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Mais qui était donc saint Sylvestre ?

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Retour sur le parcours d’un homme dont on connaît si bien le nom mais si peu l’histoire.

Mais qui était ce Sylvestre dont nous fêtons l’anniversaire de la mort chaque 31 décembre à grand renfort de champagne et de cotillons ? Quel est donc ce saint par l’intercession duquel nous célébrons la fin de l’année et le début de la suivante ? Au risque de vous surprendre, avant d’être un chat à la voix zozotante ou un acteur de cinéma, Sylvestre fut pape. Il fut le 33e successeur de Pierre, contemporain de l’empereur Constantin, et exerça son pontificat pendant vingt-et-un ans, du 31 janvier 314 au 31 décembre 335.

Jacques de Voragine (1228-1298), chroniqueur italien du Moyen Âge, nous livre une histoire de ce pape dans son ouvrage La Légende dorée. Nous y apprenons que Sylvestre naquit en 270, dans une famille romaine. Sa mère confia l’instruction de son fils à un prêtre nommé Cyrinus, qui lui transmit les valeurs chrétiennes et le goût de l’hospitalité. Marqué par cette éducation, Sylvestre accueillit le chrétien Timothée pendant plus d’une année, jusqu’à sa mort en martyr. Le préfet Tarquinius cherchant à récupérer les richesses de Timothée fit arrêter Sylvestre : « Timothée, répondit-il, ne m’a laissé que l’héritage de sa foi et de son courage ».

Finalement convaincu que le martyr ne possédait rien au jour de sa mort, Tarquinius n’en relâcha pas pour autant Sylvestre. Menacé de mort et jeté en prison, le futur pape dit au préfet en le quittant : « Insensé, c’est toi qui, cette nuit même, commenceras à subir les supplices éternels, et seras forcé, bon gré mal gré, de reconnaître que le Dieu que nous adorons est le seul vrai Dieu ! » Le soir même, Tarquinius s’étrangla avec une arête de poisson et mourut dans la nuit. Sylvestre fut libéré ; son grand courage et sa fermeté dans la foi le firent connaitre au pape Melchiade à qui il succéda.

Le rêve de l’empereur Constantin

Lorsque Sylvestre devint pape, Constantin régnait sur l’empire romain et persécutait les chrétiens, faisant de nombreux prisonniers et forçant notamment Sylvestre à quitter la cité pour une montagne voisine. En châtiment, l’empereur fut frappé d’une terrible lèpre. Malgré les conseils et les sacrifices, Constantin ne parvenait à guérir. En ultime remède on lui proposa le sacrifice de 3 000 enfants. Ne pouvant se résoudre à verser le sang d’innocents pour sa propre guérison, Constantin fit libérer les prisonniers. La nuit même, il fut visité en songe par saint Pierre et saint Paul qui lui dirent : « Parce que tu t’es refusé à verser le sang innocent, notre Seigneur Jésus-Christ nous a envoyés à toi pour t’indiquer un moyen de recouvrer la santé ! Mande devant toi l’évêque Sylvestre qui se cache sur le mont Siratti : il te désignera une source où tu te plongeras trois fois, au bout desquelles tu seras guéri de ta lèpre. Mais toi, en échange, tu détruiras les temples des idoles, tu rouvriras les églises du Christ, et tu deviendras désormais son adorateur ! »

À son réveil, l’empereur accompagné d’une imposante escorte partit donc chercher Sylvestre. Ce dernier se croyant appelé au martyre se présenta seul devant Constantin qui, à la grande surprise de l’évêque, lui raconta son rêve. Il fut donc accepté en catéchuménat et, après sept jours, fut baptisé et guérit de sa lèpre. « Et quand Constantin fut descendu dans l’eau du baptême, une grande lumière l’environna, et il en sortit pur de toute lèpre, et dit qu’il avait vu le Christ dans les cieux ».

L’empereur fit promulguer une série de lois mémorables parmi lesquels il ordonna que le Christ serait adoré des Romains comme le vrai Dieu. Constantin fit également construire des églises comme le lui avaient demandé les deux saints pendant le songe qui précéda son baptême. Il convoqua des docteurs de la loi juive afin de les confronter aux docteurs de la loi chrétienne à la tête desquels se trouvait Sylvestre. Le fait le plus marquant de cette joute fut le miracle qu’accomplit l’évêque de Rome en ressuscitant un taureau qu’un des docteurs juifs avait tué en murmurant à son oreille.

Cette vie du 33e pape de la chrétienté entre évidement en contradiction avec les faits historique relatés par les chercheurs et les archéologues. Cette histoire, écrite au Moyen Âge, a été retranscrite dans les vitraux de l’une des plus belles cathédrales de France, Notre-Dame de Chartres. L’imagerie se trouve dans le chœur, et l’on y retrouve toutes les étapes de cette belle légende. Reste malgré tout que Sylvestre dut composer avec Constantin et que, s’il n’a pas ressuscité de taureaux ou terrassé de dragon, il aura fait bien plus en convertissant au Christ, par son témoignage de vie, le cœur de l’homme le plus puissant de son époque.

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