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IVG : « Les pierres crieront ! »

© Alexander Raths/SHUTTERSTOCK
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« Défendre la possibilité de la femme à avorter ne signifie pas le considérer comme un acte émancipateur et bon. »

Laurence Rossignol, Ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes veut nous faire croire que l’accès à l’IVG serait aujourd’hui en danger. Les responsables ? Des sites internet qui « sont en fait des leurres, déclare-telle sur France-Info le 17 septembre, et emmènent sur de la propagande anti-IVG. Ce n’est plus devant les cliniques qu’on s’enchaîne aujourd’hui, c’est sur internet que la lutte se poursuit.» Et de constater que « les opposants n’ont jamais désarmé. Pas une fois, pas une heure, pendant ces quarante ans, ils n’ont cessé de chercher à dissuader des femmes, à affaiblir leur droit à l’IVG. »

Laurence Rossignol s’appuie sur la loi Veil pour légitimer son projet de créer un délit d’entrave numérique à l’IVG. Or en cela, elle fait un contre-sens puisque la loi Veil n’a jamais créé un droit à l’IVG mais l’a dépénalisé à certaines conditions comme étant un moindre mal au vu de la santé publique. C’est donc une loi de tolérance qui, rappelons-le, a pour objet un mal que l’on supporte car sa suppression apparaît comme pire. Simone Veil dans son discours du 26 novembre 1974 affirme explicitement que cette loi «  ne crée aucun droit à l’avortement » mais qu’elle est là pour « le contrôler et en dissuader les femmes ». Non seulement ce volet prévention de la loi n’a jamais été appliqué mais la législation a effectivement évolué vers la production d’un « droit à avorter ».

Mais à qui est opposable ce droit ? A qui crée-t-il un devoir correspondant ? A ceux qui pourraient empêcher la femme de recourir à ce geste, le corps médical et les opposants considérant que l’avortement est la suppression d’une vie humaine innocente. Ce droit d’accès remet-il en cause le fait que l’avortement demeure l’objet d’une tolérance (et donc reconnu comme un mal bien que moindre dans certaines circonstances) car transgressant le principe du droit à la vie qui constitue, ne l’oublions pas, le premier article de la loi Veil ?

Le tour de passe-passe rhétorique consiste à faire croire que l’avortement est désormais un droit fondamental, fruit d’une conquête glorieuse et vecteur d’émancipation de la femme et que donc tous ceux qui nient sa qualité de droit conspirent contre le progrès du genre humain, les droits de l’homme, la démocratie, bref sont d’affreux rejetons de la « bête immonde ».

Le sophisme consiste à présenter comme identique ce qui ne l’est pas : car défendre la possibilité de la femme à avorter ne signifie pas le considérer comme un acte émancipateur et bon. En effet, la transgression du principe du droit à la vie pour tout être humain demeure ; l’article 1 de la loi Veil n’a pas été abrogé et pour cause, le respect de la vie humaine est un des principes fondamentaux de notre République. Les polémiques actuelles sont donc révélatrices que l’avortement demeure un tabou au cœur de notre société et que la loi Veil est une position intermédiaire, supportable dans le champ pratique mais insupportable dans le champ théorique.

En effet, d’un côté l’avortement n’est toujours pas un acte anodin. Selon un récent sondage IFOP, 89% des français continuent à considérer que l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes. Ce chiffre impressionnant peut être interprété de deux manières. Soit on considère qu’avorter n’est pas plus grave que de se faire arracher une dent de sagesse ou enlever une tumeur bénigne, et alors on considère que la souffrance psychique post-avortement est la conséquence de représentations archaïques entretenant la culpabilité. Il est donc urgent de faire taire toutes ces voix discordantes qui alimentent ce fond de préjugés et contribuent à l’aliénation des femmes. L’idée même de prévention de l’avortement paraît alors inintelligible puisque cet acte n’est en rien un mal, fut-il moindre.

Soit on considère que ce chiffre de 89% révèle que les gens ont l’intuition plus ou moins claire que l’avortement est le fait d’interrompre, non seulement une grossesse, mais par là même la vie d’un être à un stade de son développement que chacun a par définition vécu. Et il faut constater que cette intuition résiste à la persistante volonté de banaliser cet acte par des campagnes publicitaires et son remboursement total par la sécurité sociale. Mais si l’avortement n’est pas simplement l’interruption d’une grossesse mais le fait d’enlever la vie à un être, non pas neutre et indifférencié, mais de nature humaine, la position de moindre mal paraît intenable. Quel bien pourrait-il être mis dans la balance en face d’une vie humaine?

La conscience morale peut difficilement supporter cet entre-deux qui pourtant, pratiquement, paraît être un compromis habile et raisonnable (tel était la manière dont Simone Veil a présenté la loi dépénalisant cet acte pour des raisons de santé publique). Cet inconfort tend à se résorber dans le discours militant tenu par Laurence Rossignol qui dès lors ne peut plus tolérer une voix discordante osant juger cet acte comme un « crime abominable », selon l’expression de Vatican II (Gaudium et spes, n°51) reprise dernièrement par le pape François.

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