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Le terrorisme islamique et le combat spirituel

© CHARLY TRIBALLEAU / AFP
© CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Du sombre pronostic du juge Trévidic aux propos du pape François, en passant par l’ultime message du père Hamel, le terrorisme islamique a encore tenu la vedette cette semaine.

Sur le front du terrorisme, « l’année à venir va être épouvantable (pour la France) avant les élections présidentielles », a estimé le juge Marc Trévidic dans une interview donnée à la chaîne de télévision belge RTBF (4 août) : « La tentation pour l’organisation terroriste État islamique va être très grande de s’en prendre au pays. (…) Mon espérance à moyen terme, c’est l’essoufflement suite au degré d’horreur. Mais cela peut durer dix ans. Ce n’est pas exclu. »

Adel Kermiche : un cas exemplaire

Neuf jours après l’attaque de Saint-Étienne-du-Rouvray, l’ancien juge anti-terroriste (il est devenu premier vice-président du tribunal de grande instance de Lille en septembre dernier) a notamment évoqué l’un des tueurs, Adel Kermiche : « J’avais face à moi quelqu’un qui voulait à tout prix partir faire le djihad au sein de l’État Islamique. Il avait dans ses yeux la petite lueur qui fait qu’on détecte qu’il ne reviendra pas en arrière. C’est très difficile à apprécier. C’est très subjectif parce qu’en face de vous, vous avez l’impression d’avoir un mur. Et là, il y avait ce mur-là ».

« En France, la loi est claire, explique RTBF : après dix ans un juge d’instruction spécialisé doit changer de poste. Frustré, déçu, Trévidic quitte l’antiterrorisme. Adel Kermiche, l’un des tueurs de Saint-Étienne-du-Rouvray, est ensuite placé sous surveillance électronique malgré l’avis défavorable du parquet. »

Dans cet entretien, « Marc Trévidic n’accable pas son confrère, relève BFMTV, mais estime qu’il faut des années d’expérience pour distinguer les prévenus dissimulant leurs intentions des autres. Le magistrat est d’ailleurs inquiet lorsqu’il pense à quelques individus qui avaient défilé dans son bureau à l’époque : “Il y en a cinq ou six qui m’ont fait froid dans le dos. Je ne sais pas quand ils sortiront, j’espère qu’ils ne sont pas déjà sortis.” »

Dans Causeur, Jean de Maillard, magistrat, essayiste, explique « comment Adel Kermiche est passé entre les mailles du système » au terme d’une procédure inintelligible pour « quiconque ne baigne pas quotidiennement dans l’univers clos de la justice pénale ». Qui plus est, cette  procédure fut entachée d’anomalies dans l’affaire Kermiche. Mais le nœud du problème, conclut le magistrat, c’est que « toute notre justice pénale est fondée sur une, et une seule, aspiration : la “réinsertion” des délinquants, dont le corollaire est la croyance dans l’incapacité – réelle ou supposée, ce n’est pas ici le propos – de la prison d’assurer cette tâche. (…). Cette conviction est telle qu’aucun débat, ni aucun audit ne viennent jamais la troubler car ils apparaissent aussi inutiles qu’inconvenants. Aucun échec n’est jamais étudié – ils sont pourtant autrement plus nombreux que les réussites – aucune leçon n’est jamais tirée de l’improductivité massive de la politique pénale de “réinsertion” à la française. »

L’ultime message du père Hamel : « Va-t-en Satan ! »

Les dernières paroles du père Jacques Hamel, avant d’être égorgé devant l’autel de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ont été révélées lors de ses obsèques, mardi 2 août, à la cathédrale de Rouen, par son évêque, Mgr Dominique Lebrun : « Le mal est un mystère. Il atteint des sommets d’horreur qui nous font sortir de l’humain. N’est-ce pas ce que tu as voulu dire, Jacques, par tes derniers mots ? Tombé à terre, à la suite de premiers coups de couteau, tu essaies de repousser ton assaillant avec tes pieds, et tu dis : “Va-t-en, Satan !” Tu répètes : “Va-t-en, Satan !” ». Pour l’archevêque de Rouen, qui s’exprimait devant environ 1 700 personnes massées dans la cathédrale, Jacques Hamel exprimait alors sa « foi en l’homme créé bon, que le diable agrippe ».

Le pape François, les musulmans, et la « violence terroriste »

À peine les JMJ terminées dans un climat de profonde et joyeuse unité, une interview du pape François dans l’avion qui le ramenait de Cracovie à Rome, a provoqué un tollé. À la question du journaliste Antoine-Marie Izoard, de l’agence I.Media, qui s’étonnait : « Pourquoi ne nommez-vous jamais l’islam lorsque vous parlez de la violence terroriste ? », le souverain pontife aurait répondu : « Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique. Non, les musulmans ne sont pas tous violents, les catholiques ne sont pas tous violents. C’est comme dans la macédoine, il y a de tout… Il y a des violents de cette religion… Une chose est vraie: je crois qu’il y a presque toujours dans toutes les religions un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons. (…) Oui, nous pouvons dire que le soi-disant ISIS est un État islamique qui se présente comme violent. (…) Mais on ne peut pas dire, ce n’est pas vrai et ce n’est pas juste, que l’islam soit terroriste » rapporte Le Figaro .

Sur Aleteia, le père Christian Venard, estomaqué comme beaucoup d’autres par la réponse du pape, s’est souvenu des accusations portées contre le pape Pie XII pour son silence pendant la guerre face à la barbarie nazie : « Comme Pie XII s’est retrouvé confronté au totalitarisme nazi, François l’est au totalitarisme islamiste. Comme Pie XII a réalisé que ses condamnations de l’idéologie nazie entraînaient sur le terrain encore plus de persécutions et de drames pour les catholiques ou les Juifs, François sait – à l’aune des violentes réactions qui ont suivi le fameux discours de Ratisbonne de son prédécesseur Benoît XVI – que ses paroles peuvent avoir des conséquences dramatiques dans un certain nombre d’endroits du globe où l’idéologie islamiste est conquérante. Comme Pie XII, le pape François, prend le risque personnel d’être incompris – y compris par les siens – voire même de paraître un jour devant le tribunal humain de l’histoire comme un pape “collaborateur”. »

Mgr Sako : « Je comprends les paroles du pape »

« Je comprends les paroles du Pape sur la violence et l’islam » dit en effet Mgr Louis Sako, patriarche de l’Église chaldéenne, à Famille Chrétienne : « Le Pape ne veut surtout pas entrer dans une logique de réciprocité, c’est-à-dire de vengeance. (…) En Irak, nous avons beaucoup souffert de l’idéologie terroriste qui se déplace désormais aussi en Europe ou en Amérique. (…) Ici, les gens qui ont beaucoup souffert ne comprennent pas les propos du pape. Mais n’est-il pas normal de ne pas comprendre ? Ils ont été chassés, kidnappés, assassinés. Nous avons au moins cinq prêtres et un évêque qui ont été tués par les terroristes. La vie des chrétiens est menacée. Cependant, on ne peut pas pousser les gens à la vengeance. Ce n’est pas la mission de notre Église que de diviser. Au contraire, nous devons chercher à mobiliser contre la violence, changer les mentalités et parvenir à la paix. La violence que nous subissons ne doit pas entraîner notre violence. Aujourd’hui, il y a un risque réel. C’est très fragile et il faut être très prudent ».

Une traduction trompeuse

Si la réponse du pape François a enflammé les esprits, en France particulièrement, c’est surtout à cause d’une erreur de traduction, explique Jean-Marie Salamito, professeur d’histoire du christianisme à la Sorbonne : « Quand le pape François dit : “Se parlo di violenza islamica…”, la presse française s’imagine pouvoir traduire aussitôt : “Si je parle de violence islamique…” Cela fait penser inévitablement à “violence islamiste”, et cela produit un effet désastreux. D’où les polémiques qui, en ce moment même, vont bon train.

« Or, pour être tout simplement rigoureux, il faut absolument traduire de cette façon, la seule correcte : “Si je parle de violence musulmane…” En effet, les Italiens, pour désigner les musulmans, disent spontanément “gli islamici” et non “i musulmani”. Et les francophones, à condition qu’ils sachent un peu d’italien, ne traduiront évidemment pas “gli islamici” par “les islamiques”, encore moins par “les islamistes”. Bien plus, le contexte montre que, dans les propos de François, “violenza islamica” signifie “violence commise par des musulmans”. Le pape ne compare pas deux religions considérées dans leurs idées respectives, mais des faits concrets du quotidien, des actes individuels. Il invite les catholiques, non à une réflexion sur une “essence” de l’islam et sur une “essence” du catholicisme, mais tout simplement à un examen de conscience personnel, à une réflexion sur la tentation de violence qui guette chaque être humain, quelles que soient ses convictions religieuses. Il ne fait pas de l’histoire des religions, ni de l’anthropologie des religions, ni de la théologie des religions. Enfin, il ne renvoie absolument pas “dos à dos” la religion musulmane et la religion catholique ! Il invite à réfléchir sur des actes concrets, sur des enjeux éthiques et spirituels, non sur des généralités de sciences des religions. Le pape est un berger, pas un théoricien. Un guide spirituel, pas un professeur. »

En somme, cette polémique s’inscrit dans le combat spirituel auquel nous confronte le terrorisme islamique.

Le pape critique une nouvelle fois la théorie du genre

Les reproches adressés au pape de donner dans le « politiquement correct » tombent à propos de la « théorie du genre ». Le Monde (3 août) a en effet relevé que lors d’une rencontre avec des évêques de Pologne le 27 juillet, à Cracovie, le pape François a déploré qu’ « on apprenne à l’école à des enfants – à des enfants ! – que tout le monde peut choisir son sexe ». « Le pape estime que “nous vivons dans un moment de destruction de l’homme en tant qu’image de Dieu”. Il critique des ouvrages fournis par des “personnes et des institutions qui donnent de l’argent (…)”. Selon lui, ces ouvrages sont à l’origine d’une “colonisation idéologique” soutenue par des “pays très influents”. (…) “C’est terrible”, s’inquiète-t-il. »

« Le pape François a même convoqué son prédécesseur Benoît XVI pour justifier ses propos, souligne Ouest-France : « Il (Benoît XVI) me disait : “Votre Sainteté, c’est l’époque du péché contre Dieu le créateur. Il est intelligent. Dieu a créé l’homme et la femme. Dieu a créé le monde ainsi et nous faisons le contraire” ».

« L’an dernier, lors de l’audience générale sur la place Saint-Pierre et devant quelque 30 000 fidèles venus du monde entier, le pape avait assuré que “la prétendue théorie du genre” semblait être “l’expression d’une frustration et d’une résignation qui vise à effacer la différence sexuelle car on ne parvient plus à l’assumer” ».

Encore un épisode, et non des moindres, du combat spirituel qui se mène plus que jamais sur tous les fronts.

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