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Vous n’imaginez pas tout ce que les chevaux peuvent faire pour vous (1/2)

© Marie Nouvian
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Entretien avec Marie Nouvian, fondatrice de l’écurie de la Guérinière, à la découverte de la médiation par le cheval.

Marie Nouvian, fondatrice de l’écurie de la Guérinière, a décidé d’allier ses deux passions et d’en faire son métier : l’éducation et l’équitation. Du nom de François Robichon de la Guérinière, célèbre écuyer français du XVIIIe siècle, son exigence est dans la qualité de la relation au cheval et aux cavaliers qui font appel à elle. Ils sont d’une grande diversité puisqu’elle pratique avec eux la médiation par le cheval, un outil à la fois thérapeutique et éducatif. Aleteia s’est entretenu avec elle afin de mieux comprendre son projet.

Aleteia : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste la médiation par le cheval ?
Marie Nouvian : C’est utiliser la relation qui va se créer entre un cavalier et le cheval pour permettre au cavalier d’avancer dans son cheminement personnel. La création de lien est le fil rouge de mon travail. L’intérêt est d’éviter la relation frontale par la présence d’un intermédiaire, le cheval, pour mettre en lumière le travail nécessaire à la personne pour cheminer dans son travail personnel en prenant conscience de son état.

Quel est votre rôle dans cette médiation ?
Mon rôle est de mettre un cadre sécurisant et éducatif pour que la personne puisse évoluer de manière sereine. Le fait d’avoir dressé et éduqué moi-même mes chevaux et de les connaître offre ce cadre sécurisant. Ce qui est intéressant c’est la rencontre entre le cavalier et le cheval, si j’estime devoir me mettre en retrait je le fais, pour respecter ce qu’il se passe entre eux et pour autoriser cette possibilité.

Pourquoi le cheval est-il indispensable à votre travail éducatif ?
Parce que c’est lui qui va m’indiquer quel est l’état émotionnel de la personne et qui va me guider sur les besoins de la personne, qu’elle en soit consciente ou non. Le cheval m’apporte une lecture de la personne suffisamment juste pour que je puisse m’appuyer dessus pour mon analyse éducative et la mise en place du cadre pour conduire la séance avec le cavalier. En ce sens, le cheval est un partenaire de travail. Concrètement, on parle de cheval-miroir car il va réagir comme un miroir en renvoyant l’état émotionnel de son cavalier. Mais le cheval a une capacité d’analyse et de lecture des intentions du cavalier.

Par exemple, un handicapé du type trisomique qui va mettre des coups de poings à un cheval, car il a des pulsions de violence qu’il ne maîtrise pas, va être accepté par le cheval. En revanche, un adolescent de type délinquant qui va mettre les  mêmes coups par esprit de violence, le cheval va réagir à cette attaque par des morsures ou une attitude défensive, il ne va donc pas accepter ces coups. À partir de là, selon l’intention et l’état de conscience, je m’adresserai différemment au cavalier, soit en le mettant face à ses responsabilités soit en lui faisant prendre conscience que son attitude fait du mal au cheval. Dans les deux cas, le but est de conduire le cavalier à mieux maîtriser sa violence.

La réaction du cheval est toujours liée à l’intention du cavalier, ce ne sera donc jamais la faute de l’animal mais celle du cavalier, à cause de ses intentions. De plus, on ne peut pas cacher ses émotions à un cheval ce qui me permet d’avoir une lecture brute des personnes. Beaucoup trouvent dans le rapport au cheval la réponse à leur mal-être, c’est le début pour commencer à s’en sortir.

Tous les chevaux en sont-ils capables ? Et sinon, quels sont les moyens spécifiques pour y parvenir ?
Oui, tout cheval est capable d’être médiateur à partir du moment où il est parfaitement bien dans son corps et dans sa tête, pour être attentif à son cavalier et pouvoir lui apporter des réponses justes. En effet, de la même manière qu’on n’a pas envie d’aller travailler avec une grippe ou une gastro, un cheval en souffrance physique ou psychologique ne pourra pas bien travailler.

Le travail pour les amener à cela est de respecter leurs besoins fondamentaux (alimentation, mode de vie, respect de l’intégrité physique et mentale du cheval), un travail sportif suffisant, parce qu’un cheval n’est pas fait pour porter des cavaliers, donc le dressage, le travail monté, va permettre au cheval de se développer physiquement et musculairement, pour travailler dans le confort avec le cavalier, condition nécessaire pour qu’il se sente en sécurité. Il s’agit aussi de lui apporter un cadre sécurisant de manière à ne pas se blesser en portant le cavalier. Par exemple, une personne avec une paralysie physique qui va pencher très fort à droite, un cheval suffisamment musclé va se gainer pour compenser le déséquilibre de son cavalier alors qu’un autre se mettra à pencher a droite, entraîné par le poids.

Propos recueillis par Louise Alméras

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