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Pape François : « Martin Luther ? Il a mis la Bible dans les mains du peuple »

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À la veille de son voyage à Lund, le pape François a accordé une interview à la revue "Signum" des jésuites suédois.

« Un seul mot me vient aux lèvres : me rapprocher. Voilà mes attentes et mon espoir : me rapprocher davantage de mes frères et sœurs. La proximité fait du bien à tout le monde. Au contraire, la distance rend malade », répond d’emblée le pape François à la question du père Ulf Jonsson, directeur de la revue des jésuites en Suède Signum, à la veille de son voyage en Suède, pour les 500 ans de la Réforme de Luther. Le texte de l’interview du Saint-Père est diffusé par la revue italienne de la Compagnie de Jésus, La Civiltà Cattolica.

Le Pape se souvient de la première fois où il est entré dans une église luthérienne à Buenos Aires, en Argentine, à l’âge de 17 ans. Puis de sa rencontre avec un professeur de la faculté de théologie protestante. À cette époque, dit-il, il enseignait la « Théologie spirituelle » au Collège San Miguel. « Je me souviens que mon âme traversait un moment particulièrement difficile. J’avais une grande confiance en lui et je lui ai ouvert mon cœur. Il m’a beaucoup aidé à ce moment-là ».

Réforme et Écritures

À la question sur ce que l’Église catholique pourrait apprendre de la tradition protestante, le Pape répond : « Deux mots me viennent à l’esprit : réforme et “Écritures. Je m’explique. Le premier mot est le mot « réforme ». Le geste de Luther — la Réforme — est arrivé à un moment difficile pour l’Église. Luther cherchait à résoudre une situation complexe. Puis ce geste, pour des raisons également politiques – nous pensons aussi au cuius regio eius religio — ce geste est devenu une instance de séparation, et non un processus de réforme pour toute l’Église, qui est un processus fondamental dans la mesure où l’Église est semper reformanda. Le deuxième mot est Écritures, la Parole de Dieu. En mettant la Parole de Dieu dans les mains du peuple, Luther a réalisé un grand pas. Ces deux mots Réforme et Écritures sont deux éléments importants que nous pouvons creuser en regardant la tradition luthérienne. Je pense en ce moment aux congrégations générales avant le conclave et à combien était forte la demande de réforme, combien elle était présente, dans nos discussions ».


Lire aussi : Pourquoi les chrétiens sont-ils divisés ?


Prière commune et gestes de miséricorde  

Sur l’œcuménisme, le Pape réaffirme, en plus du dialogue théologique, l’importance de « la prière commune » et des « œuvres de miséricordes », autrement dit du travail en commun auprès des malades, des pauvres, des détenus. « Faire quelque chose ensemble est la plus haute, la plus efficace, des formes de dialogue ». L’éducation aussi. « Travailler ensemble, et non de manière sectaire, est important », souligne-t-il. François réaffirme son opposition au prosélytisme : « Ce critère doit être bien clair: faire du prosélytisme est un péché ». Comme a dit Benoît XVI, « l’Église ne grandit pas par prosélytisme mais par attraction ». Faire du prosélytisme est commettre un péché. Ça serait comme transformer l’Église en une organisation. Parler, prier, travailler ensemble, c’est ce chemin-là que nous devons prendre. Voyez-vous, dans l’unité celui qui ne se trompe jamais c’est l’ennemi, le démon. Quand les chrétiens sont persécutés et tués, ils le sont parce qu’ils sont chrétiens et non parce qu’ils sont luthériens, calvinistes, anglicans, catholiques ou orthodoxes. Il existe un « œcuménisme du sang ».

Ce fou du massacre de Nice  

Le Pape évoque alors la récente rencontre d’Assise, « très respectueuse et sans syncrétisme ». Il se souvient : « Tous ensemble nous avons parlé de paix et avons demandé la paix. Nous avons prononcé ensemble des paroles fortes pour la paix, que les religions veulent vraiment. On ne peut faire la guerre au nom de la religion, au nom de Dieu : c’est un blasphème, c’est satanique ».

François cite le massacre de Nice : « Ce fou qui a commis ce massacre, il l’a fait en croyant le faire au nom de Dieu. Pauvre homme, c’était un déséquilibré ! Charitablement, nous pouvons dire que c’était un déséquilibré qui s’est cherché une justification au nom de Dieu. C’est pourquoi une rencontre comme celle d’Assise est très importante ».

« Voilà pourquoi je célèbre une messe en Suède malgré les problèmes d’organisation »

Le Pape souhaite aux croyants de Suède « une saine cohabitation, où chacun peut vivre sa propre foi et en témoigner dans un esprit ouvert et œcuménique ». Il rappelle aux catholiques qu’ « on ne peut être catholique et sectaire » — deux mots « contradictoires », insiste-t-il. Être catholique c’est aller vers les autres, « vivre au milieu des autres ». C’est pourquoi, conclut François, au début je ne prévoyais pas de célébrer une messe pour les catholiques durant ce voyage : je voulais insister sur ce témoignage œcuménique. Puis j’ai bien réfléchi à mon rôle de pasteur, à mon troupeau de catholiques qui arrivera des pays voisins comme la Norvège et le Danemark. Et j’ai décidé de répondre à leur demande pressante, de célébrer une messe, prolongeant alors mon voyage d’un jour. Je voulais en effet que la messe ne soit pas célébrée le même jour et au même endroit que la rencontre œcuménique pour éviter de confondre les plans. Le sens de la rencontre œcuménique doit être préservé, selon l’esprit d’unité qui est le mien. Cela a créé des problèmes d’organisation, je sais bien, parce que je serai en Suède aussi le jour de la Toussaint qui, ici, à Rome, est important. Mais pour éviter tout malentendu, j’ai voulu faire comme ça » .

Article traduit et adapté par Isabelle Cousturié

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