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Chronique du temps qui passe. Le temps des martyrs

© Tony Rezk
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Il fut un temps où l'on ne parlait de martyre que pour les causes claires glorieuses et justes...

Et ces causes se défendaient sous le soleil de Dieu. Aujourd’hui tout le monde parle du martyre, même quand la cause est confuse ou absente et cela bien négligemment sous le regard neutre des hommes.

D’un sacrifice à un autre nous voyons surgir sous nos yeux tant de martyres différents, qui nous sidèrent et nous choquent.

Il y a le martyre du soldat en mission. C’est le martyre du devoir car il prête serment pour sacrifier sa vie, pour défendre sa patrie et ses frontières. Cela nous est compréhensible et s’avère même louable. Ce martyre mérite honneur et louange. Les soldats français déployés de l’Afrique au Liban et aux confins du monde en sont les dignes témoins.

Il y a aussi le martyre des jihadistes. Des soldats au drapeau noir qui déferlent sur les innocents et les massacrent au non d’un Dieu si grand, si transcendant, qui pousse ses guerriers à punir et à annihiler les infidèles. Ce « martyre » suscite l’étonnement et soulève la question grave de ce droit absolu qu’il s’arroge à décider du pur et de l’impur, du fidèle et de l’infidèle. Un martyre qui érige en principe juridique et immuable la condamnation à mort et l’exécution du misérable impie. Un martyre dont la législation divine, la Charia, confine aux lois tribales du désert du VIIème siècle.

Pour notre premier martyre, nos monarchies puis nos démocraties ont lentement bâti un droit de la guerre. La mort du soldat en service est une question d’obéissance. La loi sacrée de la défense de l’intérêt supérieur des nations la légalise, l’encadre, la justifie et l’honore. Il est alors pertinent de parler de guerre juste, légitime. De guerre légale.

Le martyre des jihadistes de Daesh, pour sa part, est une transgression de l’idée même du sacrifice et martyre. La justesse de la cause s’efface devant la haine et la vengeance. La confusion de l’esprit conditionné et du corps drogué des « Assassins » pousse ces guerriers de l’ombre à la destruction de l’autre et à leur propre mort. Eux-mêmes et l’autre : deux êtres unanimement haïs en vertu de la loi secrète du néant qui habite et hante le cœur fragile de ces hommes.

Le premier martyre trouve sa légitimité dans l’utilisation de la force au service de la société, du bien commun et de la destinée d’une nation. Le second obéit à un commandement tellement absolu et arbitraire qu’aucun homme ne devrait pouvoir s’en prévaloir sans trembler de son outrecuidance. Pour que leur guerre qui porte le nom de « guerre sainte », cessât d’usurper ce titre, il fallait que le monde voit le vrai combat dont Dieu peut-être la cause et l’origine. Devant ces deux martyres, il fallait bien que le vrai Dieu suscitât un vrai martyre.

C’est par l’assassinat du Père Jacques Hamel que la terre de France fut ramenée au vrai sens du martyre.

Par le sang versé après avoir consacré le pain et le vin, devenus corps et sang d’un Dieu crucifié, le vrai sacrifice s’est achevé pour racheter tous ceux qui prétendaient au martyre, avec leurs visions « voilées » du monde ou de notre vie si fragile.

En rejoignant le martyre de Saint Étienne et celui du tous les prêtres d’orient qui sont morts innocents devant Dieu et devant les hommes, ce modeste prêtre d’une modeste paroisse accomplit l’acte suprême qui terrasse la violence de la guerre par la force intérieure du sacrifice aimant son prochain qu’il soit ami ou ennemi. Un sacrifice qui dépasse et anoblit celui du soldat et qui corrige, qui lave par le sang versé le faux sacrifice du Jihadiste !

C’est pourquoi il a bien fallu que son dernier cri consiste à repousser au loin l’Esprit du Mal absolu qui tue le bourreau et sa victime. Car les deux doivent être réconciliés : l’un par le sacrifice, l’autre par le pardon, pour que l’ordre règne enfin dans le cœur des hommes, là où habite la vérité.

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