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Et le tombeau s’ouvrit

© GALI TIBBON / AFP
A Franciscan friar looks at the exposed the Tomb of Jesus, where his body is believed to have been laid, as part of conservation work done by a team of Greek team of preservation experts in Jerusalem on late on October 28, 2016. The experts from the National Technical University of Athens for cultural heritage preservation removed the marble slab stone that covered the original tomb since the last restoration of the edicule on 1810 by Greek architect Nikolaos Komnenos. The Church of the Holy Sepulchre in Jerusalemís Old City is traditionally believed to be the site of Jesusís burial and attracts every year millions of pilgrims from all over the world. / AFP PHOTO / GALI TIBBON
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Les 26, 27 et 28 octobre 2016, la pierre originale sur laquelle Jésus est ressuscité a été vue et touchée. Une première depuis 1810.

Cela s’est produit dans la basilique du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Ce lieu saint, le plus saint sur terre, a vu sa construction initiée par l’empereur Constantin en 326 de notre ère, après que son illustre mère sainte Hélène a retrouvé la vraie Croix, dans une carrière en contrebas du Golgotha. La basilique recouvre :

  • Le Calvaire (la colline sur laquelle Jésus a été crucifié), dont on peut toucher la roche,
  • Le tombeau du Christ et son lit funéraire,
  • D’autres tombeaux juifs (notamment celui de Nicodème),
  • La carrière dans laquelle la vraie Croix a été retrouvée.
  • Sans compter des reliques telles que la colonne à laquelle Jésus était attaché lors de la Flagellation (qui se trouve dans la chapelle catholique), ou encore les « graffitis » des croisés, de jolies petites croix gravées sur les murs, datant des premières croisades.

Le tombeau du Christ est protégé par l’Édicule, actuellement en travaux de rénovation, une petite structure composée de deux pièces :

  • La chapelle de l’ange, dans laquelle trône un petit autel reliquaire de la pierre qui scellait le tombeau de Jésus,
  • Et la tombe elle-même, dans laquelle on peut s’agenouiller, embrasser, et prier sur le lit funéraire de Notre Sauveur. Plus que cela, les visiteurs ont aussi l’habitude de poser sur ce lit funéraire leurs chapelets, scapulaires, ou tout autre objet qu’ils souhaitent voir bénits (ce qui se fait également sur le Calvaire et sur la pierre sur laquelle Jésus a été préparé pour sa mise au tombeau).

Cependant, ce lit funéraire est entièrement protégé depuis au moins 1555 par une plaque de marbre, car déjà à l’époque l’Édicule montrait des signes de fatigue. Au cours de l’excavation est apparue une autre dalle, celle-là en marbre gris, fissurée. Elle fait toute la longueur de celle qui la couvrait mais la moitié de sa largeur. Le reste semble avoir été cassé. On suppose qu’il pourrait s’agir de la dalle posée par les croisés. Aucune certitude, les scientifiques livreront leurs conclusions en temps voulu.

Là où le marbre gris est manquant, apparaît la pierre originelle, le lit funéraire de Jésus taillé à même la pierre de Jérusalem. Dans la pierre, on voit les canaux creusés, pour l’écoulement des fluides disent les uns, pour un rituel byzantin qui consiste à sanctifier de l’huile, échafaudent d’autres. La façon dont la pierre est taillée pourrait donner aux spécialistes une idée de l’orientation du corps. Tête tournée vers l’ouest ou vers l’est ? « Les techniques que nous utilisons pour consigner ce monument unique permettront au monde d’étudier nos découvertes comme si les gens se trouvaient eux-mêmes dans la tombe du Christ » déclare Antonia Moropoulou, architecte à l’université nationale technique d’Athènes.

Une partie de la tombe reste exposée

Les personnes ayant assisté à cet événement la semaine dernière, religieux de Jérusalem et archéologues, sont donc les seules personnes de notre temps à avoir vu et touché la pierre originale, celle à partir de laquelle le christianisme à commencé : « Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu » (1 Corinthiens 15, 14).

Les représentants des communautés chrétiennes qui gouvernent l’église ont autorisé l’équipe d’archéologues à travailler soixante heures uniquement pour excaver le sanctuaire intérieur, explique Fredrik Hiebert, archéologue à la National Geographic Society. Les experts ont oeuvré nuit et jour pour atteindre le cœur de la tombe et l’analyser. « Nous fermerons le tombeau dès que nous aurons fait un rapport », a indiqué Antonia Moropoulou, qui supervise la rénovation. L’équipe de restauration veut sceller hermétiquement le cœur de la tombe avant d’injecter du mortier pour renforcer certaines parties du tombeau, afin que le matériau ne suinte pas au cœur de la pierre sacrée.

Une partie de la tombe originale restera exposée. Les experts ont découpé jeudi une fenêtre rectangulaire dans les murs de marbre de l’Édicule, de manière à ce que les pèlerins puissent jeter un coup d’œil, pour la première fois, sur une partie du mur en calcaire qui forme le tombeau de Jésus.

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