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Le dilemme de la femme au foyer : reprendre le travail ou pas ?

©ESB Professional/Shutterstock

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Mathilde de Robien - Publié le 11/10/16

Quelques pistes pour vous aider à vous poser les bonnes questions.

Au XXIe siècle, pour une petite minorité en voie de disparition, le cruel doute shakespearien ne réside plus dans le célèbre « to be or not to be ? » mais plutôt dans « to work or not to work ? ». Certaines, et certains, s’arrêtent de travailler x mois ou x années pour s’occuper de leurs enfants, et un beau jour (la veille des trois ans de l’enfant par exemple, ultimatum posé par la CAF, ou après le départ de la maison du dernier enfant), un dilemme existentiel s’impose à eux : Est-ce que je reprends le travail ou pas ? Quel est le bon moment ? Je dis bien « existentiel » car la décision prise chamboule leur vie, la vie de leur conjoint, et la vie de leurs enfants.

En 2011, l’INSEE a recensé en France 2,1 millions de femmes au foyer, ce qui représente 14% de la population féminine âgée de 20 à 60 ans. Vingt ans plus tôt, on en comptait 3.5 millions, soit 24% de la population féminine âgée de 20 à 60 ans de l’époque. Les femmes au foyer sont moins nombreuses qu’avant, cependant, 14% est un pourcentage non négligeable, et c’est à ces 14%-là que s’adresse cet article !

Parmi ces 2 millions femmes au foyer, 80% d’entre elles ont déjà travaillé dans le passé. Elles ont cessé leur activité professionnelle, suite, pour la majeure partie d’entre elles, à la naissance d’un ou de plusieurs enfants. (L’autre cause, mineure mais tragique, est la rupture d’emplois précaires non renouvelés). Plus le nombre d’enfants est élevé, plus les mères sont nombreuses à s’arrêter de travailler : 28% des mères se sont arrêtées (pendant au moins un mois en plus du congé maternité) pour leur premier enfant, tandis qu’elles sont 40% à s’arrêter pour un deuxième, et 55% pour un troisième.

Comme, qui dit « cessation » suppose « reprise », il arrive, une ou plusieurs fois dans une vie, de se poser la question : « Est-ce que je reprends le travail ou pas ? »

Se poser la question est un luxe. Il faut en être conscient. Mais la réponse n’est pas toujours évidente. Alors je m’adresse à celles et ceux qui hésitent, qui tergiversent, qui culpabilisent, et à qui j’ai envie de dire : « Ne doutez plus ! Et assumez votre choix ! » Pour cela, voici quelques points à passer en revue, afin de prendre la décision qui vous rendra pleinement heureux, vous et votre famille. Quelques questions à résoudre personnellement, afin d’assumer votre choix, pour qu’à l’avenir, dans des moments de doute ou de culpabilité, vous vous rappeliez pour quelles bonnes raisons vous avez opté pour la reprise du travail, ou pas.

Votre métier

Est-ce un métier-passion ou un métier « alimentaire » ? Aimez-vous votre métier ? Si vous arrêtez, est-ce qu’il vous manquera ? Votre famille a-t-elle besoin de vos revenus pour vivre ? Votre métier est-il compatible avec une vie de famille ? Est-il possible, si vous le souhaitez, de négocier un temps de travail à 80% ? 50% ?

Que recherchez-vous dans votre métier ? De la reconnaissance ? Des rapports humains ? Faire quelque chose d’utile ? D’intéressant ? Mettre à profit vos compétences ? Pouvez-vous répondre à ces besoins par d’autres alternatives ?

Vous

Qu’avez-vous reçu comme modèle d’éducation ? Avez-vous aimé ? Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Où puisez-vous votre épanouissement personnel ? Votre joie de vivre ? Qu’est-ce qui vous motive ?

Allez-vous vous ennuyer si vous restez à la maison ? Que feriez-vous pour occuper vos journées ?

Votre inclination pour rester à la maison correspond-elle à une vraie « vocation » ou est-ce une fuite du monde du travail ? A contrario, votre inclination pour retravailler correspond-elle à un réel désir ou est-ce une fuite de la maison ?

Êtes-vous influencé(e) par la norme ? Par ce que pensent ou disent vos proches ? Par la société ?

Vos enfants

Êtes-vous prêt(e) à les confier à une nourrice, à les laisser à la crèche, au centre de loisirs, à la cantine ? Que faites-vous s’ils sont malades ? Comment organiserez-vous les 16 semaines de vacances scolaires ? Votre conjoint est-il disponible ? Est-ce important pour eux et pour vous d’assister au spectacle de Noël, à la fête de fin d’année, de superviser leurs devoirs le soir ? Ont-ils encore besoin de vous ?

Êtes-vous prêt(e) à continuer à vous en occuper toute la journée ? Avez-vous de la famille, des amis, une garderie, pour prendre votre relais et avoir du temps pour vous ?

Votre conjoint

Comment vous voit-il : à la maison ou au travail ? Que souhaite-t-il pour votre famille ? Y voit-il un sujet à discussion ? Êtes-vous libre dans votre choix ? En parlez-vous sereinement tous les deux ?

Solutions alternatives

Avez-vous envie de changer de métier ? Qu’aimeriez-vous faire ? Que pourriez-vous faire ? Avez-vous fait un bilan de compétences ? Avez-vous envie de créer votre propre entreprise ? Comment fait-on ? (pour la réponse à cette question, je vous renvoie à un prochain billet de David Bonhomme sur l’entrepreneuriat !)

Êtes-vous attiré(e) par le bénévolat ? Le monde associatif ? Pour quelles causes ?

Conclusion

Les réponses à toutes ces questions sont tellement personnelles ! Personne n’est en mesure de vous juger, d’autant plus si vous recherchez en vérité ce qu’il y a de mieux pour vous et votre famille. Alors bon questionnement, il peut prendre du temps, et surtout, il peut réapparaître plusieurs fois dans votre vie !

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