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Agression d’un prêtre à Palaiseau : « Je ne suis pas mort au Rwanda, mais cette fois c’est mon tour ! »

©James Hardy / AltoPress / PhotoAlto
Police car
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Le père Juvénal Rutumbu, curé de la paroisse de Palaiseau (91) a été agressé vendredi soir par des cambrioleurs, qui l'ont ligoté et frappé.

Il n’y avait personne au confessionnal ce vendredi à 18 heures, excepté le père Rutumbu. Il s’était donc remis au travail, quand il entendit deux étranges paroissiens franchir la porte de son presbytère : « Je me suis dit qu’ils venaient se confesser, et je suis descendu ». Il tomba nez à nez avec deux hommes armés et cagoulés. Il pensa immédiatement à des islamistes et se dit : « Je ne suis pas mort au Rwanda, mais cette fois c’est mon tour ! ».

En 1994, alors qu’il était à Kigali, ce prêtre hutu a été retenu prisonnier des milices qui massacraient les Tutsis. Il a passé 48 jours enfermés, croyant chaque jour ne pas voir le lendemain. Cette expérience lui a certainement tanné le cuir, car il aborda les deux inconnus, aux intentions manifestement hostiles, en tentant de « palabrer ». Il reçut aussitôt un coup violent à la mâchoire. L’homme de 62 ans essaya encore de se débattre, mais il fut frappé au genou, et se dit qu’il valait peut-être mieux se montrer docile. Les deux malfaiteurs l’attachèrent avec des étoles, fermèrent les volets, éteignirent les lumières et tandis que l’un le tenait en joue, l’autre fouillait les pièces.

Entre tes mains je remets mon esprit

L’un des hommes l’interpella : « Nous sommes Syriens, nous sommes pauvres, toi tu as de l’argent, dis-nous où il est caché ! » Le prêtre ne pensa pas qu’ils soient vraiment Syriens et il répondit qu’il n’avait pas grand chose. Mais la question le rassura : ils n’en voulaient pas à sa vie. Ils finirent par trouver 150 euros dans son sac, la recette de ventes d’exemplaires de son livre Demeurer en lui malgré tout. « Pendant que j’étais ligoté avec les deux qui s’agitaient autour, le titre de mon livre me tournait dans la tête », se souvient-il.

Laissé au sol, ligoté dans le noir, le prêtre commença à se débattre en espérant que les cambrioleurs furent bien partis. « Cela m’a semblé une éternité », se souvient-il. Il récitait des prières, disant : Seigneur, entre tes mains, je remets mon esprit… « Mais quand même j’aurais aimé m’en sortir ! On a beau connaître des épreuves, et s’endurcir, on est fait pour vivre ! ». Il parvint finalement à se libérer, et à avertir la police avec l’aide de ses voisins. Selon les policiers, le cambriolage a duré 10 minutes : un mode opératoire classique. Pour le père Rutumbu, cela a paru bien plus long, mais il n’a rien perdu de sa jovialité et de son sens de l’humour, même s’il concède une « nuit difficile » après ces événements.

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