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« Le christianisme ne sera jamais culturellement ou politiquement neutre »

© AGIP/FARABOLA/RUE DES ARCHIVES
Charles de Gaulle et Jean XXIII, le 28 juin 1959.
Ce 28 juin 1959 le général porte la plus haute distinction pontificale, le collier de l’Ordre suprême du Christ, reçue le matin même. Il salue Jean XXIII par une génuflexion et baise l’anneau du pêcheur. Les deux hommes d’États s’entretiennent pendant 25 minutes, avant que le président n’offre une bible du XIVe siècle au Saint-Père. Ce jour-là, Jean XXIII s’exprime en français devant les médias et adresse "ses plus paternelles affections" à la France. En retour le général exprime le plus grand respect de la France et des Français envers le Pape. À noter qu’il s’agit de la première fois que la visite d’un chef d’État est filmée dans la Salle du trône au Vatican. Charles de Gaulle ne prend possession de son titre de chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran que lors de sa troisième visite, le 31 mai 1967 avec le pape Paul VI.
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L'abbé Fabrice Loiseau réagit aux premiers extraits du livre d’Erwan Le Morhedec, "Identitaires : Le mauvais génie du christianisme".


Les catholiques ont-ils un problème d’identité ? Deux approches en débat


Le christianisme ne sera jamais culturellement ou politiquement neutre. C’est la suite logique de l’Incarnation.

Même si des non-croyants peuvent tenter de récupérer son héritage, la question qui se pose est dans la manière dont l’héritage chrétien est revendiqué. L’est-il seulement dans un but électoral ? Est ce pour tromper les chrétiens en vue d’une idéologie foncièrement antichrétienne ? Ou tout simplement est-ce un regard réaliste et sincère sur notre patrimoine chrétien? Cela nous oblige à avoir un discernement continuel.

Il serait cependant paradoxal qu’au nom de la foi pure on interdise à tout penseur ou homme politique non chrétien de défendre une culture ou une éthique chrétienne.

La parabole du bon grain et de l’ivraie me parait particulièrement convenir à ce propos. Dans un certain milieu catholique conservateur, le syndrome de l’Action Française est très présent et très mal compris. Il est de bon ton de rappeler qu’un homme politique non pratiquant n’a nullement le droit de défendre un héritage culturel ou identitaire chrétien du style : « Ce maire n’a pas à défendre les crèches, il n’a pas la foi ».

C’est ridicule et pieusard, la foi et la grâce ne restent pas cantonnées dans la piété et la morale, elles débordent dans l’art, la culture, la politique et la philosophie.

Toute proportion gardée, cela me fait penser à ceux qui refusent l’apologétique, les liens entre raison et foi ou les preuves de l’existence de Dieu au nom de la pureté de la foi. Ils refusent les motifs de crédibilité. Jean Daujat en son temps était exaspéré par ce nouveau fidéisme. Faut il rappeler que les meilleurs artistes religieux ne sont pas les plus saints ? Il en est ainsi des politiques ou des philosophes. Pour paraphraser saint Thomas, on peut dire que « tout ce qui est vrai est nôtre » et nous ne devons pas regarder qui le dit.

Ainsi nous pouvons comprendre que l’héritage chrétien est aussi culturel, artistique, philosophique, politique et éthique, est inscrit dans l’histoire humaine. Attention aux puristes de la foi et de la charité. On a déjà connu cela avec l’abbé Loisy, ils n’ont fait que contribuer à la disparition du christianisme dans la culture. C’est une nouvelle forme de l’enfouissement des années 1970, ils seront balayés par la modernité. À ne vouloir défendre cet héritage que pour ceux qui ont la foi on en arrive à un sectarisme du subjectivisme. C’est toute la question contemporaine. C’est « l’intelligence en péril de mort », disait Marcel de Corte en désignant la crise de la vérité.

Cela s’accompagne souvent d’une certaine hypocrisie : on s’extasie devant une personnalité de gauche qui va développer certaines valeurs altruistes mais on sera d’une sévérité inouïe pour des personnalités médiatiquement incorrectes quand elles défendent des valeurs chrétiennes. Le christianisme ne serait plus dans l’histoire un fait objectif, il ne se réduirait qu’à une expérience spirituelle individuelle.

C’est de nouveau la séparation entre le Jésus de l’Histoire et de le Jésus de la Foi.

Au secours saint Thomas, ils sont devenus fous. À suivre…


Pour aller plus loin :

La tribune de Falk van Gaver sur Charles Péguy : « Toute détestation du temporel est une abomination »

Entretien avec Laurent Dandrieu : « C’est l’engagement des catholiques au service de l’idée patriotique qui est visé »

La tribune d’Arnaud Bouthéon : « Identitaires catholiques : la menace fantôme »


 

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