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La balade de l’Histoire. 12e étape : Rocroi

Vue sur village de Rocroi, Ardennes © ClementV CC
Vue sur village de Rocroi, Ardennes © ClementV CC
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Aleteia vous emmène à la découverte des lieux insolites qui ont fait l'Histoire de France.

19 mai 1643 : bataille de Rocroi. Pour la première fois, l’invincible armée espagnole des tercios est vaincue. Le tout nouveau règne de l’enfant Louis XIV commence sous les meilleurs auspices : l’armée française commandée par Louis de Bourbon, duc d’Enghien, abat la meilleure armée du monde. Celui qui deviendra par la suite le Grand Condé a alors 22 ans. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », écrivait déjà Pierre Corneille dans Le Cid, paru quelques années avant (1637).

Les ravages de la guerre de Trente Ans

En 1643, l’Europe est en pleine tourmente, se déchirant depuis 1618 dans une série de guerres incessantes, qui ne prennent fin qu’en 1648 par le traité de Westphalie. Un traité essentiel, qui bâtit un ordre européen qui a duré jusqu’à la Révolution. Si la guerre de Trente Ans a peu touché la France, elle a en revanche laminée l’Europe centrale, occasionnant, dans certaines régions, des pertes humaines comparables à celles de la Première Guerre mondiale. Les causes de cette guerre sont multiples et le jeu des alliances provoque un embrasement du continent. Les territoires de Bohème se sont révoltés contre les Habsbourg de Vienne, ce qui amène leurs cousins de Madrid à venir les défendre. La France, dirigée alors par Louis XIII et Richelieu, décide de soutenir le parti protestant pour lutter contre la tenaille Habsbourg qui enserre le royaume et qui le menace. Cette alliance apparemment contre nature est soutenue en sous-main par le Pape, pas mécontent de voir affaibli l’Empire des Habsbourg. Richelieu est mort en décembre 1642, et Louis XIII en mai 1643. Dans un royaume de France isolé, où les Grands commencent à s’agiter, préfigurant les événements tragiques de la Fronde (1648-1653), le roi enfant de quatre ans paraît bien incapable de préserver la souveraineté de son pays. Il faut l’habileté diplomatique et politique de Mazarin doublé de la hardiesse militaire de Louis de Bourbon pour sauver le royaume de la façon la plus éclatante qui soit : une victoire contre les Espagnols, l’ennemi héréditaire de la France depuis au moins deux siècles. À Rocroi, c’est plus qu’un nouveau règne qui débute, c’est la grandeur du Roi-Soleil qui commence à se fonder.

Déroulé d’une bataille classique

L’armée française est plus nationale que l’Espagnole. On y compte que trois régiments étrangers : des Suisses et des Écossais, pour un total de 24 000 hommes. Côté espagnol, outre les tercios (infanterie espagnole de très haute valeur), l’armée est composée d’Italiens, de Flamands, de Bourguignons, de Wallons, pour un total de 26 000 hommes. La cavalerie joue un rôle essentiel dans cette bataille, la France disposant des célèbres chevau-léger, une cavalerie légère plus facile à manier. Après plusieurs jours d’escarmouches et de brèves attaques, Enghien se décide à lancer la grande offensive au matin du 19 mai, craignant l’arrivée de renforts pour les Espagnols. Son choix fut le bon puisque l’infanterie ennemie est culbutée et renversée, après plusieurs heures de combat. Rocroi signe la fin du règne sans partage de l’infanterie espagnole sur les champs de bataille européens. C’est désormais la cavalerie française qui règne et qui impose sa loi militaire. La puissance de feu est importante, mais pas encore déterminante.

Les conséquences géopolitiques

L’hégémonie espagnole est fortement ébranlée par cette défaite. La guerre de Trente Ans dure encore cinq années, mais la dynamique n’est plus du côté des Habsbourg. Le traité de Westphalie, ratifié le 24 octobre 1648 dessine un nouvel ordre européen, fondé sur l’équilibre des puissances et non plus sur l’hégémonie d’un Empire. Avec le traité de Vienne de 1815, celui de Versailles de 1919 et de Potsdam de 1945, il fait partie de ces grands traités diplomatiques qui ont bâti la structure européenne.

Par la suite, Rocroi est fortifié par Vauban pour devenir une citadelle en étoile imprenable, s’inscrivant dans le schéma général de la ceinture de fer destinée à protéger le royaume des invasions. Le pré carré français continue de se dessiner et de se renforcer. La France ne vise pas l’hégémonie, mais l’équilibre des puissances. Il faut la Révolution et l’expérience de l’Empire de Napoléon pour renverser cette conception géopolitique et voir une France désireuse de s’étendre au-delà de ce qu’elle considère comme ses frontières naturelles.

Tags:
histoire
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