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Que fait le père Noël après avoir distribué ses cadeaux ?

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Lisez ce joli conte à vos enfants pour prolonger Noël.

Le lendemain du jour de Noël, un père Noël, tout esseulé et déconfit, était assis sur un banc au bord de la route, avec des restes de marchandise à ses côtés, lorsqu’il vit surgir un drôle d’enfant qui ressemblait étrangement au Petit Prince de Saint-Exupéry. N’eût été sa lassitude il aurait sursauté devant cette « vision ». L’enfant, intrigué, l’interrogea sur son humeur incompatible avec son accoutrement :

  • Père Noël ! Pourquoi êtes-vous triste ? C’est la première fois que je vous vois ainsi, amaigri et maussade, et encore là après le jour de Noël ! Pourquoi n’êtes-vous pas rentré chez vous, au pôle Nord, après avoir distribué vos cadeaux de Noël ?
  • Rassure-toi, mon enfant, ce n’est pas la grande distribution annuelle qui m’a fait perdre du poids et qui m’a fatigué pour rester ici. Je suis un faux père Noël. Je n’offre pas des jouets, mais je les vends, déguisé en père Noël, à la demande de mon employeur. Je n’ai pas tout vendu. Il m’en reste et je n’ose pas retourner au magasin. Je serai sûrement chassé.
  • Ah ! Il a de la chance, le vrai père Noël, d’avoir l’employeur qu’il a ! Il n’a rien à vendre, tout à offrir et tout le monde l’aime.
  • Oui, il est bien choyé, le vrai. Il est bien plus connu que celui qui l’a envoyé, d’ailleurs. Il reçoit tous les honneurs. Et en plus, son employeur le garde depuis des lustres ! Il est bien logé et très bien nourri ! J’envie sa stabilité et sa notoriété. Moi, je suis un anonyme à la recherche d’un nouvel emploi, maintenant.
  • Mais pourquoi a-t-on créé de faux père Noël alors que le vrai existe ?
  • Pour faire des sous, mon enfant. Noël est un grand marché de nos jours !
  • Et la crèche dans tout ça ?
  • Lorsqu’elle n’a pas disparu du décor, comme dans certains pays, elle sert de décor… ou d’appât.
  • C’est pas gentil ça, d’utiliser le père Noël et la crèche pour faire des sous !
  • Je sais ! Mais c’est comme ça. Mais au fait, je remarque que tu ressembles à un personnage de mon enfance, du temps de l’école, avant que je ne décroche… j’en oublie le nom…
  • Le Petit Prince ? Tout le monde me dit ça !
  • Oui, le Petit Prince… mais d’où viens-tu, et que me veux-tu ?
  • D’où je viens n’est pas important, mais ce que je veux l’est : dessine-moi un cœur !
  • Un cœur ? C’est la chose la plus facile à dessiner ! Tu peux le faire toi-même !
  • Mais la plus difficile à « se » dessiner, à soi-même. Dessine-moi un cœur, avec cœur !
  • Bon, voilà je t’en dessine un… et avec cœur.
  • Non, je le veux plus petit. Petit comme mon cœur. Pour qu’il ne contienne pas de tristesse. Qu’il soit plus léger. Un cœur d’amour et d’émerveillement.
  • C’est-à-dire un cœur d’enfant ? Bon, voilà un plus petit. Dessiné avec cœur aussi. Que vas-tu en faire, mon petit ?
  • Je vais le calquer sur ton cœur, de sorte que ton cœur devienne aussi petit, comme mon cœur.
  • Et ça suffira pour transformer mon cœur ?
  • Bien sûr ! Puisque tu as dessiné mon petit cœur avec cœur !

Une fois le calquage exécuté, le faux père Noël se sentit transformé, égayé, ragaillardi comme si c’était le vrai père Noël. Il sentit un petit cœur sacré battre dans sa poitrine. Ses yeux se dessillèrent et il vit en face de lui, non pas un Petit Prince, mais un grand Roi : un Enfant roi, qui ressemblait à celui de la crèche. Il prit l’Enfant sur ses genoux, avec un sourire qu’il ne s’était jamais dessiné de sa vie. L’Enfant l’embrassa avec amour, lui tendit un sac plein de petits cœurs magiques, comme celui qu’il a dessiné, lui demanda de les distribuer aux cœurs tristes ou endurcis d’adultes qu’il trouvera sur son chemin jusqu’au Nouvel An et d’en envoyer aux gouvernants du monde, puis il disparut, comme par enchantement.

Ce que fit le père Noël : il jeta sa pacotille, prit le sac plein de petits cœurs, rompit la « trêve des confiseurs » et se mit à sillonner les rues en tintant de sa clochette et en disant : « Convertissez votre cœur ! Rendez-le petit ! ». Les passants prenaient ce faux père Noël tardif pour un attardé ou un illuminé. Certains curieux vinrent à lui, reçurent le petit cœur, se transformèrent aussitôt et le suivirent. Très vite, il fit des adeptes et forma une communauté. Le vrai père Noël en devint jaloux. Les gouvernants du monde, surtout ceux du Conseil de Sécurité, et spécialement les permanents, reçurent chacun par courrier un petit cœur magique qui transforma leur cœur endurci en un cœur tendre d’enfant et les fit compatir avec l’enfance martyrisée à cause de leur mauvaise gouvernance, et s’épouvanter de leurs propres actes. Ils se réunirent en urgence avant la fin de l’année et adoptèrent les bonnes résolutions salvatrices, avec pour résolution définitive : plus jamais le mal ! Plus jamais la guerre ! Rien que le bien ! Rien que la paix ! Rien que l’amour ! Rien que la charité ! Et à la nouvelle année, une nouvelle Terre émergea de ce qui fut jusque-là un gigantesque cratère. Un monde nouveau se révéla : un monde de rêve !

 

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