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Partir ou rester ? L’engament d’un volontaire

©Jean Matthieu GAUTIER/CIRIC

©Jean Matthieu GAUTIER/CIRIC

26 janvier 2011 : Aurèle, 24 ans, Volontaire "Bambou" Enfants du Mekong, en visite de personnes bénéficiant d'un programme de parrainage sur le site de relogement de Calauan Laguna, à trois ou quatre heures de bus de Manille; un site où sont envoyées les personnes expulsées de leurs bidonvilles. Calauan Laguna, Philippines, Asie du Sud Est. January, 2011: volunteer Enfants du Mékong, Calauan Laguna, Philippines, South-East Asia.

Elisa Bureau - Publié le 18/09/16

Riches de leurs expériences, quelques (anciens) volontaires nous font part de leurs sentiments.

Nous connaissons tous quelqu’un qui est parti faire du volontariat ou quelqu’un qui nous a pris pour un fou car nous avons décidé de partir. Partir est devenu une mode. De plus en plus de personnes quittent leur cocon familial, amical, professionnel pour vivre, pendant un temps, une expérience unique. Les raisons sont multiples et le résultat est souvent surprenant : se sentir utile tout en recevant, découvrir une autre culture et retrouver la sienne, pousser ses limites et grandir. En soit, vivre quelque chose de différent et d’inoubliable.

Qu’est-ce qui vous pousse dans la décision de tout quitter pour devenir volontaire ?

Trop nombreuses sont les soirées où l’on passe son temps à refaire le monde pour se réveiller le lendemain et voir que rien n’a changé. Les réseaux sociaux nous informent à l’instant T de la vie du petit village de Kano (Nigéria) ou encore de Maaloula (Syrie). Cependant, nous sommes poussés par l’envie de le voir et le découvrir par nous-même. Est-ce par une négligence volontaire des médias ? Est-ce la facilité à voyager et parcourir le monde ? Pour certains c’est dû à un sentiment de frustration : « On parle, critique, analyse… mais on n’agit pas ».

La société actuelle, et notamment celle de la France, vit dans un milieu bien protégé et pourtant, cela ne suffit pas. Un bon nombre de français se sent tiède et endormi. Où est passée cette folle jeunesse, cette volonté de déplacer les montagnes, de se sentir utile ? « Comme  beaucoup j’étais révolté par la politique française et son absence à réagir devant le sort des chrétiens en Orient. Je ne prétend pas sauver le monde mais c’est à nous d’agir et pas seulement en surfant sur le net, à dire ce que l’on pense sur facebook.  Ceux qui souffrent ont besoin d’aide et surtout ne pas se sentir seul ». L’égoïsme et l’individualisme prennent trop de place dans la vie occidentale et empêche d’aller de l’avant et d’aider son prochain. Partir c’est accepter de se prendre une claque mais d’en sortir plus grand.

L’engagement vient répondre à un appel, celui de donner pour une cause juste et sainte. Dieu demande d’aimer, intensément et inconditionnellement. L’engagement comme volontaire ne rapporte rien en soit.  « Cette décision vient répondre à un désir d’immensité, d’amour gratuit de Dieu, de sa création (l’Homme) et de soi aussi. Amour tellement grand qu’il te fait sortir de toi, de tes sécurités, d’un chemin tracé et balisé pour donner, et te donner sans rien chercher en retour. Un engagement qui t’accomplit comme enfant de Dieu dans ton désir de le suivre en faisant Sa volonté sur ta vie. »

Quelles difficultés avez-vous rencontré ? Qu’est-ce qui est le plus dur à faire ?

Prendre la décision de partir n’est pas facile, ni pour celui qui part que pour ceux qui restent. Les proches, familles et amis, sont souvent les premiers à être réticents. « Pourquoi aller risquer ta vie ? N’es-tu pas heureux, ici ?! Pourquoi arrêter tes études pour être volontaire ? Ne quitte pas ton travail, il est difficile de trouver un emploi aujourd’hui ? »  Les raisons de cet engagement ne se laissent pas intimider par ces questions. « Il n’est pas facile de dépasser les barrières psychologiques car notre méconnaissance vis-à-vis du monde extérieur est totale. »

Le premier jour de chaque volontariat est brutal mais le dernier jour l’est tout autant. Le retour est encore plus important que le départ. Il faut y penser avant de partir : savoir ce que l’on fera, où l’on vivra, pourquoi et surtout quand est ce que l’on reviendra ? « Rentrer c’est choisir de mettre à profit, de faire fructifier l’expérience acquise pendant la mission. Si on prend trop à la légère le retour, on peut être tenté de repousser notre retour et d’oublier ce qui nous attend en France. Dans tous les cas revenir peut faire peur, voir être traumatisant. Revenir c’est se replonger dans une réalité que l’on a voulu changer. « Le volontariat dure un moment à moins de vouloir en faire sa vocation. En revenant, on change nos habitudes, notre manière de voir. On se trouve en décalage avec notre ancien mode de vie mais ce changement est bénéfique pour continuer sa mission et garder un regard tourné vers son voisin.

En prenant la décision de partir, est-ce un détachement ou plutôt un moyen pour mieux vous enraciner dans votre pays?

Pour mieux s’enraciner en France, il faut tout simplement retrouver ses racines, c’est-à-dire son histoire, son identité de chrétien. « Si tu veux être enraciné, il faut revenir à la source : le christianisme. La France a été la fille ainée de l’Église. L’histoire de la France ne commence pas en 1789 comme on pourrait nous laisser croire. Il faut remonter à l’époque des Francs et plus précisément au baptême de Clovis en 492. » Or la France se tourne vers une déchristianisation, c’est-à-dire à une perte de notre culture, de notre histoire. « Si autant de jeunes chrétiens partent en Orient, consciemment ou non, c’est pour retrouver d’où ils viennent. Le berceau du christianisme n’est autre qu’en Orient, à Sidon, Tyr, Damas, Jérusalem… »

En poussant ses limites vers l’inconnu, le volontaire n’imagine pas tout ce que la mission va lui apporter. Il prend conscience de ce qu’il n’a pas, de ce qui lui manque. « Nous recevons tellement que l’on se sent bien. On découvre certaines valeurs parties en désuétude en France : la famille, l’hospitalité, la générosité « . C’est en allant à sa recherche que le volontaire découvre son envie de se battre pour son pays.  « Nous avons envie de nous battre pour redonner vie et histoire à la France. » Il est facile d’aider le plus petit que soit mais quand il s’agit de son frère, de nous… cela devient plus compliqué. Cependant, c’est aussi notre devoir de français !

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite s’engager comme volontaire?

« Si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage. »

L’engagement intrigue, impressionne et fait peur. Se jeter dans le vide pour se laisser surprendre est loin d’être facile ! Un challenge que l’on a bien souvent envie de faire découvrir lorsqu’on l’a goûté ! Il y a 2000 ans, l’Orient nous a transmis la foi. Aujourd’hui, ils ont besoin de nous, c’est à notre tour de les aider. « En prenant la décision de partir, il s’agit d’une quête de plus grand, de plus profond, de plus vrai. Je ne quitte pas mes racines. Elles sont là, je les aime, je les connais. C’est grâce à ces racines que je suis capable de choisir de partir. Je choisis délibérément d’aller à la rencontre de l’autre dans tout son mystère et sa différence ».

Nous peignons un tableau noir de la France et il est encore temps de mettre de la couleur. Arrêtons de brasser de l’air, de passer son temps sur facebook et de se cacher derrière son écran pour montrer son désaccord. Il faut aller porter du fruit et le temps de la cueillette arrive très vite. « Ce qui vient de Dieu, fait et donne nécessairement du fruit. Le conseil que nous aimerions donner c’est de foncer. La parole ne suffit pas, il faut faire quelque chose et aller au bout de son raisonnement. Soyez cohérent, faites quelque chose et soyez fécond. »

« Ce que tu fais dans le secret, Dieu le voit et te le rendra ». (Matthieu, 6, 6) « Il faut apprendre à donner pour les autres et aller au bout de son désir de don et d’offrande. Être cohérent dans son désir et ne pas chercher de récompense. Avec l’engagement vient aussi une forte notion de renoncement ».

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