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Conversion d’un enfant du siècle. Épisode 1

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« J’ai grandi dans une famille athée. »

Je suis un jeune Parisien de bientôt 25 ans que rien ne destinait à se tourner un jour vers cette chose indistincte et que j’appelais jusqu’à récemment encore « la religion ». Pourtant, depuis bientôt deux ans, je me considère comme catholique – et je serai très prochainement baptisé.

J’ai grandi dans une famille athée. Si de nombreux parents affirment ne pas baptiser leur enfant pour leur laisser le choix, je crois que mes parents n’y ont pas même réfléchi : l’idée leur aurait semblé parfaitement incongrue, car ni mon père ni ma mère n’était croyant. Je n’ai donc reçu aucune éducation religieuse.

Le monde autour de moi ne portait que de manière lointaine la trace de cette foi qui est désormais la mienne. Le christianisme ne m’était bien sûr pas étranger, loin de là, mais il me parvenait comme une toile de fond culturelle, sans profondeur, dans les romans, les tableaux et sur les bâtiments. J’acceptais le « fait religieux » avec détachement, comme un élément historique nécessaire à la compréhension du passé, de manière tout aussi dépassionnée qu’à la lecture de l’Odyssée, et sans plus croire au Christ qu’à Zeus.

La présence silencieuse de la religion à mes côtés

Je pourrais dire que le rôle qu’a joué la religion dans ma vie fut secondaire, mais c’est précisément sa présence silencieuse et continue à mes côtés, dans l’ombre, qui m’apparaît aujourd’hui dans toute sa force lorsque je relis, à la lumière nouvelle qu’elle m’apporte, les événements de mon enfance et de mon adolescence.

Le chemin que j’ai parcouru d’un point à l’autre, de l’athéisme revendiqué de mes 15 ans jusqu’aux prières de mes 25 ans, n’a rien d’une longue et fastidieuse traversée du désert jalonnée d’épreuves. Il ne s’agit pas non plus d’une révélation spectaculaire et subite comme on en trouve bien trop dans les livres et les films.

Vers une destination certaine 

Ma conversion, quoi que j’aie encore de la difficulté à lui donner ce nom presque trop solennel, ressemble bien davantage à une douce et irrésistible progression vers une destination certaine – et pourtant confuse. C’est finalement son caractère de profonde évidence qui fait de ce changement profond une expérience qui peut, je le crois, intéresser toute personne qui, de près ou de loin, connaît la situation dans laquelle je suis ou dans laquelle j’ai été.

J’étais bon élève à l’école, et la culture acquise au fil de mes lectures me rendait familiers plusieurs des grands épisodes bibliques. J’avais remarqué que, sur ce sujet, mes connaissances dépassaient parfois celles de mes camarades qui, eux, avaient « caté » le mercredi – et qui n’y allaient la plupart du temps qu’à reculons. J’en tirais une certaine fierté, ne manquant pas une occasion de me moquer gentiment d’eux, non sans un orgueil parfaitement puéril. Moi, qui ne crois même pas en Dieu, me disais-je au fond de moi, j’en sais plus qu’eux sur la religion.

Si l’on met l’arrogance d’une telle attitude sur le compte de la jeunesse et sur celui de l’ignorance cette naïveté d’avoir cru que la foi était affaire de culture générale, il demeure alors ce paradoxe qui ne m’apparaît comme tel qu’aujourd’hui : je tenais pour particulièrement précieuse la connaissance de la Bible, à laquelle je ne croyais pourtant pas et que je n’avais jamais lue. Sans l’avoir ouvert, ce livre dégageait un prestige qui ne semblait pas se limiter à son autorité. Il m’impressionnait.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. »

(Jean 1,1)