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Les journalistes sont-ils neutres ?

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Pope Francis flanked by Vatican spokesman Greg Burke (R), gestures as he talks with journalists aboard a plane during the flight back from Malmo to Rome, on November 1, 2016, after a two-days visit in Sweden. / AFP PHOTO / POOL / ETTORE FERRARI
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Pour le pape François, la presse à scandale nourrit les tendances coprophages du public.

« Les médias ont leurs propres tentations, ils peuvent être tentés par la calomnie, le mensonge, et donc être utilisés pour salir les gens », a dénoncé le pape François dans une nouvelle mise en garde aux médias contre « la désinformation » et la chasse aux « pires nouvelles » pour nourrir la presse à scandale. Dans un entretien publié le 7 novembre dernier par l’hebdomadaire catholique belge (flamand) Tertio, le Saint-Père, dont on connaît un goût prononcé pour les images fortes, n’hésite pas à qualifier de « coprophiles » les journalistes qui se prêtent à ce genre de presse, et de « coprophages » ceux qui la lisent.

Les quatre tentations du journaliste

Au cours de l’entretien, réalisé dans le cadre de la clôture de l’Année jubilaire sur la miséricorde, le souverain pontife est revenu sur des questions comme : la laïcité et le laïcisme, le fondamentalisme, les jeunes, l’Europe, et la collégialité dans l’Église. Mais sa réponse sur sa vision des médias aujourd’hui, claque comme un coup de semonce contre les quatre grandes tentations du journaliste : « calomnier, faire remonter le passé, désinformer, abreuver les gens des pires nouvelles ».

Les paroles du Pape : « Les moyens de communication ont une très grande responsabilité. Ils ont dans leurs mains la possibilité et la capacité de former une opinion : en former une bonne ou une mauvaise ! Les médias sont des artisans de la société. C’est leur rôle : construire, échanger, fraterniser, faire penser, éduquer. En soi, ils sont positifs. Mais, bien entendu, ils sont des pécheurs comme nous tous – nous qui les utilisons et moi-même en ce moment qui en utilise un – et peuvent devenir nuisibles. Les moyens de communication ont leurs tentations. Ils peuvent être tentés par la calomnie, et donc utilisés pour calomnier, pour salir les gens, surtout dans le monde politique. Ils peuvent être utilisés comme outils de diffamation : toute personne a droit à une bonne réputation, mais il peut arriver dans la vie que quelqu’un, dans sa vie passé, ou il y a dix ans, a eu un problème avec la justice, ou un problème dans son foyer, et ramener cette histoire au grand jour, aujourd’hui, est grave, on nuit à cette personne, on l’annule ! Calomnier c’est dire un mensonge sur une personne  (…) C’est un péché et cela fait mal.  Et puis il y a la désinformation qui nuit beaucoup aussi : c’est-à-dire devant n’importe quelle situation, ne dire qu’une partie de la vérité et pas l’autre. C’est désinformer. Car, en ne donnant que la moitié de la vérité à l’auditeur ou au téléspectateur, ce dernier ne peut porter de jugements sérieux. La désinformation est probablement le pire des maux qu’un média puisse faire, parce qu’il oriente l’opinion dans une direction, négligeant l’autre partie de la vérité. Et puis je crois que les médias doivent être limpides, vraiment transparents, et ne pas tomber – ne le prenez pas mal, s’il vous plaît – dans la coprophilie, une maladie qui revient à communiquer les pires choses, même si elles ne sont pas vraies. Et comme les personnes ont des tendances à la coprophagie, cela peut faire beaucoup de mal (…) ».

Mission sociale du journaliste

Le Pape s’est toujours insurgé contre l’incohérence qu’il peut y avoir entre la vie, le travail et les paroles utilisées à l’antenne ou dans les colonnes des journaux. Face à 400 journalistes de l’Ordre des journalistes italiens, reçus le 22 septembre au Vatican, il était monté au créneau en jugeant «  inadmissible » certains comportements des médias dont la mission première, avait-il rappelé est « d’élever la dimension sociale de l’homme ». Rappelez-vous, leur a dit le Pape, que « derrière les faits, il y a toujours des hommes et des émotions », et que même si « la critique ou la dénonciation est légitime « , elle ne doit jamais perdre de vue « la dignité » des personnes. Dans un monde où les débats politiques et les conflits » sont rarement le fait de dynamiques très claires », et où le métier de journaliste est parmi les « plus influents « , le journaliste, avait-il beaucoup insisté, est appelé à « travailler avec honnêteté et conscience », honnêteté  « envers les autres et envers lui-même », avait-t-il exhorté, car « aucune relation ne peut tenir et durer dans le temps si elle s’appuie sur la malhonnêteté ».

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