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J’ai fait du vélo autour du lac où Jésus a marché

© Miriam Mezzera CC
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Tibériade, Capharnaüm, Madgala... notre chroniqueuse nous raconte avec émotion son voyage sur les traces de Jésus.

« Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : “Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur.” En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : “Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras” ». (Luc 5 ; 6-10).

Les évangiles enseignent que Jésus a passé de longs moments sur le lac de Tibériade, notamment à Capharnaüm, Magdala, et Tibériade. Nombreux sont les récits de ses traversées d’une rive à l’autre (qui sont en fait des traversées uniquement entre la rive nord et une partie de la rive ouest, formant une diagonale) : la rencontre avec Pierre, la pêche miraculeuse, la marche sur l’eau, les Béatitudes, les multiplications des pains, la primauté de saint Pierre… Autant de récits qui font la foi chrétienne, et dont on ne se lasse jamais de relire.

Paris – Tel Aviv : 4h30 de vol ; Tel Aviv – Tibériade : 2h00 de car

S’il est une chose merveilleuse dans le monde moderne, c’est le développement des transports, et des technologies, capables de transformer les personnes les moins débrouillardes en véritables Indiana Jones. Un billet d’avion et un hôtel réservés en ligne, un itinéraire de promenade à vélo préparé sur Google Maps, un peu d’esprit rêveur, d’envie de faire le vide, de s’éloigner du monde pour se rapprocher de Dieu, et c’est parti pour Tibériade !

Vue sur le lac de Tibériade © Wikipédia
Vue sur le lac de Tibériade © Wikipédia

Où pédaler ?

Ce qui se fait le plus, (testé et approuvé par l’auteur de l’article), est la ballade en vélo de Tibériade à Capharnaüm, par la nationale 90, au bord du lac. Au sommet du podium, une des choses les plus incroyables de cette promenade est tout simplement le lieu, et le fait de pouvoir se dire : « Je suis à Tibériade et je me rends à Capharnaüm. » Une émotion qui ne s’estompe pas pendant tout le voyage, et qui persiste après sous la forme de : « J’ai mis les pieds à Tibériade et à Capharnaüm, Dieu merci ! ». Une réalité bouleversante par son symbolisme, car les villes de la Bible sont, pour nombre de personnes, les villes d’un livre, dont on ne réalise pas l’existence réelle et encore contemporaine. En 2017, il y a des panneaux d’indication sur les routes qui indiquent Tibériade, et Google Map en détaille les moindres recoins avec excellence. Il y a même un MacDonalds à Tibériade (réalité glaçante et sauvage…). La 2e raison d’émerveillement est celle de voir le lac et sa grandeur, comprendre comment il est possible que des tempêtes y aient lieu (166 km de superficie), voir la partie précise où Jésus a marché sur l’eau, imaginer saint Pierre sur son bateau de pêche…

Les 16 km de distance entre Tibériade et Capharnaüm regorgent de trésors :

Migdal, la ville de Sainte Marie-Madeleine ou un équivalent du Saint-Suaire de Turin :

Dans les années 1960, Migdal était une station balnéaire connue sous le nom de Hawaï beach. Funeste sort pour la ville qui a vu grandir l’Apôtre des apôtres, vu marcher et entendu parler le Créateur et Roi du monde. Un prêtre mexicain s’y rendant un jour, attristé par le sordide paysage, et par l’inexistence d’église dans la ville de Madeleine, a décidé de la racheter. Des travaux titanesques de démolition de la station balnéaire puis de nettoyage ont été entrepris, laissant apparaître en 2005 un cadeau pour l’humanité contemporaine, à l’instar du Saint-Suaire et des rouleaux de la Mer Morte : la vieille ville de Migdal. Depuis lors et encore en 2017, des archéologues y travaillent.

Vue de la ville de Magdala en 1900 © Wikipedia
Vue de la ville de Magdala en 1900 © Wikipedia

Les ruines de la ville sont en si bon état que les spécialistes ont pu reconnaître le quartier des riches (avec un mikvé, ou bain rituel juif, dans chaque maison), le quartier des pauvres (sans mikvé personnel, remplacé par le lac pour les habitants), le marché, et surtout la synagogue. Cette dernière a été partiellement détruite lors de la guerre des Juifs contre les Romains, entre 68 et 70. Selon le récit de Flavius Josèphe, les habitants de Migdal se sont servis des pierres de la synagogue pour bloquer l’accès à la ville. Le tas de pierres a été retrouvé, comprenant notamment les colonnes de la synagogue. On peut encore voir dans les ruines de la synagogue la répartition des pièces et les places assises, au milieu desquelles on imagine Jésus debout et annonçant la bonne nouvelle.

En demandant gentiment aux gardiens des lieux (des chrétiens volontaires venant des quatre coins du monde pour 3 à 6 mois), on peut accéder à une plage naturelle et privée. C’est ainsi que l’on se retrouve seul au monde, sur une plage du lac de Tibériade, avec pour seuls voisins des oiseaux échassiers et de tout petits coquillages blancs. L’eau est pure, propre, le sable est fin. À gauche on peut voir Capharnaüm au loin, à droite Tibériade. Un avant-goût de paradis, un moment hors du temps.

Sur le chemin restant on peut voir :

  • Le Mont des Béatitudes,
  • Tabgha, ou le lieu de la multiplication des pains,
  • L’église de la primauté de saint Pierre… et le rocher sur lequel Jésus était assis lors de la dernière pêche miraculeuse dans Saint-Jean, après la Résurrection, et où en demandant trois fois à Pierre s’il l’aimait, Jésus en a fait le premier Pape de l’Église universelle. (Jean 21)
  • Et finalement Capharnaüm, ses ruines, et la maison de saint Pierre.

À noter qu’il s’agit d’une promenade un peu sportive, car il fait souvent très chaud, il y a beaucoup de montés, 16 km séparent les deux villes, donc environ 2h00 en vélo. Heureusement les technologies actuelles nous permettent d’appeler un taxi, en cas de crevaison de pneus, de chaine qui déraille, ou de gambettes qui ne suivent plus. Pour les moins téméraires, de nombreux tours en car climatisé sont organisés plusieurs fois par jour, permettant de visiter ces lieux merveilleux. Pour ceux qui en ont la capacité physique, cette promenade seul et en vélo est un moyen merveilleux de se sentir en communion avec Jésus, chez lui.

Tibériade, une ville qui ne déçoit pas

Tibériade est une ville charmante et paisible, peuplée d’environs 31 000 âmes. La promenade donnant sur le lac est très jolie, gorgée de restaurants dans lesquels ont peut manger le poisson de saint Pierre, péché dans le lac, et succulent. La nuit tombée, assis face au lac, on regarde les étoiles, l’eau qui brille, et on imagine voir Jésus marcher sur l’eau.

Comment se rendre à Tibériade ?

De Tel Aviv :

  • Gare centrale de Tel Aviv, aussi connue sous le nom de Tah’ana merkazit
  • Plateforme 7
  • Bus Egged n° 836 (site web de la compagnie de bus Egged : ici)

De Jérusalem :

  • Central bus station
  • Bus Egged n° 91 ou 92

Dans les 2 cas les trajets sont directs et les bus partent toutes les heures.

Où dormir ?

Tibériade regorge de superbes hôtels, mais pour les petits budgets, l’Aviv Hotel est très recommandable : en plein cœur de Tibériade, à 5 min à pieds de la promenade sur le lac, lit en dortoir ou en chambre simple, très bon accueil, très propre, et … possibilité de louer des vélos !

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