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Démineur. Vous avez vu le film ? Voici la réalité

© Fraternité en Irak
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Dans la plaine de Ninive, "Fraternité en Irak" organise le déminage de 6 villages récemment repris à l'État islamique.

« Quand tu reviendras en Irak, nous fêterons ensemble notre retour à Qaraqosh », assurait Rony, chrétien irakien, au vice-président de Fraternité en Irak, Jean Valette d’Osia. C’était au mois d’août, et les chrétiens montraient un optimisme auquel ce dernier n’était pas habitué : « Depuis 2014, je ne les avais jamais entendu parler aussi ouvertement, et avec autant de confiance, de leur retour dans leurs terres », constate-t-il. La Coalition internationale confirme, prédisant que la plaine de Ninive sera libérée d’ici un an.

Daesh sème la mort, espérant la récolte

Même si ces prévisions optimistes s’avéraient, les djihadistes mettent tout en œuvre pour que la paix ne revienne pas après leur départ. Ils posent des pièges diaboliques, comme le décrit Jean Vallette d’Osia :  » Ça peut être une porte, dont l’ouverture déclenche une explosion, dans une autre maison, une simple ampoule… Un pneu laissé au milieu de la route… Tout peut être piégé ». Il est même arrivé qu’un exemplaire du Coran, laissé à terre, dissimule une mine !

Six villages-pilotes

Six villages kakaïs et chrétiens ont été repris par les Peshmergas Kurdes sur les djihadistes de Daesh, et dans les jours qui ont suivi, douze personnes ont trouvé la mort en voulant rentrer chez elles, à cause d’engins explosifs. Pour permettre le retour des villageois sur leurs terre, Fraternité en Irak fait appel à se donateurs et prépare une campagne de déminage qui devrait durer 6 mois et coûter 330 000 euros. Les Kurdes n’ont pas les moyens technologiques de faire ce travail en sécurité, et l’association humanitaire a donc fait appel à une ONG spécialisée, dont les démineurs sont majoritairement d’anciens militaires européens. Ils commenceront le travail et formeront, parallèlement, des collègues irakiens.

Volontaires pour déminer leurs terres

Les opérations de déminage menées dans ces six villages servent de pilote pour d’autres à venir : si la plaine de Ninive était prochainement libérée, il y aurait un gigantesque travail à accomplir, et l’expérience acquise serait déterminante. L’une des craintes de « Fraternité en Irak », c’est que la libération de Mossoul provoque un « appel d’air » de milliers de chrétiens rentrant chez eux, sans que la sécurité ne soit assurée. Pour le faire, le recrutement de locaux a de nombreux avantages : ils connaissent les lieux, peuvent entendre des témoignages de personnes qui ont vu Daesh opérer. Et ils transmettent une partie de leurs enseignements à la population civile, qui sera fatalement confrontée à des engins explosifs, mines ou munitions non explosés.

Monseigneur Petros Moché, archevêque syriaque-catholique de Mossoul en exil à Erbil, voit dans le déminage un « signal positif fort » envoyé aux populations. Elles n’ont qu’une hâte, assure-t-il, rentrer chez elles rapidement et dans les meilleures conditions possibles.

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