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De l’Argentine au Vatican : un film part sur les traces de François

© Disney Media Distribution
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« Le pape François » sortira dans les salles françaises le 28 septembre.

Ana est une journaliste espagnole bientôt quadragénaire, typique de sa génération : parcours professionnel réussi, intérêts multiples, relations cordiales. Pour autant, rien de solide dans sa vie : partagée entre son travail et ses amours, sans convictions autres que ses attachements familiaux, elle est envoyée à Rome couvrir le conclave de 2005, qui élira Benoît XVI, au moment même où elle se découvre enceinte.

Une rencontre hors du commun

Alors qu’elle passe le voyage à se demander si elle cédera au père de son enfant qui exige qu’elle avorte, écartelée entre les exigences de son autonomie et les principes inculqués par sa mère argentine, elle se retrouve soudain, dans le train qui la mène de l’aéroport au Vatican, face à un prélat qu’elle reconnaît immédiatement : le « padre Jorge », archevêque de Buenos Aires. Cette rencontre changera sa vie, au point qu’elle va s’attacher au cardinal Bergoglio et le connaître de mieux en mieux, entraînant les spectateurs que nous sommes dans la découverte du parcours et de la personnalité hors du commun du futur pape François.

En somme, une jeune femme déclassée rencontre un prélat inclassable. Ce qui permet au film, sans prétendre à l’objectivité [1], de nous livrer un regard personnel [2] qui, tout en assumant un ton résolument hagiographique, ancre les personnages dans la réalité contemporaine.

Avec simplicité et audace 

La construction classique du récit fait alterner les scènes de rencontre entre la journaliste et le prélat avec des flashbacks sur la jeunesse et la carrière du padre Jorge. Une belle photo (le chef opérateur est celui de Biancaneves) et une bande son parfois pesante accompagnent ces allers et retours. Loin des ors du Vatican ou de la mythologie jésuite, nous découvrons surtout un archevêque attaché à son peuple et s’efforçant, avec une simplicité et une audace quelquefois déconcertantes, de témoigner de la tendresse du Seigneur.

Maints aspects sont ainsi traités, aussi bien sur l’Argentine, où cohabitent trafiquants de drogue et junte autoritaire, que sur l’Église, qui mêle en son sein « prêtres pharisiens » et pécheurs pardonnés. Du contexte de Buenos Aires aux combats souterrains du Vatican le prisme est large, même si demeurent quelques énigmes, par exemple la trajectoire du jésuite avant son épiscopat ou l’évolution de ses relations familiales une fois sa vocation assumée.

Au terme d’une histoire aux rebondissements émouvants se dégage la vision d’un homme spirituel, à l’intelligence pratique, qui ne cherche pas à tout expliquer mais veut prendre à bras le corps le réel pour y trouver et y manifester la miséricorde de Dieu – comme aussi ses exigences.

Peut-être le portrait aurait-il eu plus de relief en évoquant quelques faiblesses du héros, ou comment son prédécesseur a pu, dans un style différent, lui ouvrir la voie. Il reste que les spectateurs seront souvent passionnés par ce récit très concret, qui éclaire beaucoup de questionnements actuels sur l’Église et le monde.


[1] L’acteur principal ressemble peu physiquement au pape François, manière sans doute de souligner que le film n’est pas identique au réel. Tout au plus des images authentiques du Saint-Père, à la fin, permettent-elles de faire le raccord.

[2] D’ailleurs inspiré du best-seller Francisco: Vidad y Revolucion, écrit par Elisabetta Piqué à partir de sa propre rencontre avec François.

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