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Discours de Wagram et « valeurs républicaines » : on refait le match !

© Christophe Ena / POOL / AFP

French President Francois Hollande delivers a speech about democracy and terrorism on September 8, 2016 in Paris. President Francois Hollande insisted on September 8, 2016, that France's strict laws separating church and state did not mean the country's large Muslim minority could not practise their religion. In a speech on terrorism and democracy coming hot on the heels of a debate on the banning of the Islamic burkini swimsuit, Hollande said: "Nothing in the idea of secularism opposes the practise of Islam in France, provided it respects the law." / AFP PHOTO / POOL / Christophe Ena

Philippe Oswald - Publié le 09/09/16

La candidature de François Hollande à sa propre succession ne fait plus de doute. Ni le choix de son adversaire privilégié… Du déjà vu !

Nul n’en doute plus après le « discours de Wagram » du jeudi 8 septembre : malgré la Bérézina que lui prédisent les sondages (celui de TNS Sofres-OnePoint pour Le Figaro le met en 4e ou 5e position dans les intentions de vote), François Hollande est d’ores et déjà candidat à sa réélection. C’est la conclusion unanime des éditorialistes, résume L’Express.

« Moi ou le chaos »

« C’était, selon le programme, un discours sur « la démocratie face au terrorisme » que devait prononcer François Hollande, ce jeudi 8 septembre, salle Wagram à Paris. Ce fut, en réalité, le plaidoyer pro domo d’un président qui ne rêve que d’une chose : être candidat à sa propre succession » analyse Sophie Coignard dans Le Point. « François Hollande ne lâchera pas prise », pronostique Nicolas Beytout, dans L’Opinion : « François Hollande a donc arrêté sa stratégie pour 2017. Ce sera « moi ou le chaos », répliquant presque mot pour mot les propos du Général de Gaulle. (…) Le problème, c’est que n’est pas De Gaulle qui veut. Croire que « la France est une idée » ne suffit pas à se couler dans le personnage qui se faisait « une certaine idée de la France ».

« Il est prêt à en découdre pour 2017 » en se posant en protecteur du modèle social et de la cohésion nationale, assure Le Parisien. Et il a choisi son adversaire, sans le nommer, en concentrant ses attaques sur Nicolas Sarkozy. Contre son adversaire favori, relève Justine Babin dans Les Echos , François Hollande a repris l’arme rhétorique dont il avait usé lors de leur fameux face à face de la présidentielle de 2012 : l’anaphore (la répétition incantatoire d’un mot ou d’une expression). Après « Moi, président », ce fut une salve sur l’expression « arguties juridiques » employée par Nicolas Sarkozy le 26 juillet après l’assassinat du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray. Et François Hollande de marteler : « Non, les principes constitutionnels ne sont pas des arguties juridiques. Argutie juridique, la liberté d’aller et venir ? Argutie juridique, la liberté d’expression? Argutie juridique, la liberté de culte ? Argutie juridique, la présomption d’innocence, bien commode à brandir quand il s’agit de plaider pour son propre compte ? »

Hollande ou Sarkozy, pourquoi feraient-ils mieux demain ?

Voilà pour la rhétorique. Mais sur le fond ? Qu’a dit en définitive le président, sinon qu’il est « en état d’urgence », observe Michel Urvoy en éditorial de Ouest-France : « Oublions les sondages et le chômage. Les impôts et la loi Travail. Leonarda et la déchéance. (…) Oublions sa personnalité. Sa majorité divisée. Ses ministres aux abois ou aux abris. (…) Ses électeurs aux abonnés absents. Hier, il nous a dit que la liberté est notre force, la cohésion notre défense, la démocratie notre arme contre la barbarie, la Constitution notre garde-fou contre l’état d’exception (…) Le problème, est de savoir pourquoi la capacité d’entraînement, l’autorité du chef, et à travers lui de l’État, qu’il n’a pas eues hier, il les aurait pour les cinq ans qui viennent. Pourquoi, comme pour Nicolas Sarkozy, ce qu’il n’a pas réussi hier, il saurait le réaliser demain. »

De son côté,  après les réquisitions du parquet de Paris demandant son renvoi en procès dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy,  « fait fi de ses ennuis judiciaires » relève Le Monde : « Aucune polémique, aucune manœuvre, aucune manipulation aussi honteuse soit-elle ne me détournera de ma volonté absolue de construire avec vous une alternance forte, franche et perceptible par tous les Français », a-t-il déclaré, mardi 6 septembre, lors d’une réunion publique à Poissy. Le candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle reprend sa ligne de défense habituelle : se poser en victime d’un supposé complot du pouvoir en place et des juges pour l’abattre politiquement.»

Un match que redoutent les Français 

Bref, les Français ont le sentiment qu’on leur « refait le match de 2012 ». L’argument revient en boucle chez les autres candidats, de gauche comme de droite – François Fillon, par exemple, l’a développé sur RFI. L’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy laisse d’ailleurs entendre dans cette interview que s’il était battu au premier tour de la primaire, il préférerait voter au second tour Juppé plutôt que Sarkozy – bien qu’il se soit défendu d’avoir suggéré un tel choix dans un  entretien à Famille Chrétienne. Dans le même cas de figure, Juppé, lui, se rallierait à Sarkozy, a déclaré le maire de Bordeaux invité le 9 septembre de Jean-Jacques Bourdin à RMC/BFMTV tout en assurant : « C’est moi qui vais gagner ».

Vous avez dit « valeurs républicaines » ?

Mais pourquoi voterait-on pour l’un ou l’autre de ces ténors ? Pour sauvegarder les « valeurs républicaines » ? « L’identité nationale » ? Un sondage IFOP consultable sur le site Atlantico montre que ces expressions « de plus en plus utilisés dans le discours politique français depuis les attentats » ont été « galvaudées » et « ont perdu de leur contenu ». Ainsi les fameuses « valeurs républicaines » subissent «une forte dégradation depuis mai dernier. Alors que 35% des sondés y étaient attachés, aujourd’hui ce chiffre tombe à 25% soit dix points de moins » souligne  Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion publique à l’IFOP. En cause, selon lui, « une inflation et un emballement de l’utilisation de cette thématique, que ce soit à gauche, mais aussi à droite. »

« Pour le dire autrement, commente Gabrielle Cluzel dans Boulevard Voltaire, ces expressions convenues n’ont « plus aucune signification pour les Français. » Pointant par exemple « l’identité heureuse » au programme d’Alain Juppé, elle remarque : « L’identité suppose de s’identifier. À qui, à quoi, puisque le simple fait de se trouver une ressemblance culturelle, spirituelle, intellectuelle, physique, historique est déjà suspect ? »

« Désenchantement, déception, désillusion… »

Le premier lieu où s’exerce cette suspicion, c’est l’école. « Manuel Valls a accusé lundi la droite de vouloir « saccager » l’école et l’éducation en France en proposant de supprimer un grand nombre de postes de fonctionnaires en cas de retour au pouvoir en 2017 » rapporte France 3 : « Je veux lancer ici un avertissement à la droite française : la construction de la Nation, de la République, s’est faite autour de l’école », a déclaré le Premier ministre alors qu’il visitait une école maternelle et primaire d’un quartier populaire de Bourg-en-Bresse, accompagné de la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem.

Le problème, c’est que la gauche a perdu la faveur que lui accordait majoritairement le corps enseignant. La reconquête s’annonce « délicate », pronostique Le Monde (7 septembre) : « Désenchantement, déception, désillusion… En cette dernière rentrée du quinquennat, placée sous le sceau d’un « nouveau collège » auquel la communauté éducative se résigne plus qu’elle n’adhère, le bilan scolaire dont la gauche s’enorgueillit fait, en salle des profs, grincer des dents plus d’un enseignant. 60 000 postes créés ? « Priorité au primaire » tenue ? « Refondation de l’école  » achevée ? Les slogans de campagne de François Hollande, qui avaient su convaincre en 2012 un peu plus de 4 professeurs sur 10, suscitent aujourd’hui chez beaucoup d’entre eux au mieux de la réserve. »

Cela n’a pas échappé aux candidats de la droite, tel Nicolas Sarkozy, qui a présenté son « pacte pour l’école de la République », mardi à Poissy, rapporte Sud-Ouest : « « Je veux dire aux enseignants que si la gauche les a déçus, nous entrons dans une nouvelle époque », a lancé Nicolas Sarkozy (…). Selon l’ex-chef de l’État, « l’école de la République est en crise », notamment « parce qu’elle a subi les conséquences de l’idéologie de l’égalitarisme, du nivellement généralisé et du refus de l’excellence. ».» Mais faut-il rappeler que c’est Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale sous la présidence de Nicolas Sarkozy et aujourd’hui  président du conseil national des Républicains, qui avait ouvert la porte de l’École à la théorie du genre ?

L’École en mal d’une véritable « refondation »

Cette théorie et autres billevesées ont prospéré sous la houlette de Najat Vallaud-Belkacem. Témoins, les nouveaux manuels scolaires que dénonce, sur Kernews, Vincent Badré, professeur d’histoire-géographie qui vient de publier « L’Histoire politisée ? Réformes et conséquences » aux Éditions du Rocher. « Les rédacteurs des manuels scolaires sont disciplinés, explique Vincent Badré : ils ont tous obéi aux injonctions de Najat Vallaud-Belkacem en présentant la question de l’égalité entre les garçons et les filles : concrètement, on explique qu’il faut que les filles deviennent des pompiers et les garçons, des danseurs-étoiles ! Dans tous les livres, on retrouve pratiquement les mêmes exemples. »

Quel que soit le successeur de François Hollande, s’il veut vraiment remettre l’enseignement sur les rails, il lui faudra rompre avec « une mainmise idéologique sur les élèves, notamment via l’éducation civique, où règnent le sentimentalisme, la politique, la théorie du genre ou le relativisme» conclut Vincent Badré.

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