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Philippines : dangereux virage pour l’Église

© JAY DIRECTO / AFP
Archbishop Socrates Villegas, president of the Catholic Bishops Conference of the Philippines gestures as he answers questions during a press briefing in Manila on July 13, 2015. The leader of the Roman Catholic bishops in the Philippines on July 13, led the clergy in praying for divine protection for the Philippines in its increasingly-tense maritime dispute with China. AFP PHOTO / Jay DIRECTO / AFP PHOTO / JAY DIRECTO
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Railleries, dénigrement collectif… tous les moyens sont bons pour "persécuter l’Église et chercher à la faire taire".

« La persécution ne se limite pas à la violence. Un autre type de persécution existe, c’est celle de vouloir museler la voix de l’Église, en lui demandant de se taire et de ne pas s’impliquer dans les questions politiques, économiques et culturelles », a dénoncé Mgr Socrates Villegas, président de la Conférence des évêques catholiques des Philippines (CBCP), lors d’une conférence de presse, à l’occasion de l’ouverture d’un bureau de l’Aide à l’Église en Détresse (AED), à Manille.

Aux Philippines, majoritairement catholique (85 %), l’Église est habituée à peser sur les orientations politiques et sociales au sein de la société philippine, mais depuis l’arrivée au pouvoir de Rodrigo Duterte, en mai dernier, rapporte Églises d’Asie, elle a de plus en plus de mal « à se faire entendre et à faire respecter ses points de vue éthiques et sociaux dans la sphère publique » : chaque prise de position est objet de raillerie et d’encouragements au « dénigrement collectif » sur les réseaux sociaux . « À chaque fois que nous appelons à respecter la vie et la dignité humaine, nous sommes perçus comme des ennemis et devenons la cible de trolls [polémiques sur forum de discussion, un blog ou un réseau social], a confirmé Mgr Villegas.

Anticlérical affirmé, Rodrigo Duterte ne cache pas sa volonté de rétablir la peine de mort abolie en 2006, et il encourage les exécutions extrajudiciaires pour justifier sa guerre contre le trafic de stupéfiants, « une politique qui a  déjà fait plus de 3 500 morts depuis juin 2016 », souligne l’agence d’informations des missions étrangères de Paris. Sans compter son volte-face sur une de ses promesses électorales concernant le nucléaire, en se disant désormais favorable à la reprise du nucléaire civil, qui a suscité de fortes protestations de la part de l’Église, selon une dépêche de l’agence Fides.

Rappelant qu’il « n’est pas dans la nature de l’Église de rester silencieuse, car elle a un devoir d’implication et d’annonce dans le monde », Mgr Villegas a invité tous les membres de l’Église à « rester solidaires » en continuant de donner publiquement son point de vue sur les questions débattues au sein de la société civile, et ce « malgré les formes de répressions qu’elle peut susciter ou subir ».

Pour en savoir plus cliquer sur Églises d’Asie

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