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1917 : l’année où le monde bascula

Manifestation des ouvriers de Poutilov dans les premiers jours de la révolution de Février © Wikipedia
Manifestation des ouvriers de Poutilov dans les premiers jours de la révolution de Février © Wikipedia
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À l’occasion du centenaire d’une année charnière pour l’Europe et pour le monde, voici un album richement illustré et puissamment évocateur.

Le 10 mars 1917 (25 février selon le calendrier julien en vigueur dans le monde orthodoxe), les grèves et manifestations qui secouent depuis plusieurs semaines la capitale russe Petrograd (Saint-Pétersbourg) s’enveniment. Les émeutiers s’attaquent aux bâtiments officiels et prennent d’assaut la forteresse Pierre-et-Paul. Le 11, la police tire sur les manifestants mais des unités de l’armée se solidarisent avec les émeutiers. Le 15, le tsar abdique. Un mois plus tard (16 avril) Lénine rentre en Russie, exfiltré par l’ennemi allemand qui croit agir au mieux de ses intérêts…Sept mois encore, et le fragile gouvernement du socialiste Kerenski est balayé par les bolcheviques qui, quoique minoritaires malgré leur nom (« bolchevik » signifie « majoritaire »), ont pour eux la détermination, la ruse, l’absence totale de scrupule et la violence sans limite (coup d’État du 25 octobre 1917). La face de l’Europe et le cours du monde en seront bouleversés de fond en comble.

Les exhortations du Pape à la paix rejetées en bloc

La révolution russe n’aurait pas été possible sans la Grande guerre. En 1917, celle-ci aurait pu se terminer si les Alliés et notamment les Français avaient saisi la proposition de paix séparée de l’Autriche-Hongrie. Ainsi, le communisme, le nazisme et la seconde guerre mondiale auraient pu être évités ! Mais la haine contre l’Empire austro-hongrois et sa monarchie catholique l’emportèrent sur toute autre considération. De même, les exhortations du pape Benoît XV aux nations d’Europe à cesser ce « suicide » collectif furent rejetées en bloc par les Alliés et le firent qualifier de « pape boche » en France. Cette même année, à Fatima, du 13 mai au 13 octobre, la Vierge apparaissait à trois petits bergers pour exhorter les chrétiens à la prière, à la pénitence, et demander au Pape la consécration de la Russie  et du monde au Cœur immaculé de Marie.

D’autres événements qui devaient s’avérer cruciaux sont répertoriés et synthétisés dans cet album richement illustré : l’entrée en guerre des États-Unis qui changera le rapport des forces, inaugurant leur leadership sur le monde ; le début du long combat de Gandhi qui aboutira, au lendemain de la seconde guerre mondiale, à l’indépendance de l’Inde (15 août 1947) ; ou encore la déclaration Balfour, germe de la naissance de l’État d’Israël (14 mai 1948) … et des révoltes arabes dont nous n’avons pas fini de voir les conséquences.

Des personnalités d’avenir pour le meilleur ou pour le pire

Des focus mettent en scène des personnalités politiques occupant déjà des postes clés ou s’y préparant  à travers les épreuves de la guerre (Churchill, Roosevelt, Staline, Hitler, Mussolini, de Gaulle), des chercheurs (Marie Curie, Einstein, Freud) ou des écrivains et des artistes (Proust, Céline, Picasso…). D’autres paragraphes, plus anecdotiques, rappellent la naissance d’un mouvement artistique (le « dadaïsme ») ou… de la première coupe du monde de football.

Directeur adjoint de la rédaction du Figaro Magazine, Jean-Christophe Buisson sait aller à l’essentiel pour l’évoquer en quelques lignes sobres et percutantes.  Cet album du centenaire d’une année qui sonna le glas des Empires, disloqua et acheva de saigner l’Europe, engendra les monstres totalitaires communistes et nazis, et inaugura la suprématie américaine et la mondialisation, se dévore comme un roman !

1917. L’Année qui a changé le monde, de Jean-Christophe Buisson, Perrin, 320 p., 24,90 euros.

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