Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Vidéo. Le témoignage effrayant d’un instituteur à Alep

©Pierre Le Corf
©Pierre Le Corf
©Pierre Le Corf
Partager

Pierre Le Corf est un français de 27 ans qui partage le quotidien des habitants de la ville syrienne.

« Parfois je suis épuisé. J’essaye de ne pas montrer trop d’images difficiles pour ne pas pourrir votre quotidien, aider les gens ici ne veut pas dire vous importer la guerre, la souffrance au quotidien, mais la connaissance de ce qui se passe, essayer de vous montrer à travers mes yeux… J’ai tout essayé… Ce n’est pas mon sang, je n’ai pris que de tout petits éclats. Un premier mortier est tombé quand je partais de chez moi, je suis tombé par terre, une partie d’un building s’est effondrée mais je n’ai rien eu, les magasins qui se ferment, la fumée qui envahit la rue, les gens qui courent s’abriter. Je cours moi aussi, mais 300 mètres plus loin je suis projeté par terre, un autre mortier vient de tomber sur un générateur en plein centre-ville, je n’entends plus rien, je me relève, juste un sifflement puis en tournant la tête le sang, les cris d’un homme par terre avec une partie du bras et l’épaule arrachée j’essaye de stopper l’hémorragie, je le tire de l’autre côté de la rue à l’abri, je cours un homme hurle pour que l’on aide son père, ses pieds sont arrachés ne tiennent plus que par son pied, ses doigts pendent et sa cuisse est éventrée. J’essaye putain mais on le met dans une voiture, il s’est presque vidé de son sang déjà. Ils sont morts je viens de l’apprendre.

« Ce matin j’allais boire un café, il y avait du soleil et un ciel bleu, puis tout est devenu noir et rouge… »

La dernière fois je bouchais l’impact de balle dans le ventre d’un homme touché par un sniper, une autre fois je mettais dans un petit camion un homme dont une jambe avait été arrachée, et j’en passe … je vous demande seulement d’essayer de ressentir, essayer d’imaginer ce que ça veut dire que de se battre pour les gens puis en ramasser les morceaux dans la rue, des gens, qui, comme vous vont au travail, emmènent leurs enfants à l’école, vont boire un café, ont des rêves pour demain puis l’enfer … des gens qui ne demandent rien, qui voulaient juste vivre ce matin, et comme chaque jour voilà ce qui arrive. Je voyais ces deux hommes tous les jours, imaginez que ce soit votre quotidien, que ce soit vos enfants, votre père, votre soeur, parce que en continuant de soutenir cette guerre, en continuant de soutenir ces sois disants rebelles qui massacrent les gens au hasard vous soutenez ce qu’ils font, vous êtes ceux qui vont font tant peur en Occident mais loin des yeux loin du coeur…

Ce matin j’allais boire un café, il y avait du soleil et un ciel bleu, puis tout est devenu noir et rouge, je vous demande simplement d’essayer de ressentir, les projectiles tuent de l’extérieur mais aussi de l’intérieur, cette guerre provoque des dommages terribles auprès de centaines de milliers d’innocents, je vous demande simplement de ne pas oublier ceux qui vivent ici et de ne plus donner plus de munitions à ceux qui nous tuent, d’essayer de comprendre, pitié juste essayez de comprendre et de vous faire votre propre idée plutôt que d’avaler tout ce que l’on essayer de vous fourrer dans le crâne, ça coûte des vies. »

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]