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La balade de l’Histoire. 10e étape : Albi

Vue sur Albi, Tarn © Natashilo / Shutterstock
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Aleteia vous emmène à la découverte des lieux insolites qui ont fait l'Histoire de France.

En bordure du Tarn, dans un paysage urbain de briques et de cyprès qui évoque la Toscane, Albi a vu passer au moins quatre grands hommes qui ont marqué la France : Jean-François de La Pérouse, Henri de Toulouse Lautrec, Jean Jaurès et Georges Pompidou. Mais c’est surtout pour sa monumentale cathédrale de briques ocre et son palais épiscopal, dont les jardins italiens donnent sur le Tarn, que la ville est connue et classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Lutter contre l’hérésie

Bien que l’on parle d’Albigeois pour désigner les cathares, Albi est restée fidèle à la foi catholique. L’hérésie cathare n’a que très peu touché les populations. On estime que seuls 5 à 6% de la population a adhéré à cette hérésie qui est plus urbaine que rurale. Albi est alors une possession de Trencavel, qui est vaincu en 1209 à la bataille de Carcassonne. La ville repasse ainsi sous la juridiction royale et les évêques décident de bâtir une nouvelle cathédrale qui devient tout à la fois un lieu d’affirmation du pouvoir politique et de la magnificence de la foi catholique.

Une église forteresse

À voir l’imposante, mais gracieuse cathédrale, on a davantage l’impression d’être face à une forteresse qu’à un lieu de prière. Ici, point de rosace, de larges fenêtres ou de vitraux, point de statues ou de décoration. Bien que bâtie au XIIIe siècle, la cathédrale d’Albi ne reprend pas les canons esthétiques de l’art français tels qu’ils se développent à Amiens, Chartres ou Paris. Cet édifice est composé de hauts murs de briques ouverts ici et là par de petites fenêtres qui font surtout penser à celles des châteaux forts. De même pour le palais de la Berbie qui semble une citadelle imprenable.

Il faut entrer dans le bâtiment pour en admirer toute la grandeur. L’austérité du XIIIe siècle a laissé place à l’exubérance du XVe et du XVIe siècle, et surtout à la découverte de l’Italie. La région s’enrichit grâce au commerce du pastel, fleur jaune dont on tire un bleu profond et intense. Les richesses abondent et Albi devient un nœud commercial. En 1474, Louis Ier d’Amboise devient évêque de la ville. Il est issu d’une grande famille française familière des rois. Né sur les bords de la Loire, il porte en lui les innovations architecturales et artistiques développées par les nombreux artistes ligériens. Il met cette passion au service des bords du Tarn.

Pour la grandeur de l’art

Il dote sa cathédrale d’un immense porche finement sculpté et il fait réaliser un jubé de dentelle qui est l’un des rares à subsister encore aujourd’hui. Son neveu, Louis II d’Amboise, fut un de ses successeurs. Ami de Louis XII, il accompagne le roi de France dans les guerres menées en Italie. Il en rapporte le goût des arts florentins et de l’esthétique transalpine. À Albi, il fait venir de nombreux artistes connus lors de ses voyages dans la péninsule, d’où ce souffle italien qui perdure dans les jardins et les décorations. Au début du XVIe siècle, la cathédrale est entièrement peinte, et les peintures subsistent encore aujourd’hui. Le plafond est un immense ciel bleu pastel constellé d’étoiles, et les murs et les voutes présentent de nombreuses fresques colorées et suggestives. On croit entrer dans une forteresse militaire et l’on pénètre dans un musée d’art italien. Le contraste est saisissant.

L’amoureux de la mer

Peut-être sont-ce ces tonalités méditerranéennes qui ont donné à Jean-François de La Pérouse (1741-1788) le goût de la mer et de l’aventure, lui qui est né en pleine terre à proximité d’Albi. Engagé dans la marine royale il participe à la guerre de Sept Ans et à la guerre d’Indépendance américaine. Il est surtout connu pour son expédition autour du monde qui s’achève dans le Pacifique, alors que ses bateaux avaient fait escale en Australie. En passionné de la mer, Louis XVI avait établi une partie du trajet de La Pérouse et suivait régulièrement les nouvelles de l’expédition. C’est la France du XVIIIe qui s’ouvre et qui se modernise.

L’amoureux des couleurs

Moins d’un siècle plus tard, c’est Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) qui fait parler de lui. Né à Albi, Toulouse-Lautrec peint le Paris des cabarets et des théâtres, des fêtes et de la nuit. Ses peintures conjuguent le réalisme, la couleur et le mouvement. Il développe également l’art de l’affiche, faisant le bonheur de Montmartre. Après sa mort, sa mère lègue l’essentiel de son œuvre à la ville d’Albi, qui la dispose au Palais de la Berbie, devenu musée Toulouse-Lautrec.

Les amoureux des lettres

Albi ville d’art est également une ville de lettres et de politique. Né à Castres, Jean Jaurès a enseigné la philosophie au lycée d’Albi puis, devenu député de Carmaux, il y installa une verrerie ouvrière.

Georges Pompidou fut élève à Albi, au gré des affectations de son père. Devenu Président de la République il y prononça un très émouvant discours sur la jeunesse, rappelant que toute vie féconde plonge ses racines dans l’art et la beauté.

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