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L’érotisme fécond

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Lou Gabriel - Publié le 25/11/16

Éros qui es-tu et pourquoi existes-tu ?

C’est l’histoire d’Éros, le désir, né de Poros, la richesse, et de Pénia, le dénuement. Il est le dieu de l’amour, de l’émulation liée à l’action belle, que Phèdre oppose à la honte liée à l’action laide. Celui qui aime aura davantage honte aux yeux de l’être aimé que face à qui que ce soit d’autre, preuve que l’amour est lié au beau et l’être aimé aussi. Motivé par la beauté et la valeur de son objet, l’amour considère qu’il vaut la peine d’être aimé. Cela nécessite un effort pour répondre à cette aspiration. L’aimé et l’aimant acquièrent une bonté et une beauté, l’un en les recevant de l’autre et l’autre en se réjouissant de les avoir donnés. C’est l’exigence du don.

Pour protéger tout cela, la nature lui a donné un frère, Antéros, qui incarne l’amour réciproque et punit ceux qui se moquent de l’amour.

La frontière érotique

Aujourd’hui on nous parle d’érotisme, on le montre, on le fantasme, sans plus savoir d’où il vient et à quoi il sert véritablement. N’est-ce pas ironique de penser qu’en fait d’objet érotique, d’érotisme où la seule jouissance sensuelle compte, l’érotisation de soi-même ou de l’autre, il n’est rien de plus contraire à l’Éros et cela peut même aller jusqu’à le tuer ? On pourrait même dire : plus le plaisir érotique prend de la place, moins l’Éros est là, car plus la personne sera dégradée dans son désir d’amour.

Ce qui nous fait basculer dans l’érotisme et qui le distingue de l’Éros, lié à l’amour, c’est l’acte. Se donner ou jouir ? Recevoir et répondre ou prendre ? Quand les corps des époux se donnent l’un à l’autre pour le plaisir seulement, ils sont dans la jouissance érotique. Quand dans leur union ils se donnent de manière généreuse et totale, échangent leur désir de bien et de beau, ils sont dans le plaisir d’Éros qui est la joie du don mutuel. Bien plus, ils se reconnaissent bien et beau l’un l’autre, richesse dans cette correspondance des chairs qui se complètent et se subliment au contact de l’autre.

« Dieu est Amour », l’éros est humain

Le christianisme est la religion du corps et elle nous rappelle qu’en tant qu’êtres incarnés, charnels, nous devons faire le bien avec notre corps : nous sommes capables de faire le bien et de l’atteindre par lui. La notion d’ « éros » est la voie de l’homme vers Dieu et complète l’ « agapè » qui est la voie de Dieu vers l’homme. Pour cette raison, la traduction grecque du Cantiques des cantiques utilise le mot agapè pour placer l’union des corps dans cette dimension de la grâce et évoquer l’acte sacré de l’amour conjugal dans le plan de Dieu. Mais l’éros est humain, et il s’agit de comprendre pourquoi notre corps est fait et en quoi il est une richesse. Quand la femme se donne à son époux, elle ne répond pas à un devoir, une pression du désir masculin, elle offre son corps à celui qui peut et veut lui donner son énergie masculine, la certitude de son amour et son être singulier dans les composantes qui sont les siennes. Quand lui se donne, il reçoit la spécificité d’accueil de son épouse, par sa sensibilité, son désir ascendant, le rythme de son corps, la réponse à son initiative et l’accès à une sexualité intérieure. Elle et lui s’enrichissent et offrent à l’autre la possibilité de ne plus être incomplet. Atteindre l’éros n’est donc pas œuvre de l’esprit ou de l’âme, mais du corps. Et pour que les époux deviennent davantage eux-mêmes dans le mariage, cette dimension incarnée doit être bien comprise et bien vécue.

Si l’on veut mettre à bas l’érotisme laid, appelons « œuvre érotique » la réussite du don mutuel. Pour y parvenir, les actes et les paroles qui précèdent et qui suivent l’union des corps doivent être dans sa continuité. Les gestes, les mots, les désirs, même les plus simples, participent à la préparation d’une union sexuelle totale. Ce sont ceux qui éveillent, le désir de l’autre et sa personne toute entière, ceux qui traduisent le don de soi, ceux qui pardonnent (nécessaire au véritable don) et qui disent à l’autre : « Tu es mon bien et je te cherche ».

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