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De Paris à Rome, le récit de deux pèlerins (4/6)

Château de Hône © Marc Eynaud
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Carnet de route de deux jeunes Français sur la via Francigena.

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La vallée d’Aoste est passée bien vite. À peine avions-nous réussi à nous habituer aux montagnes, les voici qui se défilent sous nos pieds enfin aguerris. En trois jours nous avons traversé une région que même Mussolini n’a pas réussi à italianiser totalement, tout nous ramène à la France, que ce soit le nom des villes traversées (aux patronymes pas vraiment transalpins comme Châtillon ou Echevennoz), les noms des habitants ou encore la langue parlée. Comme nous l’a expliqué une professeure d’anglais (vous suivez ?) les écoliers d’Aoste ont autant de cours de français que d’italien. Néanmoins, nous en étions certains, la Suisse était vaincue non sans une opiniâtre résistance. Et la patrie de Jules César, des Farnese, des Médicis, aussi berceau de la foi chrétienne n’attendait que nous.

L’omniprésence des églises en Italie 

C’est une fois en Italie que nous prenons conscience de la réalité de notre destination. Bien plus qu’en France et en Suisse, la via Francigena se signale par la précision de son balisage et la connaissance qu’en ont les habitants. Enfin nous pouvons sortir le petit guide vert décrivant l’itinéraire italien de la via.

Après la vallée d’Aoste un paysage radicalement différent est apparu. La plaine de Vercelli et celle du Pô nous offrirent un dénivelé nul au milieu des champs de maïs et des rizières. Une étape monotone et humide sous un soleil sans ombre, voilà ce que nous retiendrons d’une plaine qui reste cependant la capitale mondiale du risotto.

Mais le plus frappant en Italie reste l’omniprésence des églises, calvaires et chapelles qui ornent chaque route et chaque village. Ces derniers sont d’ailleurs surprenants par la vie qui y règne et il est courant d’y trouver un patronage en activité. Un pays peu touché par la pénurie des vocations ? D’après le vicaire général du diocèse d’Ivréa le constat est bien plus contrasté « l’Église italienne s’inspire de plus en plus du modèle français car nous connaissons avec trente ans de décalage la crise que vous traversez ».

Une immersion dans notre Histoire 

Toutefois pour les pèlerins que nous sommes, trouver une messe dominicale ou un prêtre n’a jamais été aussi facile. Tous à une exception près se sont montrés compréhensifs et charitables.

Autre détail notable, nous sommes dans des régions qui ont bien connu la France ou tout au moins ses armées. Ainsi à Fornovo di Taro nous nous sommes rendus compte que nous traversions le champ de la bataille de Fornoue qui vit les troupes du roi de France Charles VIII enfoncer l’armée italienne pourtant en grande supériorité numérique. Bataille qui rendit célèbre en Italie la « Furia Francesa ». Un lieu qui fit oublier le souvenir de Pavie et de la catastrophe militaire qui nous coûta — outre nos ambitions italiennes  l’humiliation de voir un roi de France, François Ier, emprisonné par l’ennemi espagnol. Une immersion dans ce pays, mais aussi dans notre Histoire, puisque l’Histoire de l’Italie ne s’est jamais écrite sans la France.

Les autres épisodes par ici :
Épisode 1
Épisode 2
Épisode 3

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