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Calais, CETA : deux conclusions peu convaincantes

Incendie dans la "jungle" de Calais le 26 octobre 2016. © François NASCIMBENI / AFP
Incendie dans la "jungle" de Calais le 26 octobre 2016.
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La destruction de la "jungle" de Calais déplace le problème en dispersant les migrants. L’accord de libre-échange CETA avec le Canada laisse en suspens de nombreux points d’interrogation.

La « jungle », c’est fini. Du moins, les autorités et les Calaisiens l’espèrent, car des centaines de migrants sont restés à proximité, notamment près de 1 500 mineurs, dont beaucoup sont décidés à passer coûte que coûte en Angleterre, tandis que d’autres ont fui la zone avant sa destruction. De fait, rapporte Le Point, « jeudi matin, les pelleteuses sont entrées en action pour entamer la destruction de la « jungle » de Calais, où continuent à se presser des migrants candidats au départ vers les centres d’accueil ou bien décidés à passer en Angleterre ». « 5 600 migrants qui vivaient dans la “jungle” de Calais ont été “mis à l’abri” selon le gouvernement, soit un peu moins que les 6 400 recensés sur le camp ces derniers jours encore par l’État » relève Le Parisien. « Ce qui est en train de se passer à Calais, c’est un beau visage de la France, a estimé le 26 octobre Manuel Valls sur France Inter. On a une opération humanitaire qui est menée en tenant compte d’hommes et de femmes qui fuient la guerre et qui demandent l’asile, et qui est menée aussi avec fermeté. »

« Ce que l’on peut craindre, commente Jean-Pierre Denis dans son éditorial de La Vie, c’est plutôt que Calais se reconstitue encore une fois à partir de zéro, dans la boue, la violence, le trafic de mineurs (…) On a vidé un bassin qui reste bouché et qu’alimente une source intarissable, quelque part en Érythrée, en Afghanistan ou au Soudan. À ce compte-là, l’évacuation de Calais pourrait ressembler assez vite à celle de Sangatte, décidée par Nicolas Sarkozy. »

Les incendies : « Une tradition de la population migrante »

Les opérations de déblaiement avaient été précédées par des dizaines d’incendies dans la nuit de mardi à mercredi dans ce qui était devenu le plus grand bidonville de France. Madame le préfet du Pas-de-Calais a fait le buzz en qualifiant sur BFMTV ces feux volontaires « d’une tradition de la population migrante ». « Il n’y a pas eu moyen de les en empêcher ? » demande son interviewer. « On a essayé, lui répond-elle, mais « Les chefs de communauté nous avaient dit : Quand on s’en va, on nettoie en mettant le feu » On aurait pu souhaiter qu’un meilleur signal soit adressé aux habitants des villes et villages chargés d’accueillir les migrants. Paris et la région parisienne ne font pas partie des 450 centres d’orientation et d’accueil, néanmoins  « le camp de Paris, avenue de Flandres, et celui de Jaurès et de Stalingrad ont implosé (…), on est passés de 2 000 personnes à 3 000 personnes en deux jours avec la fermeture de Calais », a déploré le 27 octobre au micro de BFMTV Héloïse Mary, membre du bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants.

« L’islam rebat complètement les cartes »

Interrogé par Causeur, Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion et stratégies d’entreprises de l’Ifop explique pourquoi « l’opinion française est très réticente à l’accueil des migrants ». Notons, entre autres raisons, celle-ci qui paraît capitale : « (…) tandis qu’à la fin des années 70 et au début des années 1980, alors même que la France connaissait déjà un chômage de masse, il n’y avait pas une telle levée de boucliers face à l’afflux de Boat people. Un élément de nouveauté rebat complètement les cartes : l’islam. Quand on interroge les Français sur leur propension à accueillir des chrétiens d’Orient, ils répondent très majoritairement par l’affirmative. »

CETA : pas seulement une histoire belge !

Coup de théâtre le 27 octobre : finalement, les Wallons estiment pouvoir valider le CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. C’est reparti, annonce RFI: « Les Belges ont le sens du suspense. Le sommet de Bruxelles, qui devait se tenir ce jeudi 27 octobre 2016 en présence du Premier ministre canadien, avait été annulé. Et donc, la signature de l’accord (…) ne pouvait aboutir, conséquence d’un blocage créé par les Francophones de Wallonie, irréductibles défenseurs de la cause agricole. Coup de théâtre cependant : jeudi à la mi-journée, un accord a finalement été trouvé pour que la Belgique accepte l’accord. Le CETA reprend son vol. » « Vol », en quel sens faut-il l’entendre ?

Un accord de libre-échange « de nouvelle génération »

« De quoi parle-t-on exactement ? » RTL résume : « Le CETA, ou Accord économique et commercial global, est un accord de libre-échange de nouvelle génération. En cela, il se rapproche du TAFTA, le projet de libre-échange transatlantique entre l’Europe et les États-Unis, dont les négociations avaient été définitivement stoppées par le secrétaire d’État français chargé du Commerce extérieur, Mattias Fekl. Contrairement au TAFTA, le CETA est ardemment défendu par le gouvernement français. » Mais « l’accord est loin de plaire à tout le monde. Ses détracteurs lui reprochent notamment d’être le Cheval de Troie de la libéralisation économique », les firmes nord-américaines orphelines du TAFTA pouvant passer par leurs filiales au Canada pour exporter librement en Europe.

Principal point de blocage, selon Le Figaro « l’instauration de tribunaux d’arbitrage favorables aux multinationales », le traité leur donnant le droit « de porter plainte contre un État adoptant une politique publique contraire à leurs intérêts. » « Les opposants belges au CETA (…) craignent aussi que l’accord ne dégrade la filière agricole» rappelle le JDD.

Le surprenant revirement wallon

Mais « après avoir dit non au CETA, au motif qu’il représentait un danger pour l’économie et les standards sociaux de la région, et après une semaine de négociations ininterrompues avec la Commission européenne et le gouvernement canadien, puis avec les autres régions et le pouvoir fédéral belge, le Parlement et le ministre-président de la Wallonie, le socialiste Paul Magnette, ont estimé avoir obtenu un accord jugé honorable” » constate Le Monde. Qui ajoute cependant : « Cela n’a toutefois pas convaincu la gauche radicale et les écologistes (…) Les diplomates européens, qui négocient le CETA depuis mi-octobre, sont également dubitatifs. Pas une ligne du traité proprement dit n’a été modifiée, a insisté, de son côté, le premier ministre belge, Charles Michel, rival politique de M. Magnette. (…) C’est la déclaration interprétative, une annexe rédigée par la Commission pour l’Autriche, l’Allemagne ou la Slovénie, elles aussi réticentes vis-à-vis du CETA, qui a été amendée.»

Le sommet entre l’Union européenne et le Canada qui devait avoir lieu le 27 octobre doit être reprogrammé pour que le Premier ministre canadien paraphe le traité (sans doute fin novembre). Reste qu’ «il est (…) difficile de se faire une idée sur un texte qui comporte tout de même 2 314 pages, 1 793 pages d’annexe dans jargon juridique et très technique… » constate L’Obs. Même amendé, ce texte « qualifié d’ instrument interprétatif par le chef du gouvernement belge, est loin d’être limpide, relève La Croix. (…) le système de règlement des différends, tel que prévu en l’état dans l’accord international, pose toujours problème. »

Un symptôme de la faiblesse européenne

Pas simple d’y voir clair ! commente Gérard Leclerc dans sa chronique diffusée sur Radio Notre-Dame (27 octobre) : « Les opinions s’affrontent vigoureusement à ce propos, entre ceux qui prônent une libéralisation intégrale des marchés avec toutes les conséquences qui s’en suivent et ceux qui, tel Arnaud Montebourg, dénoncent un dumping social qui met en danger des centaines de milliers d’emploi dans notre pays. » Toutefois, ajoute-t-il, « il y a une autre dimension à envisager en dehors de l’économie, c’est celle des structures politiques, tels qu’elles s’enchevêtrent : européennes, nationales, régionales (…) c’est peut-être parce que les communautés historiques durables sont déstabilisées que cette querelle a pris tant d’importance. Il serait temps de réfléchir au fond des choses un peu tranquillement, pour éviter que tout n’explose. »

Laissons la conclusion à Sud-Ouest : « (…) ces houleuses négociations mettent en lumière l’incapacité de l’UE à parler d’une seule et même voix aux autres grandes puissances mondiales. Derrière la ratification de ce traité de grande envergure, c’est le rôle des différents États dans l’Union européenne, mais aussi face aux multinationales, qui se joue. La Wallonie aura fait figure de “petite voix” qui rappelle au géant européen qu’il ne faut pas oublier la souveraineté des États, si petits qu’ils soient. »

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