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Burkina Faso : Le géant américain Monsanto débouté du pays

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"Le mensonge bout mais ne sera jamais cuit, le mensonge prend des années pour courir mais la vérité le rattrape en un jour."

S’il est une information qui défraie la chronique en ce moment dans le monde des agriculteurs en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier, c’est bien le divorce entre les producteurs de coton burkinabè et Monsanto, le géant américain des biotechnologies agricoles.

En effet, au début de la campagne agricole de cette année, les agriculteurs burkinabè ont décidé d’en finir avec les semences OGM de Monsanto, lesquelles avaient suscité enthousiasme et espoirs. Le succès en fin de saison a été éclatant. Non seulement leur récolte a été bonne, mais encore le produit s’est révélé d’excellente qualité. Bien plus, il se vend beaucoup plus cher que leur produit OGM qu’ils mettaient sur le marché mondial depuis le mariage entre le Burkina et Monsanto en 2009.

C’était à cette date que les dirigeants burkinabè, poussés par des promesses extraordinaires, avaient entraîné leurs concitoyens agriculteurs à utiliser les semences OGM de la firme américaine. Cette dernière clamait partout qu’elle allait changer la vie des agriculteurs, car ses semences demandaient peu d’efforts, fourniraient beaucoup et surtout donneraient plus de profits. Mais très vite, les agriculteurs ont déchanté au regard des résultats en-deçà de leurs attentes : en plus du fait que le rendement était très faible, le coton issu des semences OGM de Monsanto se vendait très mal sur le marché international.

La marche arrière des agriculteurs

Dès lors, le divorce a fini par être consommé. Les agriculteurs burkinabé, avec courage, ont opté de faire une marche en arrière qui s’est avérée salutaire, du moment qu’ils ont renoué avec le succès. Il leur reste maintenant à reconquérir la première place qu’ils occupaient jadis sur le marché mondial du coton. Mais certains n’entendent pas se contenter de leur bonne récolte, ils réclament, ainsi que l’État, des dédommagements pour les torts subis.

50 milliards de francs CFA, soit l’équivalent de 74 millions d’euros, c’est la somme qu’ils réclament au semencier américain. Mais, pour l’instant, c’est un silence de tombeau qui règne du côté du géant américain des biotechnologies agricoles qui a vite fait de plier bagages. Les plaignants seront-ils entendus ? Comme quoi l’adage des ancêtres est vrai : le mensonge bout mais ne sera jamais cuit, le mensonge prend des années pour courir mais la vérité le rattrape en un jour.

Les « cotonculteurs » d’un des pays les pauvres de la planète qui déboutent une multinationale du pays, gendarme du monde, c’est la victoire de David contre Goliath. Un clin d’œil à l’égard des politiques d’une part et des multinationales d’autres parts. Le message est là : aux politiques d’avoir le courage d’interdire les produits suspects ; aux multinationales de revoir leur copie, surtout de savoir que les pauvres découvrent de plus en plus que lorsqu’ils arrêteront de consommer, elles cesseront de produire. Ce qui est sûr, les agricultures aussi bien que les consommateurs semblent enfin se détourner de tout ce qui touche aux OGM, aux pesticides et aux herbicides.

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