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Quel était le quotidien du Christ ?

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Leemage via AFP

Détail de La Madone des ombres, de Fra Angelico, couvent San Marco de Florence.

Angélique Provost - publié le 18/09/16 - mis à jour le 02/01/23

Enquête sur sa vie cachée à Nazareth.

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Ne vous êtes-vous jamais demandé ce qu’avait bien pu faire Jésus-Christ pendant sa vie ? Entendons-nous bien, nous savons tous parfaitement bien ce qui se passa durant les trois dernières années de la vie du Sauveur, de ses 30 à ses 33 ans. Cette partie, appelée vie publique du Christ, a été longuement préparée par la Sainte Famille durant les trente années précédentes : la vie cachée.

C’est une période que l’on devine pieuse, sainte, mais aussi humaine et laborieuse pour saint Joseph, la très sainte Vierge Marie et leur divin enfant. Il est étonnant que sur trente trois ans de vie parmi nous, le Bon Dieu n’ait décidé d’en rendre publique que trois.

À quoi ressembla le quotidien du Christ ?

Tout ce que veulent bien nous apprendre les Évangiles à ce sujet se trouve chez saint Luc :

« L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui » (Lc 2, 40).

Une simple phrase nous en dit pourtant déjà beaucoup : les termes de grâce et de sagesse nous laissent entendre combien le foyer marial respirait l’amour, l’obéissance souriante, la douceur et l’humilité.

C’est ainsi qu’on peut aisément déduire ce qui constitua le quotidien de l’enfant-Jésus : le devoir d’état. Puisqu’il était fils de charpentier, il fut formé par son bon père Joseph au même métier, qu’ils exercèrent sans aucun doute côte à côte dans l’atelier de la maison. Il priait aux heures de prières, travaillait aux heures du travail, aidait sa mère lorsque c’était nécessaire pour les tâches de la maison… Il passa 90% de sa vie à l’abri des regards du monde, malgré sa nature divine, dans une vie de sainteté discrète, d’obéissance filiale et de travail persévérant.

Pourquoi trente ans de silence ?

Comment expliquer que le Fils de Dieu fait homme demeure trente ans dans le silence, alors que le but premier de sa venue était le rachat du péché originel ?

Il nous faut simplement comprendre que, si l’Incarnation elle-même eut été suffisante à racheter l’humanité, Il a tenu à se faire homme jusqu’à la mort, mais aussi jusqu’à l’humilité du quotidien pour assumer pleinement sa nature humaine. Il nous a ainsi donné un enseignement de plus, tacite cette fois, à ajouter au rang des paraboles de sa vie publique : la vie cachée de la Sainte Famille est une véritable « école de l’Évangile », ainsi que le rappelle Paul VI. C’est une source intarissable d’inspiration pour la spiritualité de la vie quotidienne.

Silence, famille, piété et travail

Cette soumission quotidienne de l’enfant-Dieu à ses parents annonçait déjà la soumission du Jeudi Saint :

« Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » (Mc 14, 36).

Non qu’Il lui fallut l’exercice d’une vie entière avant d’arriver à une telle confiance en Dieu, puisqu’Il est Dieu. Mais Il nous enseigne ainsi que le quatrième commandement forge l’âme à la fidélité et aux grandes choses. Sa prime obéissance inaugurait, en quelque sorte, le rachat de l’humanité.

Alors s’il faut résumer en quelques mots la leçon à tirer de cette vie cachée à Nazareth, elle tient en ceci : silence, famille, piété, travail. Nazareth a été le levain qui permit aux trois dernières années de cette vie divine d’éclore dans toute leur splendeur. Puisque Dieu lui-même a consacré trente ans de sa vie d’homme à sanctifier la vie de famille et le travail quotidien, n’oublions pas de méditer à ce sujet lors du cinquième mystère joyeux, le recouvrement de Jésus au temple, seule rupture du silence de cette période, venue rappeler la nature divine du petit Enfant.

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Jésusnazareth
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