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Mexique : un prêtre torturé mais vivant

© EDUARDO MURILLO / AFP
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Le père Sánchez Ruiz est le troisième prêtre à avoir été enlevé à Veracruz, depuis le mois de septembre.

Le père Sánchez Ruiz est le troisième prêtre à avoir été enlevé à Veracruz, depuis le mois de septembre. Les deux autres sont morts, lui a été retrouvé vivant mais il a été torturé.

Le père José Luis Sánchez Ruiz était retrouvé ce dimanche 13 novembre, portant les stigmates des tortures infligées par ses ravisseurs. Le prêtre de 54 ans, curé de l’église « des douze apôtres » de Camatecoavait été enlevé vendredi 11. Ses paroissiens, avertis par le sort d’autres prêtres enlevés partout au Mexique, ont réagi violemment, ce qui a conduit probablement à sa libération. Outre deux prêtres retrouvés assassinés dans l’État de Veracruz au moment même de la disparition du père Sánchez Ruiz, quatre autres prêtres manquaient à l’appel au Mexique, deux à Ixhuatlán de Madero, dans la Sierra de Zongolica, et deux autres à Poza Rica. Au total, 31 prêtres mexicains ont été tués depuis 2006.

Manifestations brutales

Confrontés à la violence des gangs et des cartels, révoltés par la corruption d’une partie des autorités, les paroissiens ne se sont pas contenté de manifester avec des chansons et des bougies. La ville de Catameco est connue pour être exubérante, c’est la patrie des sorcières et des guérisseurs, qui mélangent allégrement traditions préhispaniques et rites catholiques. Elle ne s’en est pas moins levée unanimement pour réclamer le retour de leur curé, les rues ont été secouées de manifestations pendant trois jours. Des habitants en colère brûlant une partie de l’Hôtel de ville, ainsi que le véhicule d’une patrouille de police. 

Menacé à cause de son activisme

Le porte-parole du diocèse, le père Aaron Reyes, a expliqué à la chaîne de télévision Mileno que Sanchez Ruiz avait reçu des menaces, en particulier sur WhatsApp et Facebook. Il avait publiquement critiqué le système de corruption, et le problème des crimes dans sa ville. « Il était inquiet, mais rien ne l’arrêtait », assure Aaron Reyes. Il donnait les noms des responsables de l’insécurité, de ceux qui volaient leur communauté et qui généraient de la pauvreté, participant aux manifestations des résidents. Ses paroissiens n’ont pas manqué de faire le rapprochement entre ses prises de positions courageuses et son enlèvement. Selon Aaron Reyes, le prêtre torturé devrait reprendre son sacerdoce là où il l’avait laissé, aussitôt après sa convalescence. 

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