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Manif pour tous à la colombienne

© GUILLERMO LEGARIA / AFP
Activists protest about "gender ideology" in schools in front of the Education Ministry in Bogota, on August 10, 2016. / AFP PHOTO / GUILLERMO LEGARIA
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Retour sur la manifestation du 10 août à Bogota, où 15 000 Colombiens étaient réunis pour protester contre l’application de l’idéologie du genre dans les écoles.

La Colombie subit, depuis plusieurs années, une implantation à marche forcée du programme idéologique LGBT, notamment par le biais de la Cour constitutionnelle du pays. Depuis 2007, la juridiction suprême a en effet enchainé des arrêts favorables aux associations homosexuelles : reconnaissance d’une union civile « de fait » en 2007 puis alignement avec le régime de droit commun en 2009, adoption de l’enfant de l’autre partenaire en 2014 ou le mariage homosexuel le 28 avril 2016.

L’identité de genre dans les manuels scolaires 

Mais c’est à l’occasion du suicide d’un élève homosexuel en 2014 que la Cour, par un arrêt du 28 novembre 2015, ordonne au gouvernement de procéder à « un examen approfondi et complet de tous les manuels (…) dans le pays afin de déterminer qu’ils sont respectueux de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre ». Ordre auquel Gina Parody, ministre de l’Éducation, d’ailleurs en pleine idylle amoureuse avec une autre femme du gouvernement, s’est empressée d’obéir. Elle publie en juillet une directive scolaire reprenant les principaux articles de foi du « gender » à savoir que nul ne naît homme ou femme mais qu’on le devient à la faveur d’une « construction culturelle », tout en décrétant qu’ « il est nécessaire de transformer la perception de la famille dans l’espace scolaire (…) de façon à éviter les préjugés s’appuyant sur l’existence d’un modèle conçu comme étant celui d’une famille hétérosexuelle nucléaire ».

C’est contre cette circulaire que se sont réunis environs 15 000 personnes à Bogota, dont des évêques, des protestants évangélistes et même le procureur général de Carthagène, venu en simple citoyen et qui, reconnu, a dû jouer des coudes pour ne pas être porté par la foule sur l’estrade.

Contre la conquête des consciences par le lobby « LGBTI »

La participation de l’épiscopat est à saluer. Là bas, comme d’ailleurs dans la plupart des pays latins, les évêques s’engagent fermement contre la conquête des consciences dans laquelle s’est engagé le lobby dit « LGBT », devenu « LGBTI » depuis le récent ajout des « intersexes » dans le catalogue. L’association à ce mouvement des évangélistes est aussi de bonne augure en ce qu’elle montre que les divergences de foi n’empêchent pas des convergences de pensée politique.

Surtout, cette affaire montre, comme en France du reste mais ici de manière éclatante, l’hypocrisie de ce lobby.

Combien de fois avons nous entendu l’argument selon lequel « on ne vous retire aucun droit alors en quoi ça vous gêne ? » ? Sans parler du fait que ce n’est pas par ce qu’une loi ne s’applique pas à un citoyen directement qu’elle ne le concerne pas tout court, force est de constater ici qu’elle lui retire effectivement un droit pas vraiment anecdotique : celui d’éduquer ses enfants. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que l’octroi d’un droit « qui ne vous concerne en rien » devienne l’interdiction de donner à ses enfants une éducation chrétienne. Et nous ne parlons ici que des écoles.

La mise en œuvre d’une domination idéologique

La manière dont ces lois sont imposées est très révélatrice. Après des débuts assez tranquilles au Canada, les tenants du mariage homosexuels sont systématiquement passés par la loi votée en urgence au mépris parfois des obstacles légaux, la signature très discrète de traités internationaux aux stipulations taillées sur mesure, ou, comme ici, par de simple décisions de justice qu’on peut qualifier d’arrêts de règlement.

Ce contre quoi luttent les Colombiens, tout comme la Manif pour tous en Europe, n’est donc pas une « théorie » cherchant à convaincre par la justesse de ses arguments, mais une domination idéologique visant à réduire au silence tout ce qui s’opposerait à elle.

Une vision malléable de la famille 

Ce qu’ils combattent, c’est aussi l’incohérence, qui est la marque des mauvaises doctrines. Ainsi la circulaire affirme qu’il faut « transformer » une « perception » de la famille et du sexe décrite comme construite de toutes pièces. C’est à dire qu’elle entend imposer, en la présentant comme une vérité absolue, une vision malléable de la famille alors même qu’elle prétend lutter, ce faisant, contre l’imposition d’un modèle absolu. À la famille traditionnelle, qualifiée du terme infâmant de « construction culturelle », on substitue la famille polyforme, qui doit pourtant bien être elle aussi une construction culturelle puisqu’il n’y a, d’après eux, aucun modèle naturel. Du coup il s’agit en définitive d’imposer de manière on ne peut plus autoritaire les canons d’une idéologie en interdisant à la pensée non-conforme le droit de cité, tandis qu’on affirme dans le même temps qu’on peut avoir la conception de la famille que l’on souhaite.

Une autre affaire en Colombie où la Cour constitutionnelle avait jugé que des élèves « transgenres » devaient pouvoir se vêtir conformément au sexe auquel ils pensaient appartenir, fait également preuve de cet illogisme total. Si le « genre » est une pure construction intellectuelle, comment quiconque peut il se sentir femme plutôt qu’homme ? À quoi correspond le fait d’être « une femme dans un corps d’homme » si le fait d’être une femme est lui même un produit de l’imagination ?

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