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Retour sur une première historique : la visite d’un Pape chez les Assyro-chaldéens

© François Brunhes
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Pourquoi le Saint-Père s'est-il rendu en Géorgie ?

L’arrivée sur les lieux de l’église assyro-chaldéenne de Tbilissi, la capitale géorgienne, dans le quartier très populaire de Saburtalo, a de quoi laisser perplexe le commun des mortels. On y arrive par un chemin de terre large de deux mètres recouvert de gravillons noirs pour l’occasion. On méandre dans un marché d’échoppes en tôle ondulée engoncées dans un écrin de barres d’immeubles. Un dédale de stands où s’exercent toutes sortes de métiers du bâtiment. Puis, s’élèvent devant nous deux petites tours carrées d’un bâtiment à la façade marron clair. Au coin, à cinq mètres de l’entrée, un forgeron est à la manœuvre pendant que deux livreurs à la camionnette d’un autre âge attendent. Il est difficile d’imaginer que dans quelques heures viendra ici le pape François.

Mais qui sont les Assyro-chaldéens [1] et pourquoi le souverain pontife vient-il prier avec eux en Géorgie à la face du monde et ce pour la première fois dans l’histoire [2] ?

© François Brunhes
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Être assyro-chaldéen, ce n’est pas appartenir à une race

Le père Benjamin Beth Adegar, arrivé à Tbilissi depuis 1994, m’explique : « Il est très difficile de savoir d’où nous venons avec certitude. Le peuple assyro-chaldéen est un peuple de langue sémite, nos origines sont autant de Babylone que d’Assur (tous deux aujourd’hui en Irak) ». Avant de reprendre, le père Benjamin, qui s’occupe de deux mille fidèles à Tbilissi [3] me dit : « Ce qui nous a rassemblés, c’est la langue araméenne, celle de notre Seigneur. Notre destinée s’est frayée un chemin à travers les persécutions, les affres de se déplacer sans cesse, d’avoir à gagner sa vie dans des régions autrefois inhospitalières ». Avant que ces derniers trouvent refuge dans le Caucase en masse à partir de 1805.

© François Brunhes
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Pour bien clarifier les choses, mon interlocuteur aux yeux pétillants précise qu’être assyro-chaldéen, ce n’est pas appartenir à une race : « Les royaumes assyrien et chaldéen étaient ennemis dans l’antiquité, nous sommes avant tout réunis par notre foi en Jésus ». Cet homme débordé me reçoit pourtant très courtoisement entre deux négociations avec les services de sécurité chargés de placer les rares médias acceptés pour l’événement. Ce n’est pas qu’il y a une sélection, mais seulement trois cents personnes peuvent entrer dans l’église Saint-Simon Bar Sabba, comptant entre autres les familles assyro-chaldéennes qui se sont déplacées de toute la Géorgie, mais aussi d’Irak, de Syrie, des USA, de France et du Canada. Un peu à l’image de leur patriarche, Louis-Raphaël I Sako, qui prononce un mot de bienvenue court et touchant.

Chacun à sa manière sent qu’être ici, c’est entrer dans l’histoire de l’humanité par la petite porte et sans discours. Qu’à cela ne plaise aux orthodoxes géorgiens venus à presque trois cents manifester à une cinquantaine de mètres du Saint-Père avec des banderoles du type : « Pape archi-hérétique, tu n’est pas le bienvenue dans l’orthodoxie géorgienne ! »

Les raisons de la visite du Pape 

C’est dans ce contexte que le pape François entre dans l’église. Il bénit et s’incline légèrement mais avec distinction devant le maître-autel et la croix entourés d’inscriptions araméennes. Et il prie par ces mots : « Seigneur nous adorons ta croix qu’elle nous délivre du péché origine de toute division… ».

© François Brunhes
© François Brunhes
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Qu’est-il donc venu faire ici ?  Vous l’avez compris, François n’est pas homme à se laisser dicter les choses par des convenances. Pour lui, c’est avant tout une visite de foi dans une paroisse de chrétiens catholiques orientaux, si souvent oubliés, broyés par le rouleau compresseur de l’histoire (les persécutions récentes et passées en Irak, en Syrie, en Turquie et en URSS….), ayant survécu en silence, gardant malgré tout leur foi. Parce que, simplement, à l’image de leur langue, elle vient directement de Jésus-Christ. C’est cette fidélité millénaire que le Saint-Père est venu bénir ce soir.

[1] Les Assyro-Chaldéens aussi appelés Aïssor sont estimés entre 50 000 et 120 000 à travers le monde selon diverses sources (principalement en Irak, en Syrie, en Russie, en Ukraine, en Géorgie, en Arménie, en Azerbaïdjan, en France, aux États-Unis et au Canada). Leur siège patriarcal est à Bagdad.

[2] Jamais dans l’histoire un Pape n’est entré dans une église assyro-chaldéenne.

[3] En 2002, le gouvernement géorgien les recensait sous le nom d’Aïssor, il en avait compté 3 299.

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