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Le « Pardon de la Clarté » : honorer la Vierge Marie à la bretonne !

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Entre folklore breton et dévotion touchante, de nombreux fidèles se sont réunis hier à Perros-Guirec pour célébrer l’Assomption.

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Depuis près de cinq siècles, le village de Perros-Guirec s’anime lors du 15 août pour célébrer l’Assomption. Folklore breton et dévotion touchante, le « Pardon de la Clarté » a rassemblé lundi sous le soleil de nombreux fidèles.

C’est autour d’une petite église des Côtes d’Armor, la Chapelle de la Clarté, toute en granit rose, que chaque année depuis le XVe siècle est célébré le traditionnel Pardon de la Clarté en l’honneur de l’arrivée de la Vierge au Ciel.

La belle histoire de Notre-Dame de la Clarté

Touchant par le mystère et la sobriété qu’inspire le granit, mais pourtant familier et chaleureux par sa couleur et sa petite taille, ce bijou breton est de par son histoire le lieu d’une fervente dévotion.

Au XVe siècle, un marin, le Seigneur de Barac’h en Louannec s’était perdu en mer avec son escadre. Une brume épaisse, une tempête terrible : le naufrage et la mort semblaient inéluctable. À genoux, suppliant la Sainte Vierge, étoile de la Mer, de le délivrer de la houle, le marin promit d’élever une chapelle en son honneur si celle-ci le sauvait. C’est alors que la lumière transperça le brouillard, et guidés par Marie jusqu’à la côte, les marins furent sauvés. Fidèle à son vœu, le seigneur de Barac’h consacra donc à la Vierge la chapelle qu’il fit construire.

Baptisée Chapelle Notre-Dame de la Clarté, ce petit édifice tout dévoué à Marie fut à travers les siècles le précieux recours des Bretons dans les difficultés. Rayon de soleil dans la tempête, Notre-Dame de la Clarté est encore aujourd’hui vénérée avec une véritable piété filiale.

Le Pardon de la Clarté, pour glorifier la Mère des marins

Coiffes, bannières, cornemuses, bombardes, la Bretagne trégoroise s’est endimanchée pour honorer l’Assomption de la Sainte Vierge en ce 15 août 2016.

Le soleil a illuminé les roches rondes et colorées de la côte de granit rose. La messe célébrée en plein air, devant une mer recueillie d’un bleu profond, fut suivie au son des binious, de chants bretons et d’hymnes à Marie, par une procession costumée. Des petits enfants vêtus aux couleurs de Marie, en marinières bleues et blanches, coiffes et robes blanches, portent d’un pas fier le bateau de la Chapelle. Des hommes et des femmes, vêtus d’habits bretons traditionnels noirs et blancs, ainsi que de vareuses rouges pastel, arborent les bannières vieillies de saint Guirec, saint patron du pays costarmoricain.

Depuis la naissance de la petite chapelle de Perros-Guirec, chaque année se déroule ce fameux pardon de la Clarté. Le « pardon » est une coutume bretonne bien connue, née au XVe siècle. Profondément religieuse, cette démarche est à caractère pénitentiel. Mais la renommée bretonne ne ment pas ! Ces cérémonies sont également l’occasion de rassembler tout un village, leur conférant également un tour festif : le Fest Noz qui suit traditionnellement chaque pardon, ses bolées de cidre, galettes de blé noir et danse bretonne en témoignent !

De l’importance de faire survivre les traditions locales

Le « pardon » séduit par son folklore prononcé et atypique, tout autant que par l’attention filiale qu’il prête à la Vierge Marie. Portée par des marins, la grande statue de Marie couronnée trônait au milieu du cortège de procession, des dentelles et des bannières. Le ciel et la mer d’un bleu vif, les dentelles blanches des pèlerins composaient un décor tout accordé aux couleurs de Marie. Profondément imbriquées, traditions religieuses et force des coutumes sont ce qui font la grandeur de l’âme bretonne.

D’une grande simplicité, cette cérémonie a pu témoigner de l’importance de la survie des traditions locales : bretonnes ou autres, elles sont ce qui rend vivant l’âme d’une contrée, ces racines qui construisent le sens de l’appartenance d’un homme.

Profondément culturelle, plus encore que religieuse, cette cérémonie a fait revivre le temps de quelques heures la richesse de la culture bretonne : les sourires et la joie des participants, la nostalgie des plus âgées et la surprise des plus jeunes l’ont prouvé.