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Quelle était l’étoile qui a guidé les Rois mages ?

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Comète de Halley, planètes, simple étoile... Tour d'horizon des différentes thèses scientifiques (ou non) pour tenter d'identifier la fameuse étoile citée dans l'Évangile selon saint Matthieu.

Mathieu l’évangéliste est le seul à citer l’étoile que nous dressons au-dessus des crèches. Il raconte que les mages interpelèrent Hérode, en lui demandant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » (Mathieu II, 2). Pourtant, la thèse tentante d’une comète, visible et indiquant la position de la naissance de Jésus à la façon d’une grosse flèche doit être abandonnée.

Exit la comète de Halley

Un temps envisagée comme candidate, la spectaculaire comète de Halley ne colle pas au rôle. Elle revient tous les 76 ans, et est passée 66 ans avant la naissance du Christ, puis 10 ans après. Le seul point qui associe la comète à l’étoile des Mages est sa représentation dans le tableau de Giotto. Le peintre, qui avait été impressionné par le passage de la comète en 1301, avait choisi de la représenter dans son tableau de l’adoration des Mages, sans prétention historique. Par ailleurs, les astrologues ont plutôt l’habitude d’associer les comètes à des évènements néfastes.

L'Adoration des Mages de Giotto
L'Adoration des Mages de Giotto

Un rapprochement spectaculaire de Jupiter et Saturne, un événement qui se produit une fois tous les 800 ans avait lieu en l’an 7 avant Jésus Christ. Il s’est reproduit à trois reprises dans l’année en juin, septembre et décembre. À cela l’astronome Jean Kepler ajouta une planète, Mercure, et l’on passe d’un phénomène rare à un cas tout à fait exceptionnel… Mais sujet à caution, la conjonction avec Mercure demeurant douteuse.

Une myriade de symboles

Les astrologues sont aussi à l’aise avec les calculs savants qu’avec la symbolique, et génération après génération se sont penchés sur la question de la naissance du Christ. Ils ont identifié des signes, comme Saturne, supposée être une étoile protectrice du peuple juif, Jupiter, l’étoile des rois, se rassemblant dans la constellation du Poisson, symbole des chrétiens… Des signes très présents dans les explications, qui peuvent devenir franchement envahissants. Au point de mettre en cause les calculs des astrologues, tentés de tirer leurs calculs pour répondre à leurs attentes ?

Pas complètement, car le calcul du mouvement des astres est une science dure, et la conjonction Saturne et Jupiter a bien existé, elle se produit tous les 714 ans. Mais a-t-elle été un événement suffisamment important pour susciter l’intérêt de « mages », probablement venus de Mésopotamie ? Oui, si l’on en croit la traduction d’un orientaliste allemand, Paul Schnabel. Il déchiffra les anciennes tablettes cunéiformes de l’école d’astronomie de Sippar, proche de Babylone, en 1925. Elles confirmèrent la venue d’une « grande étoile » formée par la réunion des planètes Jupiter et Saturne, observées dans la constellation du Poisson, pendant plus de cinq mois en l’an 7 avant Jésus Christ.

Une candidate venue d’Extrême Orient

Enfin, les écrits des astrologues chinois et coréens apportent une dernière candidate au titre de l’étoile des Mages. Ils révèlent qu’une « étoile très brillante », probablement une Nova, est apparue pendant les mois de mars et avril 5 avant J.C. Elle a l’avantage de « coller » avec la description des Mages : « Une étoile s’est levée ». Rien n’interdit d’imaginer que ces deux phénomènes, qui apparaissent les plus sérieux à l’heure actuelle, soient compatibles avec le texte de l’évangéliste Mathieu, selon François-Régis Parès, professeur de mathématique passionné par l’histoire biblique. La conjonction de planètes, observées par les Mages, a pu les mettre en alerte, et l’apparition de l’étoile brillante, moins de deux ans après, les aura encouragés à prendre la route. Puis à trouver non un « nouveau-né dans une mangeoire », tel qu’il est décrit dans l’Évangile selon saint Luc, mais un « enfant » de 2 ans, dans une « maison » tel que le décrit saint Mathieu. « C’est une hypothèse cohérente », mais conclut François-Régis Parès : « Il est vrai aussi, qu’à s’acharner à démontrer l’historicité de l’étoile et comme certains érudits ecclésiastiques le prétendent, l’historicité des mages suiveurs, on s’expose à inventer l’invraisemblable. Ce faisant, on se ferme le sens du mythe fondateur jusqu’à le rendre inintelligible et se priver ainsi du dévoilement d’une vérité sacrée ! Donc, prudence dans notre soif d’historicité ! »

« Faisons-en sorte, ajoute-t-il, qu’en 2017, chaque matin nous guettions l’étoile à son lever, notre étoile, notre bonne étoile, celle qui trace au milieu du monde et du cœur la ligne de partage entre lumière et ténèbres, entre pénombre et clair-obscur. »

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