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Un catho chez les pompiers de Paris

©JOEL SAGET / AFP
un pompier du Val d'Oise participe, le 22 septembre 2005 à Béthemont-la-Forêt, à une simulation grandeur nature d'un accident de transport de matières radioactives afin de tester la réactivité des services de l'Etat dans le département. Selon le scénario de l'exercice, un accident impliquant un camion transportant des matières radioactives, un camion-citerne rempli d'essence et deux voitures, s'est produit sur une petite route de campagne, déclenchant un incendie et des matières radioactives symbolisées par du sable. AFP PHOTO JOEL SAGET / AFP PHOTO / JOEL SAGET
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Rien d’étonnant, en soi, de trouver chez ces soldats du feu et des maux quotidiens, de belles âmes catholiques, qui ont répondu à la vocation de la charité chrétienne en enfilant cet uniforme.

Peu savent que dans ces casernes à l’ambiance pour le moins fraternelle et vivante, être un catho, c’est bien souvent être une « grenouille de bénitier ».

Nous avons rencontré l’un d’eux, jeune homme de 23 ans, 1ère classe et passionné par son quotidien. Catholique fervent, il se voit bien souvent privé de sa messe du dimanche, puisque les plannings des jours de garde sont aléatoires (« C’est le jeu, on n’y peut rien ! ») :

Je ne pense pas qu’il soit plus difficile d’être catholique dans mon métier que dans un autre. La seule différence c’est que chez nous, on ne rentre pas à la maison à 17 h. Partager des journées et des nuits entières de garde et de veille avec vos collègues vous les rendent plus proches que des voisins de bureau dans un open space, évidemment.

Dans les chambres collectives, on voit celui qui dit sa prière du matin et sa prière du soir. Mais même sans cela, c’est comme une cours d’école, un collègue apprend que vous êtes catho, la caserne entière le sait bien vite. Cela ne m’a jamais dérangé.

Bien sûr que l’on se fait charier, pour moi ce qui a le plus amusé ma chambrée, c’est de savoir qu’on ne partage pas le lit de sa fiancée avant le mariage. Les Parisiennes sont assez « généreuses » avec leurs pompiers, alors pour certains, ne se contenter que d’une femme, et ne « l’aimer » qu’après le mariage, semble absurde… Mais pour d’autres, cela force le respect.

J’ai des petits surnoms charmants : « le Catho », « le Prêtre », etc. Mais si certains en rigolent en groupe, ils profitent aussi d’une veillée partagée pour vous poser des questions profondes… On se dit que les taquineries sont un petit prix à payer si elles mènent ensuite à des nuits de discussions sérieuses… Et puis ça vous pousse à ne jamais oublier votre catéchisme !

Le 25 décembre dernier, le sergent de jour, responsable des effectifs, m’a proposé de m’esquiver de la caserne le temps d’aller à la messe. Sympa, n’est-ce pas ? Chaque sapeur de garde aurait voulu avoir un moment à partager avec sa famille le jour de Noël, on m’a laissé le mien parce que l’on a compris que ce n’était pas simplement une occasion pour moi de rentrer voir ma femme, mais surtout de partager avec elle l’une des plus belles messes de l’année liturgique.

Pour être honnête, les taquineries cessent avec le temps, il suffit d’essayer d’être cohérent avec les vertus que l’on est censé représenter.

C’est sainte Thérèse je crois, sans certitude absolue, qui a dit que l’on naissait avec inscrit sur le front le nombre d’âmes que l’on doit sauver. Je n’ai pas le temps d’aller évangéliser mes voisins, mais je me dis que l’apostolat se fait aussi au travail, comme on peut.

Propos recueillis par Angélique Provost 

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