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L’incroyable restauration des peintures de Delacroix à Saint-Sulpice

Eugène Delacroix, Héliodore chassé du temple (détail), après restauration, Paris, église Saint-Sulpice
Eugène Delacroix, Héliodore chassé du temple (détail), après restauration, Paris, église Saint-Sulpice
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Dans l’église parisienne, la chapelle des Saints-Anges fait peau neuve.

Dernier chantier de Delacroix, la chapelle des Saints-Anges est peinte par l’artiste entre 1849 et 1861. Elle est ornée de deux peintures murales monumentales représentant Héliodore chassé du temple et La lutte de Jacob et de l’ange, et d’une toile peinte au plafond illustrant Saint Michel terrassant le dragon. Cet ensemble qui vient d’être restauré est désormais visible à l’église Saint-Sulpice.

La commande de la chapelle des Saints-Anges

En 1849, Eugène Delacroix a 51 ans et reçoit la commande des peintures murales de la chapelle des Saints-Anges de l’église Saint-Sulpice à Paris. À cette époque, la Préfecture commande en nombre des œuvres pour les églises parisiennes. La chapelle sud de l’édifice était dédiée à l’origine aux Fonts baptismaux, puis reçut une dédicace aux Saints-Anges, un sujet iconographique plutôt rare. Delacroix retient trois sujets : saint Michel pour le plafond, Héliodore chassé du temple pour le mur Ouest et La lutte de Jacob et de l’ange pour le mur Est. Il commence par imaginer ses compositions puis réalise un dessin général sur les murs que ses assistants peignent. Il intervient ensuite pour les dernières retouches. En 1857, l’artiste déménage à proximité de l’église, dans son dernier atelier de la rue Fürstenberg (aujourd’hui le musée Delacroix). La chapelle est inaugurée quelques années plus tard, au cours de l’été 1861.

Une iconographie qui célèbre les anges

Sur le mur Est, est représentée la lutte de Jacob avec l’ange. L’Ancien Testament raconte que Jacob, fils d’Isaac est obligé de s’éloigner de sa famille après avoir usurpé le droit d’aînesse de son frère Esaü. Dans son texte pour l’invitation à l’inauguration de la chapelle, Eugène Delacroix décrit précisément la scène : « Un étranger se présente qui arrête ses pas et engage avec lui une lutte opiniâtre, laquelle ne se termine qu’au moment où Jacob, touché au nerf de la cuisse par son adversaire, se trouve réduit à l’impuissance. Cette lutte est regardée, par les livres saints, comme un emblème des épreuves que Dieu envoie quelquefois à ses élus. » Le combat s’achève par la victoire de Jacob qui demande à l’ange de le bénir.

À l’opposé, sur le mur Ouest, est figurée la scène d’Héliodore chassé du temple. Héliodore est envoyé par le roi de Syrie pour dérober le trésor du temple de Jérusalem. Alors qu’Héliodore pénètre dans le temple, un cavalier armé entouré de deux anges surgit pour le chasser. Riche en couleurs et en détails, cette peinture entre en correspondance avec son pendant la lutte de Jacob et l’ange : la colonne répond au chêne de Jacob. Enfin, le plafond est orné d’une toile peinte marouflée représentant saint Michel terrassant le démon. L’archange enfonce sa lance dans la gueule du démon, figure allégorique du mal et de Satan. Après la lutte de saint Michel contre les anges rebelles, le démon terrassé est précipité sur Terre.

Une restauration d’envergure

Dans le cadre du Plan pour le patrimoine culturel de la Ville de Paris et grâce à une souscription publique, la restauration de ces trois peintures a été menée d’octobre 2015 à novembre 2016. Pas moins de dix restaurateurs spécialisés en peinture murale ont travaillé sur ce chantier qui avait pour but de redonner de la lisibilité à ces décors et de stabiliser leur état. Les œuvres d’Eugène Delacroix sont désormais accessibles à tous dans l’église Saint-Sulpice.

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