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Syrie : colère et désarroi de l’Église face au calvaire d’Alep

© KARAM AL-MASRI / AFP
© KARAM AL-MASRI / AFP
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Le Pape lance un nouvel appel et Caritas Internationalis dénonce une catastrophe « comparable aux massacres de Srebrenica et du Rwanda ».

Lors de l’audience générale de ce mercredi 12 octobre, le pape François a lancé un nouvel appel « urgent » et « grave » en faveur des civils à Alep, où 275 000 personnes subissent chaque jour des bombardements et 100 000 enfants sont toujours coincés dans les secteurs sous contrôle des rebelles. Il implore de « toutes ses forces » les responsables de « faire le nécessaire pour imposer et faire respecter un cessez-le-feu immédiat », et permettre ainsi leur évacuation.

« Nous savons que le cœur du Pape est avec nous. Nous l’avons vu également lorsqu’il a choisi d’insérer Mgr Mario Zenari, Nonce apostolique à Damas, dans la liste des futurs cardinaux. Mais alors même qu’il demande un cessez-le-feu, les bombes continuent à tomber sur nous, tant à l’est qu’à l’ouest d’Alep », a aussitôt réagi Mgr Boutros Marayati, l’Archevêque arménien catholique d’Alep, dans une déclaration recueillie par l’agence Fides. Dans les mots de l’Archevêque, s’alternent les accents d’espérance et les expressions de douleur pour la énième aggravation de la situation sur le terrain.

 Situation apocalyptique

« Cette catastrophe humanitaire » est comparable aux « infâmes massacres de Srebrenica (Bosnie), et du Rwanda ». Quelques mots suffisent à Caritas internationalis pour rendre l’idée de la situation apocalyptique qui est en train de ravager Alep. « La population est sans nourriture, sans eau, électricité et médicaments (…) des centaines de patients sont dans un état critique, mais les 2/3 des hôpitaux ont été détruits », les médecins pratiquement gommés de la ville – « soit parce qu’ils ont pris la fuite, sont morts, ou tenus prisonniers quelque part », explique Michel Roy, le secrétaire général de l’organisme, qui appelle lui aussi à un « cessez-le-feu immédiat  » et l’arrêt des bombardements sur la ville.

Dans le sillage du Pape

« Caritas Internationalis » est une confédération de plus de 160 organisations catholiques chargées de « répondre aux catastrophes, promouvoir le développement humain intégral et plaider contre la pauvreté et les conflits », à travers le monde. Face à la situation syrienne et l’inertie des grandes puissances, cinq ans après le début du conflit, le pape François était entré personnellement dans leur campagne  Syrie : la paix est possible , lancée il y a quelques mois. Dans un message vidéo, il a fustigé les pays qui ont toujours le mot « paix » à la bouche mais dépensent « des sommes incroyables d’argent » pour « fournir des armes aux belligérants », et appelé à une solution politique « immédiate »,  « la seule possible », a-t-il dit, pour sortir de cette impasse.

« La solution pour la Syrie n’est pas militaire, elle est politique et doit venir de l’intérieur de la Syrie, du peuple syrien, et non pas être imposée de l’extérieur », lui a fait écho l’évêque chaldéen d’Alep, Mgr Antoine Audo, le président de « Caritas Syrie ». Le peuple syrien, a insisté Mgr Audo, « a besoin de retrouver paix et dignité, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ».

Il s’exprimait devant les médias au terme de la rencontre, le 29 septembre dernier, au Vatican, entre le Pape et une quarantaine d’organismes de charité travaillant au Moyen-Orient. Au cours de cette rencontre, le Saint-Père avait profité de la présence de l’envoyé spécial du secrétaire général des nations unies pour la Syrie, Staffan Mistura, pour condamner à nouveau les doubles jeux qui enlisent la crise syrienne.


Lire aussi : Le pape François appelle à sauver les habitants d’Alep


Vers une destruction totale d’Alep-Est ?

Entre une crise humanitaire aux « dommages effroyables » pour les personnes, leur patrimoine et l’environnement, et une impasse diplomatique totale après les accusations de « crimes de guerre » faites à la Syrie et la Russie, entrainant un refus de Moscou de signer tout projet de résolution pour le moment, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie s’alarme d’une « possible destruction totale d’Alep-Est d’ici janvier ». Sous le regard du monde entier, « êtes-vous réellement prêts à poursuivre des combats aussi violents, à utiliser des armes aussi destructrices et ainsi, détruire toute la partie est de la ville, toute la vieille ville d’Alep ? (…)  Tout cela pour éliminer 1 000 combattants d’Al-Nosra ? », s’est écrié Staffan Mistura, le 6 octobre dernier, en conférence de presse. Pour stopper le massacre, le responsable onusien s’est également dit prêt à escorter, lui-même, hors d’Alep ces combattants .

 Plusieurs centaines d’enfants et de jeunes d’Alep, chrétiens et musulmans, se sont rassemblées le même jour, afin de demander, par la prière et par le chant, le retour de la paix dans toute la Syrie. Malgré l’initiative, des tirs d’artillerie sont tombés en abondance, provoquant des morts et des blessés, y compris sur les quartiers contrôlés par l’armée syrienne.

Information occidentale manipulée ?

L’évêque d’Alep confirme à l’agence Fides la situation de « terreur généralisée ». Parmi les seuls chrétiens, rapporte-t-il, « on a compté plus de vingt morts au cours de deux dernières semaines ». Sa vision de la situation de l’intérieur : « Tout le système médiatique global semble manœuvré par des intérêts géopolitiques qui manipulent l’information. Tout devient un prétexte de propagande et l’on continue à cacher le rôle et les opérations menées par des pays tels que la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite ».


Vidéo : Le témoignage effrayant d’un instituteur à Alep


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