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Le pape François condamne les doubles jeux qui enlisent la crise syrienne

© Antoine Mekary / Aleteia

Pope Francis General Audience September 28, 2016

Isabelle Cousturié - Publié le 30/09/16

"Ce mal qui emprisonne la conscience et la volonté doit nous interpeller. Détruire pour détruire, pourquoi ?", a interpellé le Saint-Père face aux instances engagées dans l’aide humanitaire.

Au lendemain de son appel à sauver les habitants d’Alep, en Syrie, le pape François est revenu sur la gravité de la crise en Syrie, mais également en Irak, où « personne jusqu’ici n’a été en mesure de mettre fin à la souffrance extrême et la violation continue des droits de l’homme », a-t-il déploré en recevant le 29 septembre, au Vatican, les membres d’une quarantaine d’organismes de charité et représentants d’épiscopats et de congrégations religieuses travaillant au Moyen-Orient. Présent également, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Staffan Mistura, qui, à la sortie, a qualifié les appels pressants du pape de « nécessaires » et « urgents ».

Constat sans détours

Depuis 2011, la crise humanitaire syrienne et irakienne aurait fait plus de 300 000 victimes et un million de blessés. Un an après la dernière rencontre organisée par le Conseil pontifical Cor Unum, le Saint-Père constate « avec une grande tristesse que, malgré les nombreux efforts prodigués dans divers domaines, la logique des armes et de l’oppression, les intérêts obscurs et la violence continuent de dévaster ces pays « .

Le constat du Pape est sans détours. »Pourquoi l’homme, même au prix de dommages incalculables pour les personnes, leur patrimoine et l’environnement, continue-t-il de s’enfoncer dans le mensonge, la vengeance et la violence ? », s’est-il interrogé, en présence de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, et donc dans l’espoir d’être entendu par les pays membres de l’ONU. « La violence engendre la violence ! (…) Nous avons l’impression d’être pris dans une spirale d’arrogance et d’inertie dont il semble difficile d’échapper (…) Ce mal qui emprisonne la conscience et la volonté doit nous interpeller. Détruire pour détruire, pourquoi ? », a-t-il martelé.

Appel aux instances internationales

Mettre fin au conflit est entre les mains de l’homme, a poursuivi le Saint-Père. « Chacun de nous peut et doit devenir un artisan de paix, car chaque situation de violence et d’injustice est une blessure que l’on fait au corps de la famille humaine tout entière », a-t-il insisté, avant de demander à toute la communauté internationale de ne pas  » regarder ailleurs »  mais au contraire, de « renouveller et multiplier ses efforts » pour répandre la paix  au Moyen-Orient.

Aux instances internationales, en particulier aux Nations unies, il a promis l’aide de l’Église dans leur travaillant de « soutien » et  « médiation »auprès des divers États, afin que « le bien des populations » soit vraiment leur priorité. « Cette route nous devons la parcourir ensemble avec patience et persévérance, mais aussi urgence « , a-t-il encouragé avant de demander au Seigneur « d’inspirer les esprits et les cœurs de ceux qui ont des responsabilités politiques, afin qu’ils sachent renoncer à leurs intérêts partisans et puissent atteindre le plus grand des biens : la paix ».

Réactions après l’audience

Dans une déclaration recueillie à la sortie de l’audience, par l’agence I-Media, l’archevêque chaldéen d’Alep et président de Caritas en Syrie, Mgr Antoine Audo, a souligné le caractère « réaliste » et « parfaitement justifié » des propos tenus par le Pape. Un Pape « particulièrement touché par les conséquences dramatiques de ces crises », a relevé pour sa part Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de L’Œuvre d’Orient depuis 2010. Jamais ce dernier n’avait vu le Saint-Père « aussi accablé », a-t-il confié à nos confrères. Pour les deux hommes, le Pape est « très conscient »  du double jeu de certains pays face à cette crise humanitaire sans précédent.

Même réaction du secrétaire général des Nations unies pour la Syrie, Staffan Mistura, dans des propos recueillis par Radio Vatican, à la sortie de l’audience : la situation est tellement critique et délicate sur le terrain, que les messages et appels du Saint-Père sont « nécessaires »  pour toute la communauté internationale. « Aujourd’hui, la Syrie est pleine d’armes, a-t-il souligné, l’Onu le demande précisément ; qu’il n’y ait plus d’armes d’un côté comme de l’autre (…) car nous l’avons vu, et moi-même j’ai pu le constater en quarante-six ans et dix-neuf conflits, c’est quand les armes et munitions commencent à manquer que tout le monde est prêt à parler de paix. Donc, c’est urgent ! ».

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AlepIrakPape FrançoisSyrie
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