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En images. Une ode au vieux Damas

© Nadine Sayegh Zelhof
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Flânerie dans la rue Droite, entre les ateliers de cuivre, les tapis, les mosaïques et les effluves de jasmin.

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Le 15 octobre 2016, comme tous les jours depuis vingt ans, Talal longe la rue Droite pour arriver à son atelier de cuivre qu’il a hérité de son arrière-grand-père il y a bien longtemps. « Mais avec le temps ce genre de travail n’est plus intéressant, on le garde plus par affection et nostalgie que pour sa rentabilité », nous confie-t-il. Car depuis cinq ans et demi, le prix du cuivre importé ne fait qu’augmenter. On y trouve du cuivre jaune ou rouge, utile pour les ustensiles de cuisine, essentiellement. Quant au cuivre « vert », patiné, destiné à la décoration, au look rustique, il se fait aussi rare que les touristes !

Un peu plus bas, en suivant les senteurs du cumin, des épices et du laurier, on arrive dans le quartier de Bzourieh, réputé pour être le plus ancien marché de Syrie, riche en monuments historiques tels que la Mosquée des Omeyyades, le palais Azem, et ses nombreux caravansérails, car, il y a plus de soixante ans, producteurs et consommateurs venaient de tous les coins du pays pour acheter ou vendre tout type de produit et donc avaient besoin d’être logés. De nos jours, ces lieux sont devenus de grands espaces ouverts aux passants pour faire une pause et savourer un bon thé à la menthe ou un café « turc » à la cardamome ; et pour y loger, nombreuses sont les maisons arabes qui ont été transformées en hôtel pour accueillir les touristes. Et en pleine guerre, cinq hôtels sont restés ouverts et d’autres ont rouverts, comptant sur le tourisme intérieur, régional, ou même sur les correspondants étrangers de passage ou le personnel des ONG.

En descendant plus bas, vers Bab Charqui, on tombe sur les marchands de tapis et de mosaïques. Les beaux tapis d’antan sont gardés cachés pour de meilleurs jours car les importations d’Iran sont limitées et les prix sont en dents de scie. Alors notre marchand Bilal se contente de repriser ceux qu’on lui donne : « Chaque tapis est une pièce rare, une œuvre d’art, il faut savoir le conserver. Alors j’achète de la laine, je lui donne la couleur que je veux, et ça fait quatre ans que je vis de ça. Il faut à tout prix garder ce métier et essayer de le transmettre à nos enfants, mais comment les convaincre ? ». Quant à la mosaïque, son sort a été différent. Les ateliers qui pouvaient les façonner de A à Z n’existent plus. Ils sont situés dans des zones à risque. Alors les fournisseurs ont réparti leur travail sur différentes zones de la ville. Chacune se spécialise dans une étape : le choix du motif, l’assemblage des baguettes, la colle et le coloriage, l’habillage intérieur en toile, et enfin la finition qui se fait dans la rue Droite. Et la demande est croissante grâce aux commandes passées du Liban ou de la Jordanie, entre autres.

En sortant de la rue Droite, à quelques mètres de là, on tombe sur le plus vieil outil du monde : « Le métier à tisser existe depuis que l’homme a abandonné les feuilles d’arbre pour se couvrir, et qu’il s’est tourné vers le tissu. On est passé du tissu fabriqué intégralement à la main, au tissu semi-industriel, puis industriel » nous confie Hassan, l’un des cinq derniers survivants de ce métier en Syrie. « Mais rien ne vaut une serviette 100% coton faite à la main. D’ailleurs plus elle prend de l’âge, mieux elle se porte! » affirme-t-il tout souriant. « Les points du tissage sont propres à chaque région. Tout un chacun à la maison en a besoin : pour les habits, les rideaux, les draps, les serviettes de toutes tailles, les tapis… c’est pour cela que 80% des familles syriennes pratiquaient le tissage, essentiellement les femmes. Mais malheureusement, c’est un objet qui est en voie de disparition. Les gens ont plus recours aux produits industriels que manuels. Aussi, de nos jours, je transmets le savoir-faire à mes enfants pour le plaisir et non pour en faire un métier d’avenir. »

Alors que la journée se termine, vous pouvez tomber sur un orchestre folklorique où un derviche tourneur anime, en pleine rue, les fiançailles d’un jeune couple syrien.

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