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Mossoul : Tous d’accord pour chasser Daesh, et après ?

© Hemn Baban / ANADOLU AGENCY
MOSUL, IRAQ - OCTOBER 20: Soldiers of Iraqi Army and Hashd al-Shaabi militias arrive at Saleh Village after retaking of Khalid, Saleh and Zanawer Villages of Qayyarah Town from Daesh terrorists during the operation to retake Iraq's Mosul from Daesh terrorists, in Mosul, Iraq on October 20, 2016. A much anticipated Mosul offensive to liberate the city from Daesh began midnight of 16th of October. Hemn Baban / Anadolu Agency
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En dehors de cet objectif premier, les intérêts des différents acteurs de cette bataille sont très divers. Explications.

La situation ennemie est en elle-même relativement compréhensible. Daesh constitue l’écrasante majorité des combattants que va devoir affronter la coalition hétéroclite. Éventuellement quelques milices sunnites inquiètes viendront fournir un renfort ponctuel, mais pour l’instant cette possibilité reste anecdotique et ne changerait en rien le cours des opérations. En revanche, la situation du côté de la coalition est un peu plus complexe, car les troupes qui se battent et les pays qui les soutiennent n’ont pas tout à fait les mêmes objectifs. S’ils sont d’accord pour chasser Daesh, le reste est beaucoup moins sujet à consensus.

L’Irak en quête de légitimité

Le plus gros des troupes combattantes est fourni par l’Irak. Onze brigades ont été déployées aux alentours de Mossoul. Chacune d’entre elles étant composée d’environ 2 500 hommes, les soldats irakiens sont donc aux alentours de 27 000 hommes. Mais là encore, de la même manière que pour Daesh, ces chiffres sont surtout représentatifs d’un ordre de grandeur plus que le fruit d’un véritable suivi et décompte des effectifs.

L’objectif militaire que représente la conquête de Mossoul n’est que le moyen de répondre à un objectif politique : il s’agit là du fondement de la guerre. Ce que recherchent les Irakiens est simple à comprendre : ils veulent reconquérir leur territoire, laver leur honneur des défaites subies face à Daesh et enfin gagner leur légitimité en tant qu’État enfin reconnu comme viable sur la scène internationale.

Les Kurdes en quête d’indépendance

Les Turcs ne s’y sont pas trompés. Ils ont tenté d’imposer aux Kurdes de ne pas participer à cette opération, sachant très bien qu’il s’agirait, en cas de réussite, d’un coup majeur pour permettre de mettre sur pied un Kurdistan autonome. Face aux Kurdes, les États-Unis continuent de jouer un double jeu dangereux. D’un côté, ils ont débouté les Turcs car après un rapide tour d’horizon, il s’avère que ceux-ci sont le seul groupe armé capable de combattre efficacement les jihadistes. Pragmatisme oblige, les Américains appuient donc la participation kurde aux opérations. Mais en même temps, ils ont fait savoir qu’ils étaient fermement opposés à la constitution d’un État kurde autonome : ménager la chèvre et le chou n’est pas une politique efficace à long terme, et il va falloir que les États-Unis lâchent un camp. Entre les Kurdes et la Turquie, tout le monde connaît déjà la réponse…


Lire aussi « Mossoul : L’analyse du plan de bataille »


Les troupes kurdes sont en général un peu moins bien équipées que les troupes irakiennes, mais savent très bien tirer parti des équipements qu’elles possèdent. Des photos sur le terrain montrent comment ils ont équipé de plaques de sur-blindage la plupart des vieux véhicules soviétiques qu’ils utilisent. Ce sont des combattants efficaces, qui comptent aussi des femmes dans leurs rangs. Situés majoritairement au nord de Mossoul, ils complètent l’encerclement amorcé par les Irakiens qui arrivent du sud. Les deux « armées » font leur jonction à l’est. Pour clôturer l’encerclement, les troupes locales comptent en grande partie sur l’aide occidentale, majoritairement américaine et un peu française.

Le soutien américano-français

Le gouvernement américain a assuré qu’aucun des soldats américains ne menait d’action directe de combat. Mais le secrétaire général a tout de même fait remarquer que cela n’empêchait pas les Américains d’être présents sur les lignes de front avec leur équipement, pour aider à la prise de décision et au commandement de l’opération. Quelques vidéos de la zone des combats et de la base logistique de Qayyarah montrent que les soldats sont présents, armés et équipés pour des opérations de combat, et qu’ils sont appuyés et transportés par des hélicoptères américains. L’équation américaine est simple : « orienter » le commandement irakien sur les objectifs prioritaires et les moyens de les atteindre, sans prendre le risque de perdre beaucoup d’hommes, ce que l’opinion publique ne pardonnerait pas au président Barack Obama.

Du côté français, certains journalistes affirment que l’appui aérien français est important diplomatiquement, mais non militairement. Ce n’est pas tout à fait faux, car les sorties aériennes françaises sont relativement peu nombreuses comparées aux américaines. Mais la plupart semble oublier qu’une unité d’artillerie française est discrètement déployée à 35 kilomètres au sud de Mossoul. Depuis le début des combats, les quatre canons Caesar ont tiré un peu plus de 400 obus. À titre de comparaison, un obus de ce calibre dévaste complètement une surface équivalent à un terrain de football. Ajoutons les projectiles en tous genres qui y sont associées. Si les Irakiens ont parfois tendance à tirer un peu au jugé, les artilleurs français reçoivent leurs demandes de tirs des Américains déployés comme conseillers. Le ciblage est ainsi bien meilleur. De plus, un canon Caesar tire un obus en moins d’une minute et dispose d’une bonne disponibilité opérationnelle. Judicieusement employée cette batterie peut aider les fantassins à éliminer des poches de résistance localisées. Mais si la France et les États-Unis font la morale aux Russes dans la bataille d’Alep, restons conscient que nous allons bientôt nous retrouver confrontés au même problème à Mossoul, où Daesh se retranche derrière les civils : obus et missiles ne distinguent pas qui porte une arme…

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