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Gender, hérésie, idolâtrie de l’argent : le pape François voit rouge

© Antoine Mekary / ALETEIA
Vatican Pope Pallium Pope Francis celebrates a Mass where he bestowed the Pallium, a woolen shawl symbolizing the bond to the pope, to 25 new Archbishops in St. Peter's Basilica at the Vatican, Wednes
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Devant les évêques polonais, le Saint-Père se révolte contre la dérive du monde.

Contre toute attente, le Bureau de presse du Saint-Siège a publié, le 2 août dernier, le texte de la conversation à huis clos que le pape François et les évêques polonais ont eu dans la cathédrale de Cracovie (Pologne), six jours plus tôt. Selon l’agence I.media, le Saint-Siège entendait probablement mettre fin à des rumeurs de la presse italienne qui affirmait que le Pape aurait parlé avec eux de la question des divorcés-remariés. Or, en parcourant le texte officiel de cette conversation, ce sujet n’est jamais abordé.

L’idéologie du gender

En revanche, le Saint-Père a vivement critiqué l’avancée de « l’idéologie du gender » qui est en train de « coloniser » l’Europe, l’Amérique latine, l’Afrique, et certains pays d’Asie, a-t-il dénoncé. Aujourd’hui, « on enseigne cela aux enfants – aux enfants ! », s’est-il écrié d’une voix étranglée. « On leur apprend que chacun peut choisir son sexe. » Et pourquoi ? Le Saint-Père répond : « Parce que les livres appartiennent aux personnes et aux institutions qui te donnent de l’argent ». Avant d’insister : »Oui, on est confronté à une vraie colonisation idéologique (…) soutenue le plus souvent par des pays très influents. Et ceci est terrible ».

Il y a peu de temps, a rapporté le Pape aux évêques polonais, lors d’une conversation, Benoît XVI lui a dit : « Sainteté, c’est l’époque du péché contre Dieu Créateur ». « Ce qu’il a dit, nous devons le penser », a-t-il exhorté, car « Dieu a créé l’homme et la femme, Dieu a créé le monde ainsi… et nous faisons le contraire. (…) C’est l’époque du péché contre de Dieu Créateur ».

L’idéologie de l’argent

À propos d’idéologie, le Saint-Père n’a pas manqué d’évoquer la mort atroce du père Jacques Hamel par les djihadistes de Daesh, dénonçant encore une fois « la mère des corruptions et des guerres : l’idolâtrie de l’argent » qui a enlevé à l’homme et à la femme « sa place au sommet de la Création pour y mettre une idole, l’argent, qui vend et achète tout ».

Les migrants

Et la question des migrants entre dans cette logique de domination, dictée par la corruption. À cela, impossible de donner « une réponse universelle », a souligné le Pape, car « l’accueil dépend de la situation et de la culture de chaque pays », mais le problème est « mondial » et exige un investissement d’énergies de la part de tous. Les évêques polonais ont été invités, avec leurs fidèles, à « prier une fois par semaine devant le Saint-Sacrement pour ceux qui frappent aux portes de l’Europe mais qu’on ne laisse pas entrer ».

Vitalité des paroisses

Répondant aux questions de quatre évêques polonais, le pape François a aussi invité à redonner de l’importance aux paroisses. Il y a certaines « secrétaires qui ressemblent à des “disciples de Satan”, qui effraient les gens », a-t-il alors plaisanté, et « des paroisses qui gardent leurs portes fermées ». Les églises, a-t-il insisté, doivent rester un « lieu de créativité, un lieu de référence » et non des « paroisses-bureaux ».

Déchristianisation

Sur la déchristianisation, rapporte de son côté Vatican Insider, le Pape a relevé une « sécularisation du monde moderne forte, très forte ». À ceux qui prétendent néanmoins voir apparaître « des phénomènes de religiosité, comme si le sens du religieux se réveillait », il répond : « Oui, mais ils peuvent représenter un danger. Car dans un monde aussi sécularisé que le nôtre, le risque est de voir grandir une « spiritualisation gnostique », une « spiritualité subjective, sans le Christ », hérésie contre laquelle l’apôtre Jean lutta dès les premiers temps de l’Église. Pour le Saint-Père, le problème de la déchristianisation est bien plus grave que cette sécularisation : « Enlever le Christ, enlever le Fils. Je prie, je sens… et c’est tout. C’est cela le gnosticisme ».

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