le prêtre impose les mains en silence avant de déposer l’onction faite avec l’huile des malades. Cette huile est nécessairement bénie en amont par l’évêque (seul disposé à la bénir) lors de la semaine Sainte. Le prêtre prononce alors ces paroles : « Par cette onction sainte, que le Seigneur en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. ». Puis : « Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’Il vous sauve et vous relève ». Le malade quant à lui doit répondre « Amen » après chacune de ces phrases.

Pourquoi le sacrement des malades ?

Le sacrement des malades est un remède pour donner forces à l’âme et au corps, ainsi que le courage d’endurer l’épreuve de la souffrance. Il est également un moyen pour le malade de se réconcilier avec lui-même, ses proches et le Christ.

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