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Que faire quand les choses ne se passent pas comme on le voudrait ?

Renata Sedmakova / Shutterstock
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Lisez cette petite leçon du roi Achab.

Le roi Achab fit irruption dans le palais. Il jeta son manteau sur le sol, renvoya la servante et  informa avec colère son serviteur qu’il ne dinerait pas. Il monta dans sa chambre, se versa à boire, puis alla à la fenêtre pour regarder le misérable petit vignoble que le paysan voisin avait refusé de lui céder. « Tu peux faire pousser ton stupide raisin ancestral ailleurs ! » cria t-il, même s’il n’y avait personne pour l’entendre. Le paysan Naboth objet de sa colère, était reparti depuis longtemps.

Ça aurait fait un beau jardin, se dit Achab. Il aurait dit aux jardiniers d’enlever toutes les vignes et de planter des concombres, des poireaux et des radis le long d’un petit chemin. Au bord du jardin, il y aurait eu des oliviers et des figuiers. Le projet avait toute sa raison d’être, mais ce paysan obstiné semblait ne rien vouloir entendre. Ce gros têtu aurait pu avoir une vigne encore plus belle dans la vallée. « Garde ta misérable parcelle de boue! » cria Achab, jetant le verre vers le vignoble. « De toutes façons je n’en veux pas!» Puis il se coucha et s’ensevelit sous les couvertures.

Quelques minutes plus tard, la reine Jézabel entra dans la chambre et se mit au pied du lit. Achab sortit la tête des couvertures et vit sa femme qui le regardait avec une expression d’exaspération, une coiffure extravagante sur la tête. « Qu’est-ce qui ne va pas? » lui demanda t-elle.

Le roi Achab savait que s’il lui racontait l’histoire du paysan, il mettrait en branle un processus impossible à stopper. La reine Jézabel était une femme impitoyable qui pourchassait ses ennemis pour se venger… et tous ceux qui contestaient la monarchie étaient ses ennemis ! Le prophète Élie l’avait appris à ses dépends. « Le paysan voisin a refusé de me vendre sa vigne », dit Achab. Il en avait déjà trop dit. La reine Jézabel la lui arracha.

La morale de l’histoire

Une leçon évidente que l’on peut tirer de cet épisode est que l’on en vient facilement à abuser de son propre pouvoir. Le roi Achab avait une autorité presque indiscutable en Israël. S’il voulait une propriété, il lui suffisait de tuer son propriétaire pour l’obtenir. Les puissants peuvent s’habituer à obtenir ce qu’ils veulent, et devenir aveugles aux besoins, aux désirs et aux droits d’autrui. Ils peuvent faire beaucoup de mal avec le pouvoir qu’ils détiennent.

Beaucoup ont du pouvoir – les sénateurs, les enseignants, les chefs de chantier – pour n’en nommer que quelques-uns. Jésus nous dit que ceux qui ont le pouvoir et l’autorité ne devraient pas les utiliser pour servir leurs propres intérêts mais plutôt le bien commun. Le pouvoir peut être utilisé pour accomplir de grandes choses, mais il doit être exercé de façon attentive et pondérée. Les personnes au pouvoir devraient chercher conseils auprès de personnes sages et judicieuses avant de prendre des décisions importantes, et prendre sérieusement en considération des opinions contraires aux leurs.

L’histoire d’Achab nous montre aussi comment ne pas réagir quand les choses ne se passent pas comme nous le voudrions. Inutile de dire que la colère du roi Achab fut une réponse inappropriée. Malheureusement, ce genre de réaction ne nous est pas du tout étranger : nous avons tous vu des personnes (peut-être nous-mêmes) réagir de la même manière face à des déceptions similaires.

Quand nous pensons avoir une très bonne idée, nous désirons que les autres adhèrent à notre projet, mais ça n’est pas toujours le cas. Parfois, les amis, la famille ou les collègues ont des projets différents ou des désirs qui sont en conflit avec les nôtres. Ces affrontements font partie de la dynamique du « donner et recevoir » dans la vie partagée avec d’autres.

Dans ces situations, choisissons de ne pas suivre l’exemple du roi Achab. Faisons tous les efforts possibles pour éviter de nous vexer, de nous plaindre ou de nuire aux autres. Essayons en revanche d’apprécier leurs idées et leurs désirs, engageons-nous le cas échéant, et si nécessaire abandonnons nos projets. Si nous n’obtenons pas toujours ce que nous voulons, comprenons bien que Dieu nous a déjà bénis largement au delà de nos mérites.

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