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« Papy et mamy nous ont sortis de la décharge… »

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"Et nous ont transformés en bouquet de fleurs très jolies." Le dernier film de Xavier de Lauzanne rend hommage à Christian et Marie-France des Pallières

Les Pépites est le troisième film documentaire de Xavier de Lauzanne pour le cinéma. Après D’une seule voix (2009), sur un orchestre de musiciens israéliens et palestiniens, puis Enfants valises (2013), documentaire filmé pendant un an dans une classe de primo-arrivants, Xavier de Lauzanne a choisi de rendre hommage au travail de Christian et Marie-France des Pallières, fondateurs de l’association « Pour un sourire d’enfant ».

Rien ne prédestinait ce couple français à venir secourir les petits Cambodgiens, rien si ce n’est le désir de vivre leurs rêves. « S’il n’y a pas de rêves dans la vie, il n’y a pas de vie » annonce Christian des Pallières d’entrée de jeu dans le film.

Dès leur mariage, ce couple, issu d’un milieu bourgeois plutôt conventionnel, entend bien vivre la vie dont ils rêvent, aller à la rencontre des autres, se détacher des biens matériels, s’ouvrir au monde et accueillir l’inattendu. Avec leurs quatre enfants, ils poussent la chansonnette et se produisent en concert à l’image de la famille von Trapp dans le film La mélodie du bonheur (1965). Puis c’est dans un camping-car baptisé « Nain Bus » qu’ils décident de partir explorer le monde, direction Katmandou (Népal), en famille toujours. Des péripéties que l’on suit grâce à des vieux films familiaux qui respirent la joie de vivre.

La décharge de Phnom Penh

Des années plus tard, en 1995, Christian, cadre chez IBM en préretraite, est recruté pour diriger le bureau local d’une ONG française à Phnom Penh (Cambodge). C’est là qu’il découvre la misère des enfants des rues et leur quotidien sur les tas d’ordures de l’immense décharge de Steung Meanchey, dans la banlieue de Phnom Penh. Au milieu des mouches et des déchets, ces enfants, parfois dès l’âge de cinq ans, le ventre vide, cherchent des bouts de métal ou de carton à récupérer. Sales, couverts de plaies, à peine chaussés de tongs, ils fouillent du matin au soir dans la crasse, au péril de leur vie.

Leurs enfants à eux ayant grandi et leur ayant donné leur bénédiction, Christian et Marie-France s’installent à Phnom Penh dans une paillotte proche de la décharge ;  ils commencent alors à distribuer des repas aux enfants, les soignent et leur installent de quoi se laver. Puis ils ouvrent une école pour les sortir des ordures, « la meilleure école pour les plus pauvres. »

En échange de riz, les parents des petits chiffonniers laissent leur progéniture fréquenter l’école. Des années durant, le couple, que les enfants appellent rapidement « papy » et « mamy », va poursuivre son action, professionnaliser et pérenniser l’association en la « khmérisant » afin que les Cambodgiens décident des orientations à prendre ! Régulièrement, papy et mamy rentrent en France pour trouver de nouveaux parrains. Devenus citoyens cambodgiens, Marie-France et Christian des Pallières ont obtenu le prix des droits de l’homme en 2000 pour leur action.

Des images d’hier et d’aujourd’hui

C’est l’histoire de ce couple et de son association, que le réalisateur raconte à travers Les pépites, qui n’est pas un reportage mais bien un documentaire, essentiellement construit sur la parole de Marie-France et Christian des Pallières. Xavier de Lauzanne les connaissait depuis plusieurs années, et les avait déjà aidés à réaliser un film. Christian avait lui aussi filmé et enregistré de nombreux témoignages d’enfants. Ces images d’hier et d’aujourd’hui, complétées par des archives photo et vidéo familiales, permettent de suivre dans son intégralité l’histoire personnelle de ce couple à la fois si humble et hors du commun.


Lire aussi l’hommage à Christian des Pallières, décédé le 24 septembre dernier 


Parfois très dures et même voyeuristes, les premières interviews des enfants qui racontent à Christian leur quotidien  battus, livrés à eux-mêmes chez eux ou dans la décharge — contrastent avec les propos recueillis des années plus tard, mais témoignent avant tout du travail accompli. Grâce à ces grands-parents d’adoption, de nombreux petits chiffonniers sont devenus des adultes épanouis. Comme Sokneou, étudiante en restauration à l’école, qui rêve désormais de devenir chef et d’ouvrir un restaurant ; Samedi et Sokunthea, frère et sœur, aujourd’hui investis dans l’association aux côtés de Leakhéna, la fille adoptive de Marie-France et Christian…

On découvre aussi avec émotion les remerciements pudiques de ces enfants résilients pour leurs papy et mamy, comme le bouquet de fleurs réalisé en écailles de poissons par Bopha, devenue décoratrice, qui avait écrit ce petit mot : « L’écaille de poisson est sale, elle sent mauvais, tout le monde la jette à la poubelle. C’était pareil pour nous, nous vivions dans le malheur, abandonnés comme les ordures ou les écailles de poisson. Mais papy et mamy nous ont sortis de la décharge, ils nous ont transformés en bouquet de fleurs très jolies… »

Les pépites d’un couple en or

Aujourd’hui, l’équipe dirigeante de Pour un sourire d’enfant au Cambodge est entièrement cambodgienne et l’œuvre, qui s’occupe quotidiennement de quelque 7 000 enfants, emploie plus de 450 personnes : professeurs, médecins, assistants sociaux, formateurs… Le couple s’était rendu compte qu’après leur scolarité, certains jeunes retournaient dans les décharges, d’où la nécessité de les accompagner jusqu’à un métier : Pour un sourire d’enfant propose aujourd’hui 28 formations professionnelles différentes parmi lesquelles une formation cinéma mise en place par Christian des Pallières et reconnue aujourd’hui comme le premier centre de formation au Cambodge. D’ailleurs, les enseignants et formateurs de cette section ont contribué à la réalisation du film !

Cette vie passée à sauver des enfants de la misère, on comprend bien que ce couple ne l’aurait pas échangée contre une autre pour tout l’or du monde. Le réalisateur filme Christian des Pallières, accompagné de quelques-uns de ces enfants devenus grands, sur les lieux du commencement. Là où se trouvait la décharge qui a été fermée en 2009. C’est sur ce tas d’immondices qu’avec Marie-France, Christian des Palières a trouvé les pépites qui ont enrichi sa vie.

« Quelle histoire… » résume le couple. Oui, quelle belle histoire d’amour conjugal, filial, fraternel. Mamy et papy ont choisi de finir leurs jours dans une maison au milieu de l’immense école, entouré de « leurs » enfants. Papy est décédé le 24 septembre dernier à Phnom Penh, à l’âge de 82 ans ; il aura tout juste eu le temps de voir le film. Même les cœurs en or finissent par lâcher. Mais les pépites, elles, brillent encore grâce à l’association « Pour un sourire d’enfant ». Et ce film, comme un testament plein d’espérance, en témoigne joliment.

Les pépites, de Xavier de Lauzanne. Documentaire français, 1h28. En salle depuis le 5 octobre 2016.

Pour aider à la diffusion du film, pour qu’il reste plus longtemps en salle, il est possible de faire un don ici.

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