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Qaraqosh brisée, Qaraqosh martyrisée mais Qaraqosh libérée ?

© SAFIN HAMED / AFP
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Les troupes irakiennes sont rentrées hier dans la ville de la vallée de Ninive.

« J’ai quitté la ville parmi les derniers, un peu après minuit. Les autorités kurdes nous ont fourni des véhicules. Puis nous sommes partis en direction d’Erbil. Aujourd’hui, il ne reste quasiment plus personne à Qaraqosh. »

C’est par ces mots que le 7 août 2014, Mgr Yohanna Mouché, archevêque catholique de Mossoul, annonçait la prise de la ville par l’État islamique. La ville qui était passé de 30 000 à 45 000 habitants entre 2013 et 2014 principalement dû à l’afflux de réfugiés chrétiens fuyant Mossoul et l’offensive islamiste.

L’offensive est en cours

L’armée irakienne, attaquant par le sud, est entrée dans la ville hier. Les combats se poursuivent aujourd’hui. « La libération de la ville se poursuit, mais l’armée irakienne et la coalition veulent éviter au maximum les dommages collatéraux. L’attaque au sol est privilégiée au détriment des bombardements » nous apprend François-Xavier Gicquel, chef de l’antenne irakienne de SOS Chrétiens d’Orient. Toutefois l’archimandrite Emanuel Youkhana, leader des chrétiens assyriens et responsable du Christian Aid Program Northern Iraq (CAPNI), a transmis hier soir à l’Aide à l’Église en Détresse (AED) les dernières informations du front de Mossoul et la confirmation de la libération de Qaraqosh. D’après son témoignage et celui de plusieurs observateurs locaux, les islamistes se seraient retirés de la ville sans réelle résistance. Seuls quelques snipers auraient été disséminés pour ralentir et harceler les forces de libération.

La  seule certitude réside dans le fait que l’armée irakienne progresse vers Mossoul et que la bataille pour la libération de cette ville sera une bataille à grande échelle.

Mgr Mouché est rentré en urgence à Erbil et attend avec impatience l’autorisation des militaires pour se rendre sur place. D’après les humanitaires, le retour des réfugiés dans leur ville n’est pas pour tout de suite puisqu’il faudra laisser le temps aux équipes de déminage de nettoyer les maisons.

Fraternité en Irak a par ailleurs lancé un appel au don pour financer ledit déminage :

La liesse des réfugiés d’Erbil et Ankawa

Pour les dizaines de milliers de réfugiés du Kurdistan, l’annonce de l’offensive sur la plaine de Ninive est source de joie. D’après François-Xavier Gicquel le contraste est saisissant : « Nous les voyons depuis deux ans s’enfoncer dans la tristesse et la résignation. En dix ans, c’est la deuxième fois qu’ils sont poussés à la fuite. Mais devant les premiers succès de l’offensive : nous avons vu des explosions de joie ». Une explosion provoquée par l’espoir qu’a cette communauté de rentrer enfin chez eux.

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