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5 idées reçues sur le terrorisme

© DAY DONALDSON CC FLICKR
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Tout le monde en parle et vous pensez peut-être qu'il n'y a rien de nouveau à apprendre sur le sujet. Détrompez-vous.

La surenchère d’actualités abondamment commentées ne favorise souvent pas une réflexion de fond sur la nature du terrorisme et son interaction avec les sociétés. Des chercheurs et spécialistes qui travaillent hors du temps médiatique et de son influence se penchent dessus depuis 20 ans. Ils ne sont pas connus et pourtant leurs travaux, certes techniques, sont extrêmement intéressants. Vous pensiez être bien informé ? Lisez la suite…

1- Terrorisme et manque d’éducation sont liés.

Le professeur Krueger de l’université de Princeton et le professeur Maleckova de l’université de Prague ont publié une étude dans laquelle ils montrent que, contrairement aux idées reçues, le terrorisme n’est pas forcément lié à la pauvreté et au manque d’éducation. L’hypothèse avancée est que le terrorisme international a besoin de recrues éduquées qui soient capables de s’adapter à un environnement étranger pour mener à bien leur mission. En revanche, les attentats dans les pays moins développés sont en général menés par des personnes au niveau d’éducation plus bas.

2- Le terrorisme ne se développe que dans les pays en guerre ou autoritaires.

Selon Blomberg, Hess et Weerapan , le terrorisme serait plus fréquent dans les démocraties. A partir de la concaténation des données de 127 pays sur la période 1968-1991, ils remarquent que plus le PNB/tête est élevé, plus le risque de terrorisme l’est aussi. Or les pays où le PNB/tête est le plus élevé correspond en très grande partie aux démocraties. L’explication avancée par les chercheurs est la suivante : dans les régimes non démocratiques, l’expression politique est nulle mais les institutions sont faibles. La contestation prend alors la forme d’une rébellion dont l’ampleur précipite le renversement d’un régime ou nourrit une guerre civile parfois très longue (Syrie, Colombie, etc.). Dans les démocraties, une partie des opposants les plus radicaux ne peut accéder au dialogue politique et le contrôle institutionnel est fort. Leur expression est plus violente, déterminée et confine au terrorisme (Action Directe, Brigades rouges, GIA, mouvements indépendantistes régionaux, etc.).

3- Les programmes d’aide au développement permettent de réduire le terrorisme.

Si le terrorisme peut avoir des liens avec la situation économique, il serait illusoire de le réduire à ce seul aspect. Le terrorisme est avant tout un acte politique. Il est à cet égard frappant de voir que le déchaînement de la violence en Irlande du nord et dans le conflit israélo-palestinien sont dans les deux cas associés à des ruptures de l’équilibre social et identitaire induites par des programmes de modernisation économique pervers ou jugés comme tel par une partie de la population.

4- le terrorisme a changé de nature depuis les années 2000.

Les activités des organisations terroristes sont en perpétuelles évolution et adaptation. Dans cette optique, les milliers de morts du World Trade Center constituent une exception sanglante à la règle d’autorégulation du terrorisme. Les autres attentats, quel que fut leur retentissement médiatique, ne sont pas différents de ceux du RER Saint Michel ou de la rue de Rennes. Nous n’avons pas affaire à un terrorisme de masse (dans ce qu’il comporte de préparation ingénieuse et chère, de planifié ou de longuement mûri), même si la fréquence et la portée de ces attaques ont sensiblement augmenté. Au final, la nature profonde du terrorisme n’a pas changé.

5- Le terrorisme est une menace de défense.

Sans État et sans armée, les groupuscules terroristes ne peuvent accéder au rang d’acteur stratégique. Il serait alors hasardeux de lancer contre eux des opérations militaires, ce que les pays occidentaux font depuis 15 ans. Le résultat est catastrophique : ces opérations n’ont pas abaissé le niveau de violence, sont très coûteuses et entretiennent une néfaste réaction anti-occidentale. La réponse militaire telle qu’elle est conçue actuellement n’a pas plus d’effet qu’un acte de communication.

L’interventionnisme est une stratégie peu adaptée. Les programmes d’aides sont dangereux. Une vraie révolution des esprits est nécessaire : il ne faut plus observer les modes d’actions et les conséquences du terrorisme, mais il faut enfin chercher à comprendre objectivement et en profondeur les mécanismes qui causent l’apparition et le développement du terrorisme. De là seulement pourra naître une réponse adaptée. Mais le remise en cause nécessite l’humilité. Qui n’est pas la qualité première de nos sociétés…

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