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Vivre l’Avent avec le père Jacques Hamel

© Antoine Mekary / ALETEIA
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Le père Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet 2016 près de Rouen par des jihadistes, peut nous aider à vivre ce temps de l'Avent.

Le père Jacques Hamel a été assassiné par des jihadistes à Saint-Étienne du Rouvray, près de Rouen, le 26 juillet 2016. L’universitaire belge Jan De Volder, bouleversé par l’annonce de cet attentat, est parti enquêter pour recueillir des témoignages sur le père Hamel.

C’était un prêtre normal, qui a vécu sa mission jusqu’à ses 85 ans, de façon humble et discrète. C’était un saint prêtre, qui a traversé l’histoire de l’Église et de la France. L’Église n’a pas voulu se venger suite à la mort du père Hamel, au contraire : comme Jean Paul II l’avait fait après les attentats du 11 septembre, le pape François a souhaité prier avec des musulmans après que le père Hamel ait été assassiné.

Jan de Volder commence par décrire en détails la journée du 26 juillet. Il raconte comment le père Hamel a célébré la messe devant une toute petite assemblée car c’était un office de semaine, pendant les vacances de surcroît. Il y avait un couple âgé et quelques religieuses. Juste à la fin de la messe, deux jihadistes sont entrés et ont poignardé à mort le père Hamel. S’en est suivi avec les personnes présentes dans l’Église un dialogue assez étrange : les jihadistes pensaient avoir agi d’une façon juste selon leur religion. En sortant de l’Église, ils sont tués par la police.

De sa vie nous pouvons retirer quelques enseignements à méditer pendant cette période de l’Avent.

1. Toujours respecter la vie

Le père Hamel n’a pas eu une enfance facile, car ses parents ne s’entendaient pas bien. Dès sa plus tendre enfance, il a émis le souhait de devenir prêtre et il est entré au petit séminaire à l’âge de 14 ans. Il a ensuite effectué son service militaire alors qu’éclatait la guerre d’Algérie. Il aurait pu devenir officier mais il a préféré rester simple soldat : « Je ne veux pas donner l’ordre à des hommes de tuer d’autres hommes », expliquait-il à sa petite sœur Roseline.

2. Accepter de vivre dans une certaine pauvreté

C’est dans la cathédrale de Rouen, en 1958, que le père Hamel a été ordonné prêtre avant d’être nommé sur la rive gauche de la ville. Ses relations avec les paroissiens n’étaient pas toujours faciles en raison de sa grande timidité. Lors des grandes réformes du Concile Vatican II, le père Hamel a suivi avec assuidité les grands bouleversements liturgiques puis il s’est ensuite adapté, naturellement, à ces nouvelles normes. Dans sa vie personnelle, il cultivait la sobriété : il avait une vieille voiture et ne s’achetait pas souvent de vêtements.

3. Être fidèle à l’Eucharistie

Le père Jacques Hamel faisait très attention à la liturgie pendant la messe : « L’Eucharistie est le sommet de sa vie de prêtre : il célèbre la liturgie avec beaucoup de soin et chante avec sa très belle voix. Pour lui, il est important que l’assemblée participe en chantant ».

4. Aller aux périphéries

Au cours de sa vie de prêtre, le père Hamel a servi dans différentes paroisses aux périphéries de la ville de Rouen, et souvent dans des villes où il y avait des ouvriers, des immigrés et des pauvres. Ces lieux étaient souvent des déserts religieux, très déchristianisés. Toujours très attentif aux plus exclus et aux plus pauvres, le père Hamel acceptait d’aller là où d’autres refusaient. Sa nièce Angélique se rappelle : « Tout le monde venait frapper à sa porte, des pauvres de tout genre, des sans domicile fixe, des gens qui sortaient de prison ».

5. Rencontrer des personnes d’autres religions

Le père Hamel était très impressionné par le pape Jean Paul II et il avait été touché lorsque ce dernier avait réuni les responsables des grandes religions à Assise. De même que le Pape, le père Hamel s’est beaucoup intéressé au dialogue inter-religieux, et on le comprend au regard du nombre important de musulmans dans la périphérie de Rouen.

6. Passer du temps avec les plus petits, les enfants et les malades

Le père Hamel appréciait la compagnie des enfants et il leur racontait de nombreuses histoires lors des cours de catéchisme. Il s’intéressait également aux malades et aux plus démunis et fut d’autant plus heureux de l’élection du pape François, proche des pauvres.

7. Entreprendre des petits actes d’humilité

Un catholique de la région de Verdun a témoigné par écrit après sa mort : « Mon épouse et moi avons bien connu le père Hamel. Il a été notre curé quand nous habitions dans la banlieue de Rouen. C’était un homme de paix, un homme très bon, humble. Oh, il n’était pas un brillant orateur ou un grand théologien ! Non, jamais il n’a recherché la lumière. C’était un curé de terrain qui labourait patiemment et fidèlement son territoire. Toute sa vie de pasteur, il l’a passé dans les paroisses ouvrières de la région de Rouen, au côté des petites gens. […] Ce curé, nous l’aimions, sa bonté et son humilité nous touchaient, son visage reposant exprimait l’amour et la tendresse ».

 

Martyr : vie et mort du ère Jacques Hamel, 1930-2016 de Jan de Volder. Éditions Santegidio / éditions du Cerf, 2016. 124 pages. 9 euros.

 

 

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