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Daesh : « La raison première de notre haine ne disparaîtra qu’avec votre conversion à l’islam »

© Prazis / Shutterstock
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L'État islamique se tient prêt pour la grande bataille finale.

Dabiq n’est qu’un bourg rural du nord de la Syrie, qui comptait 4000 habitants avant la guerre, et qui ne représente aucun intérêt stratégique particulier. Pas de ressource naturelle, ni d’axe routier majeur. Pourtant, il est au cœur de la propagande de Daesh, car c’est là qu’est supposée se tenir la grande bataille qui déclenchera la « fin des temps ». Le magazine de propagande de référence de l’organisation, s’appelle justement Dabiq, et prédit que le combat final approche.

« Brise la croix »

Les premiers obus tombés sur la ville, tirés par l’artillerie turque, ne refroidissent donc pas l’ardeur des djihadistes. Le fondateur de Daesh, Abu Moussab al-Zarqawi, tué par une frappe américaine en 2006, est cité sur la couverture du dernier numéro (15) du magazine Dabi : « L’étincelle a été allumée en Irak, et sa chaleur va s’intensifier – avec la permission d’Allah – jusqu’à ce qu’elle brûle les armées des croisés à Dabiq ». Cette citation jouxte la grande image d’un djihadiste abattant le crucifix d’un clocher, assortie d’un titre « Brise la croix ».

« Nous vous attendons depuis 1400 ans »

Ils s’appuient sur un Hadith d’Abou al-Hussein Muslim, un des traditionnistes les plus respectés au IXe siècle, qui prévoit qu’une armée des « meilleurs des musulmans » affrontera les « Byzantins » à Dabiq, et que cette bataille annoncera le retour du Madhi, le « Sauveur guidé par Dieu » attendu par les musulmans. Les Byzantins sont changés en « Roums », « Romains », pour les besoins de la propagande, ou en « croisés ». Le Hadith prévoit qu’une armée de 80 bannières se dressera contre les « bons musulmans », ce qui correspond, dans leurs esprits, aux forces de la Coalition. Dans une vidéo de propagande diffusée en 2015, ils ont exécuté un soldat américain à Dabiq en affirmant qu’ils enterraient « le premier croisé américain à Dabiq » et qu’ils « attendaient fermement le reste de l’armée ». Ils ajoutaient « Oh vous Romains, vous Allemands, vous Anglais, vous Français, vous Hollandais, vous Italiens, vous Américains qui souhaitez combattre l’Islam. Venez ! Nous vous attendons. Nous vous attendons depuis plus de 1400 ans ».


Lire aussi : Le témoignage du père Jacques Mourad, ancien otage de Daesh


Les défauts dans le récit de Daesh 

Ces prophéties sont prises très au sérieux, malgré leur outrance. Dans un numéro précédent, le magazine Dabiq affirmait que Barack Obama était le « chien de Rome », et recevait ses ordres du pape François. La simplification, voulue par Daesh d’un combat entre religions fait fi de la réalité sur le terrain : il n’y aura aucun « croisé », et peu de chrétiens, parmi ceux qui combattent pour reprendre Dabiq, mais essentiellement des musulmans sunnites de « l’armée syrienne libre ». L’image de couverture de leur magazine résume la vanité à prétendre « lutter contre la croix » : elle représente en fait le clocher d’une église de chrétiens d’Orient, minorité persécutée, qui n’a pratiquement pas d’armée. Abou Mohamed Al Adnani, le chef de la propagande de Daesh, insiste sur la radicalité du combat à mener, qui n’a rien d’une « guerre défensive ». Il a coupé court au discours de ceux qui justifient leurs actes en invoquant les bombardements de la Coalition. »Le fait est que, même si vous [les croisés, ndlr.] cessiez de nous bombarder, de nous emprisonner, de nous torturer, de nous avilir, d’usurper nos terres, nous continuerions à vous haïr car la raison première de notre haine ne disparaîtra qu’avec votre conversion à l’islam ».

Daesh prépare sa défaite

Alors même que la propagande de Daesh souligne l’importance de la « Grande Bataille » à venir, elle prépare ses arrières en cas de défaite. Ainsi, un discours d’Abou Mohamed Al Adnani, diffusé le 22 mai 2016, assurait qu’une défaite militaire sur le terrain ne changerait rien à la détermination des djihadistes. « Pensez-vous que vous serez victorieux et que nous serons défaits si vous prenez Mossoul, Syrte ou Rakka et même toutes les villes, et que nous retournons à notre condition initiale ? Sûrement pas ! » Il est intéressant de noter qu’il ne cite pas Dabiq parmi les villes qu’il mentionne. En fin de compte, ce symbole se retourne contre Daesh. Si l’organisation demeurait fidèle à ses convictions, elle devrait masser ses meilleures troupes dans cette petite ville difficile à défendre, offrant une cible de choix aux frappes de la Coalition.

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